LE FOUET & LA PLUME
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Quand j'étais petit garçon...ou la pédophilie en chanson

11/11/2025

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PictureNoce blanche, Jean-Claude Brisseau, 1989.
Je m'apprêtais à écrire un billet mi-goguenard mi-culturel. En commençant par une allégorie qui mélangerait cuisine et histoire. Mais je me suis fait attraper par mes propres recherches. Aspiré dans une fange dont j'ai beaucoup de mal à sortir. Des symptômes qui m'ont toujours troublé et que j'ai mis de côté depuis longtemps resurgissent. J'ai effectivement quelques signes de personne victime d'attouchements. Comme celui d'avoir l'impression de n'avoir commencé à vivre que vers 14 ans. Des détails que mon intellect reconnaît mais que mon esprit repousse. Surtout parce qu'aucun souvenir n'est apparu. Juste quelques ombres avec des regards torves. Mais sinon mon enquête sur moi-même ne révèle aucun indice probant. Des parents et grands-parents normaux. Pas d'amis bizarres de mes parents. Pas d'oncle aux actions cachées à l'horizon. Pas de situations potentielles où je me serais retrouvé seul avec des adultes inconnus comme une colonie de vacances. Rien. Et surtout, aucune peur ou trauma qui m'auraient empêché d'évoluer dans la vie.
Si ce n'est une haine féroce et froide envers les pédophiles et les violeurs. Une détermination de destruction des prédateurs sexuels à qui je ne prête aucune pitié. À tel point qu'assez jeune je m'étais forgé cette opinion : je suis contre la peine de mort sauf pour une engeance humaine aux actes impardonnables et qui est incapable de rédemption. Des êtres qualifiés de loups pour l'homme qui n'ont aucune utilité et qui sont simplement toxiques. Et qu'il serait nécessaire de simplement éliminer, sans procès mais sans haine. On te surprend le pantalon sur les chevilles avec une petite fille ? Une balle dans la tête tout de suite. Sans discussion. On se débarrasse juste d'une engeance comme d'un scolopendre tropical.

Voilà, c'est dit. Et au moment où je l'écris j'ai cette pierre qui me pèse sur le torse. Et je vais faire un effort pour l'oublier, respirer, avancer et revenir au sujet que je souhaite aborder : les chansons françaises qui ont glorifié les pédophiles.
Et vous allez être étonnés par qui a promu la pédophilie en croyant parler d'amour ou faire avancer la société.

PictureFrance & Maurice Biraud en 1967 pour la chanson "la petite"
Est-il utile de rappeler qu'il y a eu une libération sexuelle dans les années 50 ? Qualifiée dans les années 60 par le terme "révolution sexuelle" dont beaucoup de groupes se sont approprié le sens et l'application. Le mouvement féministe de seconde génération en premier mais aussi les associations homosexuelles, les communistes, etc. Tous voulant démonter une part de la société normée de l'époque. Le tout encouragé, pensé, promu par une frange intellectuelle de penseurs. En France on en arrive à la pétition de 1977 signée par des intellectuels (Foucault, Sartre, Beauvoir, …) demandant l'abrogation de certains articles sur les rapports majeurs-mineurs, dans une confusion entre libération sexuelle et protection de l'enfance. Ce tumulte et cette "ouverture" d'esprit, sans recul, voire brutale, a eu son lot de débordements et d'oublis. Notamment les notions de consentement et responsabilité.

Je ne peux m'empêcher de refaire la parenthèse sur le sadomasochisme développé par la communauté gay dès les années 50 qui avait déjà mis en lumière et souligné l'importance des responsabilités du dominant sur le dominé. Et quand on pense que 70 ans plus tard, on discute encore du bien-fondé du consentement et des responsabilités des dominants, les bonnes habitudes ont du mal à s'installer naturellement.

Revenons donc à ces artistes qui pensaient donner de belles leçons à la populace par détours poétiques. Et pas des moindres : de Brassens à Garou en passant par Daniel Balavoine. Des années 60 aux années 2000, un florilège d'artistes ont encensé ou défendu la pédophilie sous le fallacieux prétexte qu'il fallait casser les dogmes d'une société sclérosée.
Alors, je ne vais pas vous mettre les extraits des musiques. À la fois pour ne pas en faire la promotion et faire tourner la roue de la fortune de la SACEM. Mais aussi pour éviter la pollution.
Prenez votre sac à vomi et partons pour le voyage musical de la honte.

Henri Salvador, “Ma petite Jacqueline” (1952). ‘Cest l'histoire du dépucelage d'une gamine de 15 ans, alors qu'il en a 20, et qu'il embrasse en douce dans le dos de son papa avant qu'elle lui offre tous ses trésors… On va dire que ce début des années 50 était permissif. Détail qui a peut-être son importance au moment de la sortie de ce titre : Henri Salvador était marié depuis deux ans avec Jacqueline Salvador qui a eu beaucoup d'influence sur sa carrière. Ils avaient 8 ans de différence d'âge et s sont connus en 1949.

Charles Aznavour, "Trousse-Chemise" (1962). La jeune fille a 17 ans (donc majorité sexuelle) mais on parle de viol. Elle quittera la ville après cet événement. Tellement bizarre que cet homme qui a su interpréter "Comme ils disent", se soit fourvoyé en évoquant explicitement un viol.

Antoine, “Je l'appelle Cannelle" (1966). Parmi ses élucubrations, il évoque donc sa relation avec une Tahitienne qui n'a que 15 ans. La chanson paraît légère et pourtant très brute. Alors éloge de la pédophilie oui. Mais surtout c'est autobiographique. Antoine a bel et bien eu trois enfants avec une Tahitienne. Ils se sont connus quand elle n'avait que 15 ans et lui 8 de plus. L'exotisme de 1966 était encore plus permissif qu'en métropole. Et pourtant, on ne peut s'empêcher de penser qu'un manque de maturité total couvrait les hommes aux cheveux longs.

Georges Brassens,” La Princesse et le Croque-notes" (1972) parle d'un musicien qui se fait draguer par une fille de 13 ans. Il refuse cependant mais regrettera 20 ans plus tard. Certes, il n'y a pas délit et même le "héros" reste responsable. On note cependant que c'est la petite fille qui vient séduire le vieux. Un fait qui est redondant dans la plupart des chansons.

Gilbert Bécaud, “Une petite fille entre neuf et dix ans” (1976), fait un aveu sans passer le pas : "Elle me regardait de ses yeux très noirs, très grands, qui ne m'ont pas quitté pendant de longues secondes, elle me fascinait, elle me fascinait comme une femme". Témoignage du trouble que peut ressentir un adulte. Un début de conscientisation de l’attirance potentielle dès l’apparition des hormones. Oui et alors ? Pourrait-on y opposer la responsabilité de l’accession à la maturité sexuelle et pas seulement la majorité ?

Maxime Le Forestier - "Fontenay-aux-Roses" (1972). 
Chanson d'amour envers une étudiante en pensionnat. On ne parle pas d'âge certes et on sous-entend qu'en sortant seule elle n'est pas si jeune. Mais on flirte avec la limite. D'ailleurs on parle là de chanson hamiltonienne. Intéressons-nous d'ailleurs au parolier Jean-Pierre Kernoa (Lemaire de son nom de naissance et certainement pédophile de père dans fille), décédé en 2018. Parolier de nombreuses chansons de Maxime Le Forestier (pas les meilleures). Son intérêt pour l'enfance ne se démentira pas sur plus de la moitié des textes qu'il écrira pour lui et d'autres. Ainsi, pour Juliette Gréco "Lit de cristal" : on “parle d'un mâle qui vient prendre la virginité d'une fille de 16 ans… qui, partant vers d'autres proies, d'autres fleurs à violer". Et aussi quand il fait dire à Jean-Michel Caradec dans "Tendre Garance" : "Je veux ma chance, Tendre Garance, Toute en nuances, L'enfance rit”…Toujours à la frontière floue de l’aveu ou la révélation d’un âge ou d’un interdit. On retrouve plusieurs points communs dans la plupart de ses écrits : la jeunesse féminine, l'innocence et son dévoiement, le voyeurisme, "l'éducation" sentimentale et un goût pour le secret. Au final celui-ci a su rester sous les radars même si la pochette de "Oh mes souvenirs" n'a alerté personne et encore moins la chanson "de David Hamilton". Et pourtant, cet oiseau-là, a certainement autant souillé de ses mains que de son encre, le corps et l'âme de filles trop jeunes. J'espère que son séjour en enfer se fait avec une mini-jupe et que des géants immondes le forcent de leurs mains sales.

Revenons à Maxime Le Forestier qui, baignant peut-être dans la fange de Kernoa, a osé signer "La poupée" en 1975. Il y évoque une enfant de 15 ans : "Quand elle a posé, son corps de poupée, contre le mien, dans une chambre, elle ignorait tout… Quand j'ai fait l'amour, avec l'enfant devenue femme." Mais, mais Maxime… Qu'est-ce qui s'est passé dans ta tête, dans ton slip kangourou ? Influence de tes copains qui disaient il est interdit d'interdire ? À côté de la plaque surtout si c'est autobiographique. Le fait que dans la chanson la relation semble durer sur plusieurs années, n'excuse rien d'un acte répugnant. Au contraire, c'est faire perdurer cette emprise qui marquera toute une vie.

Michel Sardou, “Je veux l'épouser pour un soir" (1974). Euh là, vraiment on a vraiment envie de demander à Michel ce qui s'est passé dans sa tête pour mettre la force de son interprétation dans une chanson qui réussit à évoquer en quelques phrases : la pédophilie ("Je voudrais aimer une enfant, une fiancée de hasard, que je croiserais en passant, dans un gala de quelque part"), l'inceste ("Je voudrais aimer une enfant, qui me ressemblerait un peu, qui saignerait du même sang"). Le tout sur une conclusion assumée de viol et de traumatisme ("Je veux l'épouser pour un soir, mettre le feu à sa mémoire"). Des paroles signées sous la chaleur des Alpes-Maritimes autour de la piscine du chanteur et d'une bière fraîche par Michel lui-même et Claude Lemesle. Sardou voulait évoquer les jeunes fans qui sont folles de lui. Acte manqué s'il en est, puisqu'il semble plus évoquer des pulsions non contrôlées.

Serge Gainsbourg, “Ballade de Melody Nelson" (1971). Album concept qui musicalement vaut le détour. Échec commercial qui le rend encore plus intéressant à écouter, à disséquer. On connaît le talent de Serge Gainsbourg pour jouer avec les mots et choquer. On ne peut s'empêcher de penser aux petits seins de bakélite de Sea Sex & Sun. Et on sait éviter la fausse polémique de Lemon Incest. Malheureusement c’est Melody Nelson qui pêche par un détail : elle n'a que 15 ans. Limite toujours… Et certainement que l'histoire complète aurait été tout aussi intéressante qu'elle ait eu 18, 21 ou 35 ans. Désolé Serge, même toi tu auras succombé au mauvais non-conformisme. Malgré ce qu’on aimerait faire croire, la jeunesse n’est pas le symbole de la liberté. La jeunesse c’est l’espoir. En le forçant, on le brise.

Un autre Serge : Lama a donné son obole pédophile sur un texte d'Alice Dona, excusez-moi du peu. En 1974, "Chez moi" raconte l'histoire d'un adulte qui attire une fille chez lui en affirmant que ce n'est plus l'âge de jouer à la poupée et qu'il vaut mieux que ce soit lui qui lui fasse sa fête plutôt "qu'un jeune maladroit, te fasse mal sans le vouloir vraiment, oh oui, méfie-toi des jeunes amants". Bah alors mon petit Serge, toi aussi, tu as participé à cette ambiance légèrement yéyée déjantée où l'on préfère chanter la liberté de mœurs tant que les dogmes bourgeois et la religion sont bousculés.

Hubert-Félix Thiéfaine, "Enfermé dans les cabinets (avec la fille mineure des 80 chasseurs)" (1979). Chanson drôle qui ne mentionne pas un âge qui aurait pu être trop bas. Il n'y a guère que le titre qui fait mention d'une fille mineure mais rien d'illégal. Le rock & roll de Thiéfaine…

En 1970, Léo Ferré avec "Petite" commet l'irréparable. Dans cette quête éperdue de défier les dogmes, il se fourvoie et se perd dans les méandres tortueux de l'attirance d'une petite fille qui joue au cerceau et qu'il regarde sortir de la cour d'école. Avec une conclusion de chanson qui pose question : "Quand sous ta robe il n'y aura plus le Code Pénal". Car même s'il ne semble pas passer à l'acte, on sent bien que son être bascule vers l'envie de dévorer la candeur. Pourtant Ferré lui-même a été victime d'un prêtre pédophile durant son enfance lorsqu'il était pensionnaire en Italie à l'âge de 9 ans. Un manque de clairvoyance qui ajoute une couche d'incompréhension pour cet opus. Le stupide Léo qui souhaitait "déconstitutionnaliser le foutre" et qui fait parti de cette foule d'intellectuels qui a vraiment jeté le bébé avec l'eau du bain. Cette même caste qui a glorifié Matzneff. C'est fou ce qu'on peut faire comme conneries quand on pense avoir raison. Avec le temps va, tout ne s'en va pas. Il reste un peu de bile au fond de la gorge.

Georges Moustaki, "Fugue en la mineure" (1979).
Déjà, à la base, je n'apprécie pas Moustaki. Ni sa voix lancinante, ni ses textes. Mais on peut respecter l'homme. Sauf là. Et au final ce n'est presque pas une surprise quand dans sa pensée libertaire il ose évoquer qu'accueillir et faire l'amour à une mineure de 15 ans est vu comme un délit et que la maréchaussée vient l'arrêter. Je suis tellement dépité que je ne m'étends pas sur l'ensemble d'une carrière à côté de la plaque. Et je sais que je vais me mettre à dos pas mal d'aficionados de Brassens, Ferré, Reggiani, Moustaki… Qui n'est pour moi qu'une génération has been et inutile.

Chanteur suisse, Gaston Schaefer est explicite avec "Elle n'a peut-être pas 15 ans" (1976) : "Elle n'a peut-être pas 15 ans, allez savoir avec elle, elle trouve l'amour amusant, amusant." À noter que la majorité sexuelle en Suisse était déjà de 16 ans à cette époque. Il y a donc un large dépassement de la limite légale.

Daniel Balavoine "Les p'tits lolos" (1984) s'est fourvoyé aussi en évoquant celles que "l'on peut trouver à cinq heures, devant les écoles, les lolitas... amantes aimées, aimantent les boussoles, les lolitas". Palabrons si vous voulez de l'âge estimé des lolitas. En 1984, il était déjà bien trop tard au niveau des mentalités pour évoquer cela. Avoir une pensée de gauche n'excuse pas, une fois encore, d'avoir des penchants sexuels pour de trop jeunes âmes même quand c'est elles qui aguichent. Et là, en plus, il évoque les sorties d'école. Pas la horde de fans hurlante de ses concerts. Bref, encore un qui aurait dû s'abstenir de faire l'hélicoptère avec sa bite. Cet artiste encore regretté car vu comme un ardent défenseur des enfants, notamment avec "Tous les cris, les SOS" que certains pensent comme une dénonciation de l'inceste. Troublant, non ?

Puisqu'on évoque les fans, tournons-nous vers le roi, que dis-je l'empereur des petites filles adorées : Claude François. On le sait désormais, derrière son exigence professionnelle il aimait beaucoup la chair fraîche. Il a même dit en 1973 : "Moi je sais que je corresponds à une catégorie de filles d'un certain âge. Ça représente cette espèce de fougue, de folie qu'il y a entre 14 et 18 ans. Et puis je suis obsédé par la catégorie de filles qui vient me voir. Je les aime jusqu'à 17-18 ans, après je commence à me méfier. Dieu seul sait si j'ai des aventures au-delà de 18 ans bien sûr… Heureusement. Mais après 18 ans, je me méfie parce que les filles commencent à réfléchir, elles ne sont plus naturelles." Et ses erreurs sont connues. D'une relation avec France Gall quand elle avait 17 ans (lui 25 ans). Il a eu une fille cachée (Julie Bocquet, née 1977) dont la mère avait 15 ans au moment de l'accouchement.
De plus, sous le pseudonyme de François Dumoulin il se prenait pour David Hamilton en photographiant des mineures pour son magazine Absolu et n'hésitait pas à les consommer une par une ou deux par deux. Mais ce qui nous intéresse dans ce billet ne sont pas ses actes répréhensibles mais ses chansons. Or il aura eu l'intelligence de ne pas évoquer ses frasques avec des mineures. Et c'est une des leçons de cette exploration : ce ne sont pas nécessairement ceux qui en parlent qui agissent même s'ils sont devenus le porte-voix de pensées abjectes. Alors, non, on ne trouve rien dans "17 ans", "Belinda", ni "Pauvre petite fille riche" ou "Bye Bye petite Julie". Ne cherchez pas, faites-moi confiance, comme d'habitude. Le sale bonhomme a su rester discret.

Par contre, évoquons France Gall en duo Maurice Biraud "la petite" (1967)
Il n'y a guère d'ambiguïté sur les paroles qui montrent bien que "la petite a bien grandi" et que "l'ami de papa" n'est pas indifférent aux charmes de la petite. Cette dernière d'ailleurs semble tout à fait ouverte à apprendre de nouvelles choses. Les paroles en elles-mêmes sont pro-pédophiles car l'utilisation du mot "la petite" sous-entend qu'elle puisse être très jeune. Dans une interview réalisée par Claude François dans sa propre émission, le 27 mai 1967, ça devient encore pire. Maurice Biraud explique que cette chanson concerne "Francette" et lui, qu'ils se connaissent depuis longtemps, et que ce sont "les personnes qui ont l'esprit mal tourné" qui jugent mal la chanson. Pourtant un gros clin d'œil de Maurice Biraud dit tout le contraire. France Gall avait alors 20 ans et était encore mineure rappelons-le et séparée de Claude François depuis deux ans. On a donc une chanson pédophile à la limite de l'inceste et la complicité d'un autre adorateur des jeunes filles pour justifier son existence tout en faisant un gros pied de nez à la morale. Les mots manquent mais vous pouvez vous faire votre idée en visionnant cet extrait : https://www.youtube.com/watch?v=tGY2QhMaMtA

Belle année que 1967, Michel Fugain ne rate pas le coche avec “Fleurs de Mandarine” . Ces dernières ont entre quatorze et seize ans, déjà femmes au fond de leurs yeux…". Le truc gênant c'est que la mélodie est légère et entraînante. Beaucoup d'auditeurs commentent cette chanson avec nostalgie et les souvenirs heureux d'une enfance ensoleillée. Si.

Vous en voulez encore ? Vos tripes ne sont pas vidées ? Écoutez donc C. Jérôme "Femme enfant femme enfin" (1991) qui évoque la perte de la virginité d'une jeune fille et d'un homme qui hésite à la prendre mais, comme d'habitude, c'est l'enfant qui prend la responsabilité de l'acte en le rassurant. "Quelque chose l'appelle, vers des jeux moins innocents, elle laisse derrière elle, toutes ses craintes d'enfant". Bien évidemment on ne parle pas d'âge pour éviter un jugement ou une censure mais le terme "enfant" est bien suffisant pour savoir de quoi on parle. C'est une tendance malicieuse, ce goût pour une chair fraîche. Une fois de plus c'est la jeunesse qui attire et attise. Les adultes ne sont pas responsables. Paroles de Jean Roucas (oui celui du bébête Show).

Gilbert Bécaud écrit et interprète : “Une petite fille entre neuf et dix ans” (1976). Il fait un aveu sans passer le pas : "Elle me regardait de ses yeux très noirs, très grands, qui ne m'ont pas quitté pendant de longues secondes, elle me fascinait, elle me fascinait comme une femme".

Jean-Luc Lahaye, “Gamine” (1989), écrit par Jean-Luc Lahaye himself. On ne devrait pas être étonné qu'il figure dans cette cavalcade de mauvais goût : "Dès que je te touche, que tu m'offres ta bouche câline, oh oh j'ai peur, gamine, gamine, peur de faire un rêve, que soudain il s'achève, se termine, en femme mineure…" Lahaye d'horreur.

Bernard Minet – Hey jolie petite fille (1990), écrit par Jean-Luc Azoulay, "hey jolie petite fille est-ce que tu voudrais bien sortir avec moi ?", c'est quoi l'histoire ? Diffusé sur le club Dorothée devant un parterre de jeunes de 11 ans… Mauvaise musique, mauvaises paroles, mauvais endroit, avec Jacky qui se dandine sur le clip. Minet qui sourit aux minettes…

Et que s'est-il passé en 1996 ? Bien après les frasques de la révolution sexuelle ? Bien après les ringards des années 60/70. On a là une génération 80 qui dérape.
Bien que cela ne soit pas étonnant on a d'abord Doc Gynéco "Viens voir le docteur" en 1996 : "Tu viens d'avoir 15 ans, mmh intéressant, ne dis rien à tes copines, je ne dirai rien à tes parents, mais si tu acceptes ces conditions, on jouera à des jeux polissons". La limite des 15 ans permet donc à n'importe qui de faire passer à l'acte des jeunettes. Alors pourquoi ce besoin de secret puisque ce serait autorisé ?

Étienne Daho, "Quand tu m'appelles Éden" (1996), écrit par Étienne Daho. C'est tellement à côté de la plaque que l’on pourrait penser à un deep fake : "je suis ton sugar daddy, tu viens d'un pays où les petits rois et les petites reines ont un petit blème avec la morale chrétienne antédiluvienne…avec leurs zones érogènes, mon hallucinogène, phénomène, oh vraiment j'aime beaucoup, quand tu m'appelles Eden". Comment une chanson aussi bien produite, d'un album extraordinaire peut-elle ainsi évoquer le tourisme sexuel de manière quasi explicite sans garde-fou, sans une rime qui évoque une dénonciation ? Mon esprit implose face à une telle absurdité. Difficile de parler de minorité si ce n'est "petit roi et petite reine" et "sugar daddy" cependant. On peut essayer de se dépêtrer de cette situation en prétextant autre pays, autre culture, autres mœurs. Mais cela semble peu suffisant, surtout en 1996. On a eu Étienne Daho, on connaît Éden Denbas désormais. On semble perdre le sens des réalités dans l'artistique. Ce n'est plus quelques titres qui peuvent faire débat mais une façon systémique où tout est acceptable car "c'est de l'art" sans le sens des responsabilités. Selon Étienne Daho lui-même c'était son album rêvé et ce titre en particulier qui a donné l'impulsion de tout l'album. Je le croyais timide et évanescent, il s'avère qu'Étienne est tombé pour le rance.

Un ovni de par ses paroles mais surtout de par sa date de sortie. Mais qu'est-il arrivé à Garou pour qu'il chante "Criminel" en 2000 ? "Mais méfiez-vous de la femme-enfant, méfiez-vous de ses quatorze ans, à cause d'elle, on m'appelle criminel". Je vous laisse quelques secondes pour lire, comprendre et vous estomaquer. Garou s'est défendu concernant cette chanson : "Les intentions de Luc Plamondon (le parolier), pas plus que les miennes, n'étaient négatives. Cette chanson est un avertissement aux très jeunes filles : je joue le rôle d'un homme aux mauvaises intentions pour mieux les mettre en garde." Bah voyons. Personne ne se dit que cela peut aussi être très bien lu au premier degré et que, surtout, il n'y a aucune parole dans le texte qui pourrait être comprise comme la morale de l'histoire. Pire : la mise en garde, une fois encore, est envers les jeunes filles qui aguichent. Les paroles auraient pu être "Femme, enfant, méfie-toi, à quatorze ans, tu attires les criminels". Mais c'est moins sulfureux, n'est-ce pas ?

Et parsemé de-ci de-là quelques allusions salaces qui posent questions.
Par exemple Christophe "Petite fille du soleil". Ne parle-t-on pas là d'un adulte qui quitte une enfant au petit jour dans des délires d'allusions sexuelles ?
Sardou "10 ans plus tôt" gênante car elle sous-entend encore que c'est la petite nana excitée qui vient troubler le pauvre adulte.
De quoi parle Brassens dans "Concurrence déloyale" (1966) "Y a ces gamines de malheur, ces gosses qui, tout en suçant leur pouce de fillette, se livrent au détournement de majeur et, vénalement, troussent leur layette."
Dalida "Il venait d'avoir 18 ans" avec son "beau comme un enfant, fort comme un homme" qui est troublant car je me demande ce que l'on peut trouver d'attirant sexuellement chez un enfant.
Certains traduisent les paroles de Carlos : le papayoulélé serait son sexe qu'il présente à sa maîtresse. Cette dernière dit : ne le montre pas, garde-le pour moi. Entre la pédophilie et le grivois il n'y a qu'un pas. De même pour le tirlipimpon qui ne se cache pas beaucoup son sens.

Bien sûr on a en tête : les sucettes à l'anis chanté par France Gall sur une chanson signée Serge Gainsbourg. Pas vraiment promotion de la pédophilie mais en tout cas jouant sur l'innocence, ou les jeunes filles qui aguichent.
Dans le même registre une parenthèse bizarre est celle de “Lolita” interprétée par Alyzée en 2000. Soit disant inspiré du roman Lolita de Vladimir Nabokov qui évoque pédophilie et inceste entre une homme de 37 ans et une fille de 12 ans. Chez Pivot, Nabokov prend bien position “Lolita n'est pas une jeune fille perverse, c'est une pauvre enfant que l'on débauche, dont les sens ne s'éveillent jamais sous les caresses de l'immonde monsieur Humbert”. Un roman publié en 1955, qui a connu le succès, qui explicite très bien l’emprise, la manipulation et surtout l’obsession d’un adulte prédateur (plusieurs même). J’apprécie Boutonnat et Farmer, énormément, c’est toute ma jeunesse. Mais il y a une erreur entre son propre vécu de “libertine” et le plaquer sur une tierce personne , en l’occurence Alyzée. Et surtout faire irradier L’interprète d’une aura hypersexuelle en prétextant, là encore, qu’on parle d’innocence et de liberté. A l’inverse de la démonstration de Nabokov. Mais si je berce dans la littérature, je vais me perdre…

Tout le monde n'est pas nécessairement sensible aux éphèbes. Par extension, on donne quand même une légitimité aux pulsions que pouvaient ressentir les adultes avec les mineurs. Et, surtout on attribue la responsabilité à ces enfants trop attirants,  d’attiser les plus grands. On le dit que c'est leur regard, leur corps et leur pulsion qui se tournaient vers l'adulte.
Bref, il faut que j'arrive à mon âge presque canonique pour m'apercevoir qu'il y a de quoi vomir avec toute une frange artistique qui s'est fourvoyée dans la pédophilie.
On peut l’évoquer dans d'autres domaines : la peinture, le cinéma et la littérature. Ce sera suffisant pour aujourd'hui pour que je me batte contre des nuages noirs qui hantent mon esprit.

Reste une question lancinante qui fait battre mes tempes : pourquoi personne ne fait de mea culpa ? Pourquoi ne dit-on pas "oui c'était une grosse connerie de signer une chanson pareille ?". On se contente comme Bernard Pivot pour Matzneff de dire "c'était dans l'air du temps" pour se dédouaner. Personne n'est donc responsable ? Je peux pardonner une erreur surtout celle qui est incitée par une époque ou une tendance entière. Parce qu'on n'a pas toujours les repères, la maturité et la réflexion à un moment donné. Parce qu'on croit que l'on va offrir un message qui correspond à une période, à un moment. Et pourtant. Cela vous arracherait la bouche de dire "j'ai eu tort" ? L'espace d'un instant. Accepter que l'on se soit perdu sans se rendre compte ? Et je ne parle pas seulement des artistes sus-nommés mais aussi et surtout cette frange intellectualiste qui a ouvert le champ des possibles pour que s'engouffre une horde de violeurs aux idées courtes.

Ne nous étonnons pas, plus tard, que ces enfants balancent leurs porcs, les vieux dégueulasses avec l'eau de la Scène. En manquant de discernement. Mais qui a commencé ?
Et enfin, soyons modestes nous aussi dans ce moment présent. On parle consentement éclairé, responsabilité, blablabla… restons ouverts, non dogmatiques. De la même façon, les jeunes de la nouvelle scène qui pensent faire un nettoyage d'un vieux SM mais qui ne sont que des consommateurs de kinks en croyant là aussi avoir trouvé la clé, la solution, la vérité des pratiques BDSM.

Il y a des voyages qui salissent, qui ne font pas grandir. Des qui tirent en arrière, vous font perdre foi en l'humanité. Pris par surprise par cette exploration musicale, c'est un nuage sombre qui plane sur moi. Comment vais-je arriver à me nettoyer de cette boue pseudo-culturelle et ces paroles gluantes qui sont entrées dans mes oreilles et qui parasitent mon esprit et mon cœur ?

De la deep electro peut-être… Sans paroles.

Références :
Claude François et les jeunes filles
​
Je ne saurais trop vous conseiller de visiter le site Jonas qui, sans être exhaustif, est une excellente base d'information sur la pédophilie.
​
Léo Ferré expliqué sur "Petite"

Lolita de Vladimir Nabokov

PS : malgré ce que l'on pourrait croire certaines chansons ne sont PAS des glorifications de la pédophilie. Bien au contraire. Claude Nougaro, Cécile, ma fille. Christian Delagrange, Petite fille. François Feldman : Joy. De même que Lemon Incest a été totalement conçu pour choquer en jouant avec les limites de la décence par un Gainsbourg en mal de reconnaissance.

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    Ethan, adepte du BDSM, dominant, explorant une philosophie humaniste au travers d'une pratique socialement en marge.
    Le sérieux côtoyant dérision et érotisme.

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