<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" >

<channel><title><![CDATA[LE FOUET & LA PLUME - Blog]]></title><link><![CDATA[https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog]]></link><description><![CDATA[Blog]]></description><pubDate>Sun, 29 Mar 2026 19:40:13 +0200</pubDate><generator>Weebly</generator><item><title><![CDATA[Les mots écartelés : Burger Kink]]></title><link><![CDATA[https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/les-mots-ecarteles-burger-kink]]></link><comments><![CDATA[https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/les-mots-ecarteles-burger-kink#comments]]></comments><pubDate>Fri, 27 Feb 2026 14:09:48 GMT</pubDate><category><![CDATA[etymologie]]></category><category><![CDATA[Histoire]]></category><category><![CDATA[Les mots &eacute;cartel&eacute;s]]></category><category><![CDATA[SSC]]></category><guid isPermaLink="false">https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/les-mots-ecarteles-burger-kink</guid><description><![CDATA[Absolute Beginners, 1986, réalisé par Julien Temple, adapté du roman de Colin MacInnes. Kink, soumination, douminant et consommationIntroduction - Mais qui kick le kink dans le kiki ?15 mn de lecture interdite aux moins de 30 ans. Pourquoi ? Parce que les moins de trente ans pensent que les plus de trente ans sont des has been, qu'ils n'ont rien compris au sexe et &agrave; la relation interpersonnelle en plus d'&ecirc;tre des reliquats du patriarcat et d'avoir d&eacute;truit &eacute;conomique [...] ]]></description><content:encoded><![CDATA[<span class='imgPusher' style='float:left;height:0px'></span><span style='display: table;width:auto;position:relative;float:left;max-width:100%;;clear:left;margin-top:0px;*margin-top:0px'><a><img src="https://www.le-fouet-et-la-plume.com/uploads/1/0/0/8/100855846/absolute-beginner-5_orig.png" style="margin-top: 5px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 10px; border-width:1px;padding:3px; max-width:100%" alt="Image" class="galleryImageBorder wsite-image" /></a><span style="display: table-caption; caption-side: bottom; font-size: 90%; margin-top: -10px; margin-bottom: 10px; text-align: center;" class="wsite-caption">Absolute Beginners, 1986, r&eacute;alis&eacute; par Julien Temple, adapt&eacute; du roman de Colin MacInnes.</span></span> <div class="paragraph" style="display:block;"><font size="5">Kink, soumination, douminant et consommation</font><br /><br /><font size="6">Introduction - Mais qui kick le kink dans le kiki ?</font><br />15 mn de lecture interdite aux moins de 30 ans. Pourquoi ? Parce que les moins de trente ans pensent que les plus de trente ans sont des has been, qu'ils n'ont rien compris au sexe et &agrave; la relation interpersonnelle en plus d'&ecirc;tre des reliquats du patriarcat et d'avoir d&eacute;truit &eacute;conomiquement et &eacute;cologiquement la plan&egrave;te. Alors, quand on attaque le mot sacro-saint, celui sur lequel pivote toute la sexualit&eacute; alternative &eacute;tablissant une &eacute;chelle de libert&eacute; per&ccedil;ue, il est &eacute;vident que &ccedil;a fait grincer des &eacute;couvillons. Tiens, d'ailleurs c'est tr&egrave;s simple : si vous ne connaissez pas le sens du mot &eacute;couvillon, ne lisez pas plus loin.<br /><br />Sinon, je vous invite &agrave; d&eacute;crypter et d&eacute;couvrir l'univers du KINK et autres obscurs mots de vocabulaire comme la soumination, la doumination et leurs corollaires anglo-saxon.</div> <hr style="width:100%;clear:both;visibility:hidden;"></hr>  <div>  <!--BLOG_SUMMARY_END--></div>  <div class="paragraph"><font size="6" style="font-weight:700">1 &mdash; Le kink der surprise</font><br /><br /><span style="font-weight:700">Le mot kink est un terme de marine n&eacute;erlandais du XVII&#7497; si&egrave;cle : une torsion dans un cordage, un n&oelig;ud qui emp&ecirc;che la corde de filer droit. En 1803, Thomas Jefferson l'utilise au sens figur&eacute; pour d&eacute;crire une id&eacute;e tordue, un caprice de l'esprit. Le virage sexuel arrive avec le Swinging London : en 1959, Colin MacInnes utilise kinky dans son roman Absolute Beginners pour d&eacute;crire des personnages aux m&oelig;urs sexuelles troubles dans le Soho londonien. C'est la premi&egrave;re occurrence litt&eacute;raire du mot au sens sexuel. En 1964, Honor Blackman et Patrick Macnee enregistrent &laquo;&nbsp;</span><a href="https://www.youtube.com/watch?v=NsJI9f2rp2k" target="_blank">Kinky Boots</a><span style="font-weight:700">&nbsp;&raquo;, le mot entre dans la culture pop, quelque part entre le coquin et le libertin.&nbsp;</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Pause. Une digression habituelle si vous me connaissez mais celle-ci est savoureuse quand on a plus de 50 ans. Patrick Macnee, oui, c'est John Steed de Chapeau melon et Bottes de cuir (The Avengers). Et Honor Blackman, c'est Cathy Gale, la premi&egrave;re partenaire de Steed dans la s&eacute;rie (1962-1964), avant Diana Rigg (Emma Peel). Blackman portait des bottes en cuir et une tenue moulante dans la s&eacute;rie. D'o&ugrave; le lien direct avec &laquo; Kinky Boots &raquo;, le single kitsch qu'ils enregistrent ensemble en 1964.</span><br /><span style="font-weight:700">Honor Blackman quitte The Avengers en 1964 pour jouer Pussy Galore dans Goldfinger. Diana Rigg la remplace et arrive en catsuit et plus tard propose m&ecirc;me une tenue SM ("A Touch of Brimstone", saison 4, &eacute;pisode 21, diffus&eacute; le 15 f&eacute;vrier 1966, en noir et blanc). Comme quoi on commence d&egrave;s la fin des ann&eacute;es 60 &agrave; cr&eacute;er une association entre kinky et le cuir/f&eacute;tiche dans la culture pop britannique. Parenth&egrave;se dans la parenth&egrave;se, Diana Rigg jouera aussi dans James Bond dans Au service secret de Sa Majest&eacute; (1969). Film charni&egrave;re car c'est le mariage de Bond, pivot qui explique la froideur du personnage. Et Patrick Macnee lui aussi fera une apparition dans Dangereusement v&ocirc;tre (A View to a Kill, 1985) avec Roger Moore. Voil&agrave;, fermeture de cet interm&egrave;de t&eacute;l&eacute;visuel.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">&Agrave; partir des ann&eacute;es 70, kink d&eacute;signe explicitement une d&eacute;viation sexuelle, un f&eacute;tiche, une paraphilie. Aujourd'hui, il a presque absorb&eacute; tout le reste. Kink voudrait &ecirc;tre le terme parapluie qui englobe le BDSM, les f&eacute;tichismes, du cuir &agrave; la peluche en passant par le latex. Bref, toute pratique qui s'&eacute;carte du vanille. M&ecirc;me le shibari est kinky. Ce qui est amusant : un n&oelig;ud qui englobe les cordes.</span><br /><span style="font-weight:700">Mais ce ne serait qu'une question de vocabulaire, une &eacute;tiquette de plus pour agr&eacute;menter, voire expliquer, nos pratiques et passions, ce serait un n&oelig;ud coulant. Ce qui est plus gordien c'est que kink devient le n&oelig;ud du probl&egrave;me quand il se m&eacute;lange &agrave; la tendance sociale. Ouvrons le sac de n&oelig;uds&hellip;</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Car la mode est au hack. En commen&ccedil;ant par le food hack. Ces vid&eacute;os qui r&eacute;v&egrave;lent la vraie fa&ccedil;on de bien &eacute;caler des coquilles d'&oelig;ufs. Ces vid&eacute;os qui commencent par &laquo; tu savais que si tu ajoutes du bicarbonate dans ton omelette elle devient l&eacute;g&egrave;re ? &raquo;. Et les life hacks sont partout : en bricolage, en soci&eacute;t&eacute;, mode, maquillage, cuisine, d&eacute;coration, etc. On nous r&eacute;v&egrave;le le secret des choses. On nous a menti jusqu'&agrave; maintenant et on vous montre le vrai sens de la vie. Flirtant avec l'&egrave;re du complotisme, on nous promet l'essentiel en raccourci.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Du coup le BDSM lui aussi est touch&eacute; par ce ph&eacute;nom&egrave;ne de mode. On ne dit plus BDSM, trop ringard, so boomer. On dit kink. Pourquoi ? Parce qu'on peut tr&egrave;s bien n'avoir qu'un ou deux kinks et les assouvir sans s'investir sur le reste et encore moins &eacute;motionnellement. &laquo; Tu savais que si on te frappe le cul &agrave; vitesse r&eacute;guli&egrave;re suffisamment longtemps ton corps va produire de la dopamine et de la s&eacute;rotonine et que tu vas avoir un orgasme ? Et la dopamine et la s&eacute;rotonine, c'est bon pour ton corps et ton mental. Abonne-toi si tu veux plus de kink hacks. &raquo;</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Le BDSM de papi est devenu le royaume du kinky. On est pass&eacute; de la relation &agrave; la prestation. De la d&eacute;couverte de l'autre au catalogue de sensations. On croit qu'il suffit que deux &ecirc;tres consentants s'adonnent &agrave; une ou deux pratiques sp&eacute;cifiques pour croire que c'est du BDSM. Alors qu'on ne fait que remplir un besoin particulier avec un prestataire de services.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Herbert Marcuse (1898-1979), philosophe germano-am&eacute;ricain est ce qu'on pourrait appeler un freudo-marxiste. Un terme barbare pour expliquer qu'il approfondit l'un en utilisant l'autre. Il retourne Freud contre lui-m&ecirc;me en utilisant la grille de lecture de Marx. Freud dit : pour vivre ensemble en soci&eacute;t&eacute;, l'homme doit r&eacute;primer ses pulsions. C'est le prix &agrave; payer, point final. Marcuse lit &ccedil;a avec les lunettes de Marx et r&eacute;pond : oui, mais qui fixe le prix ? Et &agrave; qui profite la facture ? Ce que Freud prend pour une loi de la nature, Marcuse le per&ccedil;oit comme un outil de domination &eacute;tatique. On ne demande pas de r&eacute;primer ses pulsions simplement pour vivre en soci&eacute;t&eacute;. On demande de r&eacute;primer ses pulsions pour produire. De cette analyse na&icirc;t un concept :&nbsp;</span><em>la d&eacute;sublimation r&eacute;pressive</em><span style="font-weight:700">, introduite dans&nbsp;</span><strong><em>&Eacute;ros et civilisation (1955)</em></strong><span style="font-weight:700">&nbsp;puis d&eacute;velopp&eacute;e dans&nbsp;</span><strong><em>L'Homme unidimensionnel (1964)</em></strong><span style="font-weight:700">. Le syst&egrave;me ne r&eacute;prime plus le d&eacute;sir. Il le lib&egrave;re. Mais sous une forme domestiqu&eacute;e, consommable, inoffensive. On laisse jouir, mais dans un cadre qui ne menace plus rien. Le d&eacute;sir transgresse ? Qu'&agrave; cela ne tienne : on l'emballe, on le mark&egrave;te, on le vend. Ainsi la transgression devient produit. La r&eacute;volte devient lifestyle.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Restons objectifs avec Marcuse : il met parfois p&ecirc;le-m&ecirc;le dans un sac le capitalisme et l'&eacute;conomie de march&eacute; sans faire de distinction. Il a tendance &agrave; confondre consommation et consum&eacute;risme, comme si acheter &eacute;tait en soi une ali&eacute;nation. Son utopie d'une soci&eacute;t&eacute; non-r&eacute;pressive reste vague et il critique l'Occident autant que l'URSS sans vraiment proposer de troisi&egrave;me voie. Cependant, nul besoin d'adh&eacute;rer au programme politique de Marcuse pour utiliser son diagnostic. Car l&agrave; o&ugrave; il voit juste c'est dans sa capacit&eacute; &agrave; d&eacute;crire un m&eacute;canisme : le syst&egrave;me, comme il l'appelle, sait prendre n'importe quelle th&eacute;matique et la transformer en produit au moment opportun. Le d&eacute;sir de libert&eacute; devient une marque. La r&eacute;bellion devient un segment de march&eacute;. La transgression est exploit&eacute;e, market&eacute;e, emball&eacute;e, mise en rayon et vendue avec un code promo. Ce qui &eacute;tait dangereux devient tendance. Ce qui d&eacute;rangeait devient d&eacute;sirable. Et ce qui lib&eacute;rait n'est qu'une fausse bouff&eacute;e d'oxyg&egrave;ne qui fait rester dans les clous.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Marcuse &eacute;crivait dans&nbsp;</span><em><strong>L'Homme unidimensionnel&nbsp;</strong></em><span style="font-weight:700">que la soci&eacute;t&eacute; industrielle avanc&eacute;e cr&eacute;e des &laquo; besoins illusoires &raquo; (false needs) qui int&egrave;grent les individus au syst&egrave;me de production et de consommation. La cons&eacute;quence : un univers de pens&eacute;e et de comportement &laquo; unidimensionnel &raquo; o&ugrave; l'esprit critique et les comportements antisyst&eacute;miques sont progressivement absorb&eacute;s. Comme le r&eacute;sume Denis Collin, lecteur attentif de Marcuse : le syst&egrave;me capitaliste avanc&eacute; &laquo; se pr&eacute;sente sous les oripeaux chatoyants de la libert&eacute;, la libert&eacute; du commerce, la libert&eacute; des m&oelig;urs, la libert&eacute; de consommer ce que je veux quand je veux. Marcuse nous montre que cette libert&eacute; illusoire est la forme supr&ecirc;me de l'ali&eacute;nation. &raquo; Apr&egrave;s les clubs libertins qui ont d&eacute;sormais pignon sur rue, on offre une nouvelle soupape de s&eacute;curit&eacute; : le kink, version moderne, &eacute;dulcor&eacute;e et chatoyante du BDSM.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">C'est l'heure de la SM trend, des kink-fluenceuses. Le BDSM n'est plus censur&eacute;, on l'exploite. On ne l&egrave;ve plus les yeux au ciel en criant &laquo; c'est d&eacute;viant &raquo;, on entend &laquo; abonne-toi pour plus de conseils kinky &raquo;. Avec l'objectif assum&eacute; d'obtenir sa dose de dopamine, de s&eacute;rotonine, de bien-&ecirc;tre, on a transform&eacute; une pratique de libert&eacute; radicale en compl&eacute;ment alimentaire pour l'&acirc;me. 50 nuances de Groot a popularis&eacute; le BDSM, Jacquie et Michel l'a mis &agrave; terre et biffl&eacute; en gardant ses chaussettes. Pire que tout, les soumises du Kink Tok, maquill&eacute;es digitalement, sponsoris&eacute;es par une marque de lingerie, expliquent comment c'est facile, excitant, essentiel de porter un collier en platine et d'apprendre la gorge profonde. Le kink washing a emball&eacute; le BDSM sous blister, filtr&eacute; et d&eacute;coup&eacute; en extrait de 30 secondes. Cinquante nuances d'&eacute;tiquettes pour sortir de la grisaille. La r&eacute;volte plug &amp; play.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Et le mouvement ne s'arr&ecirc;te pas au contenu. Il touche aussi l'apparence. Avant, on &eacute;tait dark, gothique, emo. Le cuir, le latex, le collier &eacute;taient des marqueurs d'appartenance &agrave; une contre-culture qui assumait sa marginalit&eacute;. Aujourd'hui, on porte le corset en simili-cuir sur ses fringues. Fashion kinky. Barbie f&eacute;tiche. L'esth&eacute;tique BDSM est devenue un code vestimentaire de plus, vid&eacute; de sa charge, r&eacute;cup&eacute;r&eacute; par les m&ecirc;mes marques qui vendent du lubrifiant et des jeans patte d'eph. Si Shein vend des poup&eacute;es p&eacute;dophiles, il est encore plus facile de vendre du faux transgressif. La profondeur de la recherche de soi n'existe plus. Au contraire, on a la liste des revendications balis&eacute;e par des green et des red flags. Marcuse avait vu juste : le syst&egrave;me autorise les petites transgressions pour mieux emp&ecirc;cher de penser la grande. Pour &eacute;viter Le Grand Soir, on propose les Grandes Soldes du salace. On consomme du kink comme on consomme du bio, du yoga, du d&eacute;veloppement personnel, avec la m&ecirc;me cons&eacute;quence pour la plupart des conso-mateurs : une satisfaction &eacute;ph&eacute;m&egrave;re qui ne transforme ni profond&eacute;ment, ni dans le temps. Le BDSM devenu la nouvelle drogue du peuple. Venez, on va vous expliquer comment jouir par impact pour vous donner la joie de cravacher au travail. C'est mieux que la MDMA, mieux que le protoxyde d'azote. C'est green, le matcha kink est &eacute;colo quand on fouette vegan.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Aussi &eacute;tonnant que cela puisse para&icirc;tre, le credo reste le m&ecirc;me : &laquo; chacun son BDSM &raquo;. Certes. Mais chacun son BDSM de la consommation.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Tellement de barri&egrave;res tombent avec une g&eacute;n&eacute;ration qui pr&eacute;f&egrave;re les raccourcis en oubliant que le chemin sinueux proposait surtout un paysage &agrave; d&eacute;couvrir. On veut aller d'un point A au point G, sans passer par les autres lettres. Pourtant ce n'est pas l'objectif ni la r&eacute;compense qui sont importants, c'est surtout la d&eacute;couverte, l'enrichissement de l'exp&eacute;rience. Mais on ne voyage plus, on se t&eacute;l&eacute;porte. Star Kink, Bitch me up Scotty.</span><br /><br /><br /><font size="6" style="font-weight:700">2 &mdash; Ch&eacute;rie, &ccedil;a va kinker.</font><br /><br /><span style="font-weight:700">Au fort de cette tendance, analysons des n&eacute;ologismes qui s'insinuent.</span><br /><br /><strong>La soumination</strong><span style="font-weight:700">, c'est l'art du soumis qui manipule. Le souminant ou la souminante joue &agrave; la soumise pour obtenir ce qu'il ou elle souhaite. Soit une action, une s&eacute;ance, mais la plupart du temps de l'attention. En jouant &agrave; l'esclave, il/elle obtient ce qu'il/elle veut sans vraiment suivre d'ordre. C'est pas loin du brat/rebelle qui se fait prier... mais sans l'honn&ecirc;tet&eacute; du jeu. Le souminant commande sa s&eacute;ance comme on commande un menu : &laquo; Je voudrais du shibari, pas trop serr&eacute;, avec un petit caf&eacute; et je dois partir &agrave; 22h parce que j'ai aquaponey demain matin. Donc shibari lungo, caf&eacute; ristretto et ciao. &raquo;</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Pour &ecirc;tre plus pr&eacute;cis, Andrieu, Lahuerta et Luy ont sign&eacute; en 2019 *La contrainte consentie : apr&egrave;s le DSM-5, quelle th&eacute;rapie BDSM ?*. Ils d&eacute;finissent les &laquo;&nbsp;</span><strong>souminatrices</strong><span style="font-weight:700">&nbsp;&raquo; comme des &laquo; soumises r&eacute;sistantes et d&eacute;sob&eacute;issantes, explorant leurs propres limites au contact du/de la dominant(e) &raquo; dans le cadre d'un flux &agrave; double sens de la relation BDSM. Ils cr&eacute;ent ainsi la premi&egrave;re r&eacute;f&eacute;rence acad&eacute;mique disponible sur ce terme. Nos cousins am&eacute;ricains qui d&eacute;finissent tout appellent cela le Topping from the Bottom. On peut y voir aussi un joli jeu de mot concernant le fessier mais c'est surtout l'id&eacute;e qu'on dirige en sous-main depuis une position officielle de soumission.</span><br /><br /><strong>Le douminant</strong><span style="font-weight:700">, c'est le contraire. C'est un homme qui fait semblant d'&ecirc;tre dominant mais qui devrait plut&ocirc;t &ecirc;tre switch voire soumis, et qui pense dominer alors qu'il est dirig&eacute; consciemment ou non. C&ocirc;t&eacute; nord-am&eacute;ricain on peut faire r&eacute;f&eacute;rence au **Service Top** : un dominant qui agit principalement pour le plaisir de son soumis plut&ocirc;t que par d&eacute;sir de contr&ocirc;le personnel. Il &laquo; sert &raquo; les d&eacute;sirs du bottom en adoptant le r&ocirc;le actif/dominant. Quelquefois, ce sont plus ou moins les d&eacute;butants qui n'ont pas encore endoss&eacute; leur r&ocirc;le compl&egrave;tement, accept&eacute; leurs pulsions ou r&eacute;fl&eacute;chi &agrave; leur r&ocirc;le. Il s'improvise dominant en achetant une cravache chez D&eacute;cathlon et en regardant trois tutoriels sur YouTube. Prestataire de services. Livreur de sensations. Le douminant c'est le Uber du kink.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">En interaction, ni la souminatrice ni le douminant ne construisent quoi que ce soit. Ils se croisent, consomment et repartent aussi vides qu'ils sont arriv&eacute;s. Un l&eacute;ger pourboire, un pourl&eacute;cher ou une demi-fellation et encore... Des marques comme m&eacute;daille d'une bonne s&eacute;ance et c'est tout. Deux personnes &agrave; &eacute;galit&eacute; qui s'adonnent chacune &agrave; leur plaisir sans trop d'interaction. Un peu physique mais pas trop mentale et encore moins &eacute;motionnelle.&nbsp;</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Quelques autres mots r&eacute;v&egrave;lent l'existence d'acteurs qui minent la Sc&egrave;ne. Outre-Atlantique, on a d&eacute;j&agrave; d&eacute;tect&eacute; les &laquo;&nbsp;</span><strong>fake dom</strong><span style="font-weight:700">&nbsp;&raquo; et les&nbsp;</span><strong>CHDW</strong><span style="font-weight:700">&nbsp;: Clueless Horny Dom Wannabe. Que l'on traduit un peu rapidement dans les pays francophones par MDF, Mort de Faim, mais qui sont en fait les d&eacute;butants qui d&eacute;barquent sur les r&eacute;seaux, l'air innocent et qui demandent &laquo; comment on fait pour devenir dom parce que ma copine voudrait se faire dominer ? &raquo;. Comme si les r&eacute;seaux sp&eacute;cialis&eacute;s, une fois encore, &eacute;taient le Wikip&eacute;dia du BDSM et qu'on pouvait apprendre &agrave; singer des pratiques comme on apprendrait &agrave; faire un tiramisu au citron. Dans l'acronyme CHDW, il y a *Horny* : excit&eacute;. Le moteur, surtout, de cette tendance qui est celle, quand m&ecirc;me, de se vider les bourses en imitant un savoir-faire tout en &eacute;vitant le savoir-vivre ou le savoir-penser.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">C'est la g&eacute;n&eacute;ration burger kink. La pratique sur place ou &agrave; emporter. On pioche une technique, on l'applique, on obtient un r&eacute;sultat mesurable (hormone shoot, subspace, marques) et on passe au suivant. La liste des envies et limites, feuille de route d'un processus de recherche de soi, se transforme en une simple wichlist. Le kink devient un &eacute;talage de produits, pas une exploration. Pire que l'ub&eacute;risation du BDSM, c'est le catalogue Temu du kink. L'homme unidimensionnel de Marcuse a trouv&eacute; son terrain de jeu : un BDSM de carnaval o&ugrave; la pratique remplace la relation, le geste remplace le sens et l'apparence remplace l'&ecirc;tre.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Et le SSC dans tout &ccedil;a ? Il est devenu le cookie ultime. Le kink traite le SSC comme les CGU d'un site internet : tout le monde coche "ok" sans trop lire et on passe &agrave; la suite. C'est SSC, donc c'est bon. Comme c'est bio, donc c'est sain. On a vid&eacute; un cadre de construction de confiance pour en faire un sauf-conduit express.&nbsp;</span><br /><span style="font-weight:700">Le consentement lui aussi perd sa valeur. Il n'est plus que le label rouge du kink qui permet d'afficher une SOC : Soumise d'Origine Contr&ocirc;l&eacute;e.&nbsp;</span><br /><br /><font size="6" style="font-weight:700">3 &mdash; C'est qui hein, c'est qui, le you-kink ?</font><br /><br /><span style="font-weight:700">Chacun d'entre nous peut verser &agrave; un moment dans la dominance ou la soumination. Dans la recherche d'un plaisir fugace sans trop s'investir. Mais sans l'effet miroir, le recul, l'aide, l'impulsion d'un autre qui nous conna&icirc;t profond&eacute;ment, on ne peut &eacute;voluer. La recherche, la rencontre de soi-m&ecirc;me para&icirc;t difficile quand on reste un &ecirc;tre solitaire face &agrave; un catalogue de sensations.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Car le BDSM a une histoire. Et cette histoire n'est pas issue d'un tutoriel.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Pour moi (le vieux blanc h&eacute;t&eacute;ro cis-genre avec des lambeaux de patriarcat encore accroch&eacute;s &agrave; sa calvitie) le BDSM moderne prend racine apr&egrave;s la Seconde Guerre mondiale avec l'&eacute;mergence des leathermen. Ces v&eacute;t&eacute;rans qui, traumatis&eacute;s par la guerre, ont fond&eacute; des motorcycle clubs dans les ann&eacute;es 50 pour recr&eacute;er la camaraderie et la structure militaire qui leur manquaient. Plus tard, apr&egrave;s le Vietnam dans les ann&eacute;es 70, le mouvement s'est davantage structur&eacute;. Larry Townsend, avec son *Leatherman's Handbook* publi&eacute; en 1972, a pos&eacute; les bases d'une philosophie en insistant sur le consentement et la communication. C'est dans ce contexte que le SSC a &eacute;t&eacute; formalis&eacute; : non pas comme un label marketing mais comme le fruit d'un besoin r&eacute;el. Parce que le syndrome post-traumatique (qu'on ne nommait pas encore ainsi) touchait massivement les v&eacute;t&eacute;rans qui pratiquaient le SM. Pour beaucoup d'entre eux, ces pratiques furent un moyen de r&eacute;demption, de soulagement. Ces processus ont ainsi r&eacute;v&eacute;l&eacute; le r&ocirc;le et les envies de chacun dans ces jeux. Du dominant au soumis en passant par le switch&hellip; Mais surtout un lien particulier qui se forme entre le top et le bottom. Le consentement, la confiance et un lien de d&eacute;pendance.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Une caract&eacute;ristique du BDSM r&eacute;alis&eacute; pleinement en conscience, c'est le besoin d'&eacute;voluer sans cesse. La premi&egrave;re s&eacute;ance o&ugrave; on a re&ccedil;u 10 fess&eacute;es bouleverse. Trois mois plus tard, il en faut 50. Six mois apr&egrave;s, on explore l'humiliation. Au bout d'un an on aspire au TPE 24/7. Ce n'est pas de l'escalade pathologique, c'est de l'approfondissement. Comme un musicien qui passe des gammes au jazz, comme un cuisinier qui passe des p&acirc;tes carbo &agrave; un risotto aux truffes blanches d'Alba. Mais cette &eacute;volution ne peut se faire que dans une relation de confiance, avec quelqu'un qui nous conna&icirc;t, nous guide, nous pousse. Le consum&eacute;risme, lui, nous condamne &agrave; r&eacute;p&eacute;ter la m&ecirc;me s&eacute;ance ti&egrave;de, encore et encore, avec des partenaires interchangeables qui ne sauront jamais qui on est vraiment.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Sait-on encore pourquoi le BDSM est le symbole du combat contre l'ordre &eacute;tabli, la bien-pensance ? Se rappelle-t-on ce que libertaire veut dire ? Le BDSM n'est pas seulement des pratiques pour se faire plaisir. C'est endosser quelque chose qui nous ressemble CONTRE une pens&eacute;e sociale qui devient &eacute;triqu&eacute;e, trop morale et jugeante.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Certains pr&eacute;d&eacute;cesseurs ont construit le BDSM comme un espace de libert&eacute; absolue. Pas la libert&eacute; de consommer, mais la libert&eacute; d'&Ecirc;TRE. D'explorer les recoins les plus sombres et les plus lumineux de soi-m&ecirc;me, sans honte, sans mensonge, en compagnie d'un autre qui fait ce chemin avec nous. C'est cette libert&eacute;-l&agrave; qui dispara&icirc;t quand on r&eacute;duit le BDSM &agrave; un catalogue de kinks et la qualit&eacute; d'un interlocuteur &agrave; son nombre de followers.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">J'ai souvent eu la question : alors comment faire pour les d&eacute;butants ? On ferme la porte ? On doit rester dans une forme d'obscurantisme ?</span><br /><span style="font-weight:700">Pas du tout. Le BDSM n'a pas &agrave; &ecirc;tre inaccessible, ni compliqu&eacute;. Il faut juste expliquer qu'il est exigeant. Il faut &ecirc;tre exigeant avec soi-m&ecirc;me pour que ce d&eacute;veloppement personnel soit positif, &eacute;panouissant. Comme tout autre moyen au choix. Certains choisissent le sport et se fortifient. Mais, d&eacute;sol&eacute;, le BDSM sous le masque du kink ne peut pas &ecirc;tre non plus un simple jeu de soci&eacute;t&eacute; avec des cartes &agrave; jouer, une s&eacute;ance de pilate sur YouTube, un jeu de r&ocirc;le avec un parcours ou un tuto masque et menotte. Ce n'est pas l'exigence des plaisirs, c'est le plaisir de l'exigence. Celui que l'on impose &agrave; soi-m&ecirc;me pour &eacute;voluer.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Alors oui, chacun son BDSM. On a le droit de le vivre comme on l'entend. Faisons attention &agrave; ne pas sacrifier cette libert&eacute;-l&agrave; sur l'autel du consum&eacute;risme et de la superficialit&eacute;. Picorons &eacute;ventuellement quelques curiosit&eacute;s de-ci de-l&agrave; mais n&rsquo;ignorons pas la substantifique moelle du BDSM. Le BDSM est issu de la douleur pour l'utiliser, la tordre et en jouir, se d&eacute;couvrir, se gu&eacute;rir, s'apaiser et s'&eacute;panouir.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Je suis moi-m&ecirc;me un utilisateur de nouvelles technologies et curieux des tendances. Je n'ai juste pas oubli&eacute; d'appr&eacute;cier l'instant pr&eacute;cieux du moment pr&eacute;sent et la d&eacute;couverte fantastique de l'autre. Autrui est peut-&ecirc;tre, au final, l'aventure ultime. Le territoire inconnu qui nous enrichit.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Ethan Dom</span><br /><br /><br /><span style="font-weight:700">R&eacute;f&eacute;rences :</span><br /><span style="font-weight:700">- Jefferson et le mot kink : la phrase exacte est tir&eacute;e d'une lettre dat&eacute;e du 24 novembre 1803 : "Should the judges take a kink in their heads in favor of leaving the present laws of Louisiana unaltered." Source : Online Etymology Dictionary, citant l'OED. Premi&egrave;re occurrence figur&eacute;e document&eacute;e du mot kink en anglais am&eacute;ricain.</span><br /><span style="font-weight:700">-&nbsp;</span><a href="https://www.persee.fr/doc/sotra_0038-0296_1964_num_6_3_1202_t1_0314_0000_5" target="_blank">Herbert Marcuse, &Eacute;ros et civilisation</a><span style="font-weight:700">, &Eacute;ditions de Minuit, 1963 (&eacute;d. originale : Eros and Civilization, Boston, 1955)* et</span><a href="https://inserm.hal.science/inserm-00519284/document" target="_blank">&nbsp;&agrave; propos d'Eros</a><span style="font-weight:700">.</span><br /><span style="font-weight:700">-&nbsp;</span><a href="https://www.leseditionsdeminuit.fr/livre-L%E2%80%99Homme_unidimensionnel-2186-1-1-0-1.html" target="_blank">Herbert Marcuse, L'Homme unidimensionnel, &Eacute;ditions de Minuit,</a><span style="font-weight:700">&nbsp;1968 (&eacute;d. originale : One-Dimensional Man, 1964), traduit par Monique Wittig et l'auteur</span><br /><span style="font-weight:700">- *</span><a href="https://fr.scribd.com/document/734428953/La-contrainte-consentie" target="_blank">Andrieu, Lahuerta et Luy, La contrainte consentie : apr&egrave;s le DSM-5, quelle th&eacute;rapie BDSM ?</a><span style="font-weight:700">, 2019&nbsp;&nbsp;</span><br /><span style="font-weight:700">-&nbsp;</span><a href="https://a.co/d/09YYxdLk" target="_blank">Larry Townsend, The Leatherman's Handbook, 1972</a><br /><span style="font-weight:700">-&nbsp;</span><a href="https://www.restrainedgrace.com/blogs/glossary/fake-dom" target="_blank">Restrained Grace, Modern BDSM Glossary : &laquo; Fake Dom &raquo;</a><span style="font-weight:700">&nbsp;(idem que CHDW : Clueless Horny Dom Wannabe, Tumblr Dom)</span><br /><span style="font-weight:700">-&nbsp;</span><a href="https://askasub.substack.com/p/what-is-a-fake-dom" target="_blank">Lina Dune, &laquo; What Is A Fake Dom?</a><span style="font-weight:700">&nbsp;&raquo;, Ask a Sub, 2024</span></div>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[À vos marques-pages, prêts ?]]></title><link><![CDATA[https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/a-vos-marques-pages-pret]]></link><comments><![CDATA[https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/a-vos-marques-pages-pret#comments]]></comments><pubDate>Fri, 06 Feb 2026 13:30:59 GMT</pubDate><category><![CDATA[Uncategorized]]></category><guid isPermaLink="false">https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/a-vos-marques-pages-pret</guid><description><![CDATA[ 83 159 mots &agrave; quelques syllabes pr&egrave;s.En 2025, je vous disais que j'&eacute;crivais mon premier roman. Que je peaufinais chaque phrase avec le m&ecirc;me soin maniaque que mes articles.Eh bien voil&agrave;. C'est fini. Sept chapitres. Sept &eacute;tapes pour des protagonistes qui parcourent un voyage initiatique &agrave; travers l'&eacute;change de pouvoir et le l&acirc;cher-prise, le plaisir, l'ob&eacute;issance et l'abandon.Les b&ecirc;ta-lecteurs ont valid&eacute;. Les correctio [...] ]]></description><content:encoded><![CDATA[<span class='imgPusher' style='float:left;height:0px'></span><span style='display: table;width:auto;position:relative;float:left;max-width:100%;;clear:left;margin-top:0px;*margin-top:0px'><a><img src="https://www.le-fouet-et-la-plume.com/uploads/1/0/0/8/100855846/capture-d-e-cran-2026-02-06-a-14-19-24_orig.png" style="margin-top: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 10px; border-width:1px;padding:3px; max-width:100%" alt="Image" class="galleryImageBorder wsite-image" /></a><span style="display: table-caption; caption-side: bottom; font-size: 90%; margin-top: -0px; margin-bottom: 0px; text-align: center;" class="wsite-caption"></span></span> <div class="paragraph" style="display:block;">83 159 mots &agrave; quelques syllabes pr&egrave;s.<br /><br />En 2025, je vous disais que j'&eacute;crivais mon premier roman. Que je peaufinais chaque phrase avec le m&ecirc;me soin maniaque que mes articles.<br /><br />Eh bien voil&agrave;. C'est fini. Sept chapitres. Sept &eacute;tapes pour des protagonistes qui parcourent un voyage initiatique &agrave; travers <strong>l'&eacute;change</strong> de pouvoir et le l&acirc;cher-prise, le plaisir, l'ob&eacute;issance et l'abandon.<br /><br />Les b&ecirc;ta-lecteurs ont valid&eacute;. Les corrections sont <strong>presque</strong> boucl&eacute;es. La promotion se met en place (et oui, il y aura des surprises).<br />&#8203;<br />Tr&egrave;s bient&ocirc;t, vous saurez tout.</div> <hr style="width:100%;clear:both;visibility:hidden;"></hr>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Ni doux, ni dur]]></title><link><![CDATA[https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/ni-doux-ni-dur]]></link><comments><![CDATA[https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/ni-doux-ni-dur#comments]]></comments><pubDate>Fri, 06 Feb 2026 12:57:42 GMT</pubDate><category><![CDATA[Br&egrave;ve]]></category><category><![CDATA[etymologie]]></category><category><![CDATA[humour]]></category><category><![CDATA[R&eacute;flexion]]></category><category><![CDATA[SSC]]></category><guid isPermaLink="false">https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/ni-doux-ni-dur</guid><description><![CDATA[9 semaines 1/2, 1986, Adrian Lyne En plus de m'occuper de mes enfants (mal), de faire le m&eacute;nage (pas assez r&eacute;guli&egrave;rement), je cuisine (pas trop mal). Oui. C'est un des aspects de ma perfection. Je me retrouve &agrave; devoir compenser mes attributs patriarcaux comme le fait de devoir assumer que je suis un m&acirc;le blanc h&eacute;t&eacute;ro cisgenre de type europ&eacute;en. Bref, le pack complet de l'oppresseur syst&eacute;mique. Mais pire que tout, je me vautre dans l'ap [...] ]]></description><content:encoded><![CDATA[<span class='imgPusher' style='float:left;height:0px'></span><span style='display: table;width:442px;position:relative;float:left;max-width:100%;;clear:left;margin-top:0px;*margin-top:0px'><a><img src="https://www.le-fouet-et-la-plume.com/uploads/1/0/0/8/100855846/published/9-semaines-bazinger.jpg?1770383004" style="margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; border-width:0; max-width:100%" alt="Image" class="galleryImageBorder wsite-image" /></a><span style="display: table-caption; caption-side: bottom; font-size: 90%; margin-top: -10px; margin-bottom: 10px; text-align: center;" class="wsite-caption">9 semaines 1/2, 1986, Adrian Lyne</span></span> <div class="paragraph" style="display:block;">En plus de m'occuper de mes enfants (mal), de faire le m&eacute;nage (pas assez r&eacute;guli&egrave;rement), je cuisine (pas trop mal). Oui. C'est un des aspects de ma perfection. Je me retrouve &agrave; devoir compenser mes attributs patriarcaux comme le fait de devoir assumer que je suis un m&acirc;le blanc h&eacute;t&eacute;ro cisgenre de type europ&eacute;en. Bref, le pack complet de l'oppresseur syst&eacute;mique. Mais pire que tout, je me vautre dans l'appropriation culturelle : je cuisine au wok. Mon id&eacute;e du wokisme, c'est de cuisiner exotique.<br /><br />Alors que je faisais ma marinade pour mon saut&eacute; de poulet chinois (sauce soja sucr&eacute;, huile de s&eacute;same, vinaigre de riz, citronnelle, ail et autres petits secrets en poudre), je me suis dit : ce plat est &eacute;pic&eacute; certes mais pas BDSM.<br /><br />Et donc, Il y a t'il une vraie diff&eacute;rence entre l'&eacute;pic&eacute; et le BDSM ?</div> <hr style="width:100%;clear:both;visibility:hidden;"></hr>  <div>  <!--BLOG_SUMMARY_END--></div>  <div class="paragraph"><span style="font-weight:700"></span>Je dis &ccedil;a parce qu'on m'a encore demand&eacute; pas plus tard qu'hier (hier c'&eacute;tait ramen au boeuf avec oeuf marin&eacute; et courgette tha&iuml;) si j'&eacute;tais plut&ocirc;t "BDSM soft" ou "BDSM hard". Et en fait, une &eacute;ni&egrave;me fois, il faut &eacute;trangler les pr&eacute;jug&eacute;s et certainement changer le paradigme du soft, hard, vanille, &eacute;pic&eacute;. Ces simples termes que l'on pense comprendre d'instinct, une fois de plus, r&eacute;v&egrave;lent une incompr&eacute;hension fondamentale de ce qu'est r&eacute;ellement le BDSM.<br /><br />Alors mettons les choses au clair.<br /><br />Il n'y a pas de BDSM soft. Il n'y a pas de BDSM hard. Et de la m&ecirc;me fa&ccedil;on il y a un gouffre entre la pratique r&eacute;elle et le vanille &eacute;pic&eacute; sur le principe uniquement. Si on veut chipoter (ou chipotl&eacute; lol), peut-&ecirc;tre qu'on pourrait r&eacute;server cette distinction &agrave; la relation Ma&icirc;tre/esclave 24/7, mais m&ecirc;me l&agrave;, &ccedil;a reste discutable. Parce que BDSM, fondamentalement, ce n'est pas une &eacute;chelle de brutalit&eacute;. C'est un acronyme. Bondage, Discipline, Domination, Soumission, Sadisme, Masochisme. Une liste de pratiques, pas un thermom&egrave;tre de violence.<br /><br />Quand quelqu'un dit "je fais du BDSM soft", il veut dire quoi exactement ? Qu'il tape doucement ? Qu'il utilise des menottes en fourrure rose ? Qu'il demande poliment avant chaque geste ? Et le "BDSM hard", c'est quoi ? Des coups plus forts ? Du sang ? Des larmes ? Non. Tout &ccedil;a, ce sont des pratiques s'adaptant aux go&ucirc;ts mais surtout aux capacit&eacute;s des soumis(es). Pas l'essence m&ecirc;me du BDSM.<br /><br />Ce qui compte, ce qui d&eacute;finit v&eacute;ritablement pour moi le BDSM, c'est la relation de Domination et soumission. La D/s. L'&eacute;change de pouvoir. C'est &ccedil;a, le c&oelig;ur du r&eacute;acteur. Une personne offre son ob&eacute;issance, s'abandonne dans un l&acirc;cher-prise le plus profond possible et n'a qu'un seul objectif : satisfaire son dominant ou sa dominante. L'autre, en retour, accepte la responsabilit&eacute; du bien-&ecirc;tre et de l'&eacute;volution de sa soumise ou de son soumis.<br /><br />Le panel des pratiques et leur application ? C'est secondaire. C'est un moyen, pas une fin. Si les limites ou les besoins d'une soumise impliquent des gestes doux, alors on agit avec douceur. Si au contraire, elle r&eacute;clame des impacts intenses pour se d&eacute;passer, atteindre son nirvana, alors on frappe un peu plus fort. On adapte. On ajuste. On &eacute;coute. Parce que l'objectif, ce n'est pas de prouver que l'on sait taper ou qu'on a les jouets les plus extr&ecirc;mes. Pour moi le BDSM est mental : c'est la fusion de deux &ecirc;tres dans une relation d'&eacute;change de pouvoir.<br /><br />Un couple qui pratique un D/s 24/7 avec peu de pratiques physiques mais o&ugrave; elle attend son autorisation pour certaines d&eacute;cisions, o&ugrave; il choisit sa tenue, o&ugrave; chaque geste quotidien s'inscrit dans une vraie dynamique de pouvoir ancr&eacute;e dans le quotidien, c'est du BDSM. Un couple vanille &eacute;pic&eacute; qui sort les menottes le samedi soir avec enthousiasme mais sans aucune structure de pouvoir r&eacute;elle, ce n'est pas du BDSM. C'est du sexe kinky, voire un jeu de r&ocirc;le sympathique. Ce qui est tr&egrave;s bien, d'ailleurs. Mais ce n'est pas la m&ecirc;me chose.<br /><br />Le probl&egrave;me avec cette distinction soft/hard, c'est qu'elle laisse croire que le BDSM est avant tout une question d'intensit&eacute; physique. Comme si c'&eacute;tait un sport extr&ecirc;me o&ugrave; on mesure qui va le plus loin, qui pousse le plus les limites. Alors que non. Le BDSM, c'est d'abord une relation. Un contrat tacite ou explicite. Un abandon consenti, toujours n&eacute;goci&eacute;, toujours r&eacute;vocable, face &agrave; une prise de responsabilit&eacute; assum&eacute;e.<br />Et c'est l&agrave; que certains pensent &agrave; tort la diff&eacute;rence entre soft et hard : la r&eacute;vocabilit&eacute;, l'arr&ecirc;t, le stop. Comme si le "hard" signifiait qu'on ne peut plus dire non. Errare humanum est. La soumise ne choisit pas mais elle peut stopper. Une analogie ? Ok, parce que c'est vous. C'est comme si la soumise est en voiture c&ocirc;t&eacute; passager mais qu'on a install&eacute; les freins en double de son c&ocirc;t&eacute;. Elle ne conduit pas, ne choisit pas la direction mais elle peut ralentir, voire stopper. Le safeword et autre processus de s&eacute;curit&eacute; ne sont pas des options r&eacute;serv&eacute;es aux d&eacute;butants. C'est le garde-fou fondamental, quelle que soit l'intensit&eacute; des pratiques. Pas de BDSM sans porte de sortie.<br /><br />Donc, la prochaine fois qu'on me demande si je suis soft ou hard, je r&eacute;pondrais simplement : "Je suis dans le D/s intense et complice.&rdquo; Point. Parce que c'est ce qui compte : la profondeur et la sinc&eacute;rit&eacute; de l'&eacute;change. Le reste comme le volume sonore de la fess&eacute;e, la mati&egrave;re des menottes, le ratio familiarit&eacute;/humiliation, etc. Ce ne sont que des d&eacute;tails techniques.<br /><br />Maintenant, concernant mon poulet chinois : les morceaux doivent &ecirc;tre coup&eacute;s en petit d&eacute; et marin&eacute;s une heure minimum. Puis &eacute;goutt&eacute;s, roul&eacute;s dans la farine et cuits sur un fond d&rsquo;huile. On ajoute la marinade en fin de cuisson quand les morceaux sont &agrave; la fois dor&eacute;s et l&eacute;gers. Et si vous voulez conna&icirc;tre la liste compl&egrave;te de mes &eacute;pices, recette secr&egrave;te, c'est de la cuisine hard qui est r&eacute;serv&eacute;e &agrave; de vrais aficionados de l'&eacute;pic&eacute;. Parce qu'il y a la cuisine soft et la hard. Il ne faut pas rigoler avec &ccedil;a.<br /><br />Ethan<br />&#8203;<br /><span style="font-weight:700">P.S. : Si on me dit qu'en termes d'illustration, Le Dernier Tango &agrave; Paris avec la sc&egrave;ne du beurre aurait &eacute;t&eacute; appropri&eacute;e, je rappelle que c'est le totalement le contraire. &Agrave; l'&eacute;poque, Marlon Brando et le r&eacute;alisateur Bernardo Bertolucci ont d&eacute;cid&eacute; de prendre par surprise l'actrice Maria Schneider qui n'avait que 19 ans. Elle ne s'en est jamais remise et a d&eacute;clar&eacute; des ann&eacute;es plus tard s'&ecirc;tre sentie "viol&eacute;e". C'est bel et bien la d&eacute;monstration de ce qu'il ne faut jamais faire : l'absence de consentement transforme une sc&egrave;ne en agression. Et Cela fait perdurer l&rsquo;image d&rsquo;un BDSM soft versus hard qui n&rsquo;a pas lieu d&rsquo;&ecirc;tre.</span></div>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Quand j'étais petit garçon...ou la pédophilie en chanson]]></title><link><![CDATA[https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/quand-jetais-petit-garconou-la-pedophilie-en-musique]]></link><comments><![CDATA[https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/quand-jetais-petit-garconou-la-pedophilie-en-musique#comments]]></comments><pubDate>Tue, 11 Nov 2025 20:28:39 GMT</pubDate><category><![CDATA[Uncategorized]]></category><guid isPermaLink="false">https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/quand-jetais-petit-garconou-la-pedophilie-en-musique</guid><description><![CDATA[Noce blanche, Jean-Claude Brisseau, 1989. Je m'appr&ecirc;tais &agrave; &eacute;crire un billet mi-goguenard mi-culturel. En commen&ccedil;ant par une all&eacute;gorie qui m&eacute;langerait cuisine et histoire. Mais je me suis fait attraper par mes propres recherches. Aspir&eacute; dans une fange dont j'ai beaucoup de mal &agrave; sortir. Des sympt&ocirc;mes qui m'ont toujours troubl&eacute; et que j'ai mis de c&ocirc;t&eacute; depuis longtemps resurgissent. J'ai effectivement quelques signes d [...] ]]></description><content:encoded><![CDATA[<span class='imgPusher' style='float:left;height:0px'></span><span style='display: table;width:auto;position:relative;float:left;max-width:100%;;clear:left;margin-top:0px;*margin-top:0px'><a><img src="https://www.le-fouet-et-la-plume.com/uploads/1/0/0/8/100855846/published/noce-blanche.png?1762893115" style="margin-top: 5px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 10px; border-width:1px;padding:3px; max-width:100%" alt="Picture" class="galleryImageBorder wsite-image" /></a><span style="display: table-caption; caption-side: bottom; font-size: 90%; margin-top: -10px; margin-bottom: 10px; text-align: center;" class="wsite-caption">Noce blanche, Jean-Claude Brisseau, 1989.</span></span> <div class="paragraph" style="display:block;">Je m'appr&ecirc;tais &agrave; &eacute;crire un billet mi-goguenard mi-culturel. En commen&ccedil;ant par une all&eacute;gorie qui m&eacute;langerait cuisine et histoire. Mais je me suis fait attraper par mes propres recherches. Aspir&eacute; dans une fange dont j'ai beaucoup de mal &agrave; sortir. Des sympt&ocirc;mes qui m'ont toujours troubl&eacute; et que j'ai mis de c&ocirc;t&eacute; depuis longtemps resurgissent. J'ai effectivement quelques signes de personne victime d'attouchements. Comme celui d'avoir l'impression de n'avoir commenc&eacute; &agrave; vivre que vers 14 ans. Des d&eacute;tails que mon intellect reconna&icirc;t mais que mon esprit repousse. Surtout parce qu'aucun souvenir n'est apparu. Juste quelques ombres avec des regards torves. Mais sinon mon enqu&ecirc;te sur moi-m&ecirc;me ne r&eacute;v&egrave;le aucun indice probant. Des parents et grands-parents normaux. Pas d'amis bizarres de mes parents. Pas d'oncle aux actions cach&eacute;es &agrave; l'horizon. Pas de situations potentielles o&ugrave; je me serais retrouv&eacute; seul avec des adultes inconnus comme une colonie de vacances. Rien. Et surtout, aucune peur ou trauma qui m'auraient emp&ecirc;ch&eacute; d'&eacute;voluer dans la vie.<br />Si ce n'est une haine f&eacute;roce et froide envers les p&eacute;dophiles et les violeurs. Une d&eacute;termination de destruction des pr&eacute;dateurs sexuels &agrave; qui je ne pr&ecirc;te aucune piti&eacute;. &Agrave; tel point qu'assez jeune je m'&eacute;tais forg&eacute; cette opinion : je suis contre la peine de mort sauf pour une engeance humaine aux actes impardonnables et qui est incapable de r&eacute;demption. Des &ecirc;tres qualifi&eacute;s de loups pour l'homme qui n'ont aucune utilit&eacute; et qui sont simplement toxiques. Et qu'il serait n&eacute;cessaire de simplement &eacute;liminer, sans proc&egrave;s mais sans haine. On te surprend le pantalon sur les chevilles avec une petite fille ? Une balle dans la t&ecirc;te tout de suite. Sans discussion. On se d&eacute;barrasse juste d'une engeance comme d'un scolopendre tropical.<br /><br />Voil&agrave;, c'est dit. Et au moment o&ugrave; je l'&eacute;cris j'ai cette pierre qui me p&egrave;se sur le torse. Et je vais faire un effort pour l'oublier, respirer, avancer et revenir au sujet que je souhaite aborder : les chansons fran&ccedil;aises qui ont glorifi&eacute; les p&eacute;dophiles.<br />Et vous allez &ecirc;tre &eacute;tonn&eacute;s par qui a promu la p&eacute;dophilie en croyant parler d'amour ou faire avancer la soci&eacute;t&eacute;.</div> <hr style="width:100%;clear:both;visibility:hidden;"></hr>  <div>  <!--BLOG_SUMMARY_END--></div>  <span class='imgPusher' style='float:left;height:0px'></span><span style='display: table;width:auto;position:relative;float:left;max-width:100%;;clear:left;margin-top:0px;*margin-top:0px'><a><img src="https://www.le-fouet-et-la-plume.com/uploads/1/0/0/8/100855846/published/capture-d-e-cran-2025-11-10-a-10-49-25.png?1762894789" style="margin-top: 5px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 10px; border-width:1px;padding:3px; max-width:100%" alt="Picture" class="galleryImageBorder wsite-image" /></a><span style="display: table-caption; caption-side: bottom; font-size: 90%; margin-top: -10px; margin-bottom: 10px; text-align: center;" class="wsite-caption">France & Maurice Biraud en 1967 pour la chanson "la petite" </span></span> <div class="paragraph" style="text-align:justify;display:block;">Est-il utile de rappeler qu'il y a eu une lib&eacute;ration sexuelle dans les ann&eacute;es 50 ? Qualifi&eacute;e dans les ann&eacute;es 60 par le terme "r&eacute;volution sexuelle" dont beaucoup de groupes se sont appropri&eacute; le sens et l'application. Le mouvement f&eacute;ministe de seconde g&eacute;n&eacute;ration en premier mais aussi les associations homosexuelles, les communistes, etc. Tous voulant d&eacute;monter une part de la soci&eacute;t&eacute; norm&eacute;e de l'&eacute;poque. Le tout encourag&eacute;, pens&eacute;, promu par une frange intellectuelle de penseurs. En France on en arrive &agrave; la p&eacute;tition de 1977 sign&eacute;e par des intellectuels (Foucault, Sartre, Beauvoir, &hellip;) demandant l'abrogation de certains articles sur les rapports majeurs-mineurs, dans une confusion entre lib&eacute;ration sexuelle et protection de l'enfance. Ce tumulte et cette "ouverture" d'esprit, sans recul, voire brutale, a eu son lot de d&eacute;bordements et d'oublis. Notamment les notions de consentement et responsabilit&eacute;.<br /><br />Je ne peux m'emp&ecirc;cher de refaire la parenth&egrave;se sur le sadomasochisme d&eacute;velopp&eacute; par la communaut&eacute; gay d&egrave;s les ann&eacute;es 50 qui avait d&eacute;j&agrave; mis en lumi&egrave;re et soulign&eacute; l'importance des responsabilit&eacute;s du dominant sur le domin&eacute;. Et quand on pense que 70 ans plus tard, on discute encore du bien-fond&eacute; du consentement et des responsabilit&eacute;s des dominants, les bonnes habitudes ont du mal &agrave; s'installer naturellement.<br /><br />Revenons donc &agrave; ces artistes qui pensaient donner de belles le&ccedil;ons &agrave; la populace par d&eacute;tours po&eacute;tiques. Et pas des moindres : de Brassens &agrave; Garou en passant par Daniel Balavoine. Des ann&eacute;es 60 aux ann&eacute;es 2000, un floril&egrave;ge d'artistes ont encens&eacute; ou d&eacute;fendu la p&eacute;dophilie sous le fallacieux pr&eacute;texte qu'il fallait casser les dogmes d'une soci&eacute;t&eacute; scl&eacute;ros&eacute;e.<br />Alors, je ne vais pas vous mettre les extraits des musiques. &Agrave; la fois pour ne pas en faire la promotion et faire tourner la roue de la fortune de la SACEM. Mais aussi pour &eacute;viter la pollution.<br />Prenez votre sac &agrave; vomi et partons pour le voyage musical de la honte.<br /><br /><strong>Henri Salvador, &ldquo;Ma petite Jacqueline&rdquo; (1952).</strong> &lsquo;Cest l'histoire du d&eacute;pucelage d'une gamine de 15 ans, alors qu'il en a 20, et qu'il embrasse en douce dans le dos de son papa avant qu'elle lui offre tous ses tr&eacute;sors&hellip; On va dire que ce d&eacute;but des ann&eacute;es 50 &eacute;tait permissif. D&eacute;tail qui a peut-&ecirc;tre son importance au moment de la sortie de ce titre : Henri Salvador &eacute;tait mari&eacute; depuis deux ans avec Jacqueline Salvador qui a eu beaucoup d'influence sur sa carri&egrave;re. Ils avaient 8 ans de diff&eacute;rence d'&acirc;ge et s sont connus en 1949.<br /><br /><strong>Charles Aznavour, "Trousse-Chemise" (1962)</strong>. La jeune fille a 17 ans (donc majorit&eacute; sexuelle) mais on parle de viol. Elle quittera la ville apr&egrave;s cet &eacute;v&eacute;nement. Tellement bizarre que cet homme qui a su interpr&eacute;ter "Comme ils disent", se soit fourvoy&eacute; en &eacute;voquant explicitement un viol.<br /><br /><strong>Antoine, &ldquo;Je l'appelle Cannelle" (1966)</strong>. Parmi ses &eacute;lucubrations, il &eacute;voque donc sa relation avec une Tahitienne qui n'a que 15 ans. La chanson para&icirc;t l&eacute;g&egrave;re et pourtant tr&egrave;s brute. Alors &eacute;loge de la p&eacute;dophilie oui. Mais surtout c'est autobiographique. Antoine a bel et bien eu trois enfants avec une Tahitienne. Ils se sont connus quand elle n'avait que 15 ans et lui 8 de plus. L'exotisme de 1966 &eacute;tait encore plus permissif qu'en m&eacute;tropole. Et pourtant, on ne peut s'emp&ecirc;cher de penser qu'un manque de maturit&eacute; total couvrait les hommes aux cheveux longs.<br /><br /><strong>Georges Brassens,&rdquo; La Princesse et le Croque-notes" (1972)</strong> parle d'un musicien qui se fait draguer par une fille de 13 ans. Il refuse cependant mais regrettera 20 ans plus tard. Certes, il n'y a pas d&eacute;lit et m&ecirc;me le "h&eacute;ros" reste responsable. On note cependant que c'est la petite fille qui vient s&eacute;duire le vieux. Un fait qui est redondant dans la plupart des chansons.<br /><br /><strong>Gilbert B&eacute;caud, &ldquo;Une petite fille entre neuf et dix ans&rdquo; (1976), </strong>fait un aveu sans passer le pas : "Elle me regardait de ses yeux tr&egrave;s noirs, tr&egrave;s grands, qui ne m'ont pas quitt&eacute; pendant de longues secondes, elle me fascinait, elle me fascinait comme une femme". T&eacute;moignage du trouble que peut ressentir un adulte. Un d&eacute;but de conscientisation de l&rsquo;attirance potentielle d&egrave;s l&rsquo;apparition des hormones. Oui et alors ? Pourrait-on y opposer la responsabilit&eacute; de l&rsquo;accession &agrave; la maturit&eacute; sexuelle et pas seulement la majorit&eacute; ?<br /><br /><strong>Maxime Le Forestier - "Fontenay-aux-Roses" (1972).&nbsp;</strong><br />Chanson d'amour envers une &eacute;tudiante en pensionnat. On ne parle pas d'&acirc;ge certes et on sous-entend qu'en sortant seule elle n'est pas si jeune. Mais on flirte avec la limite. D'ailleurs on parle l&agrave; de chanson hamiltonienne. Int&eacute;ressons-nous d'ailleurs au parolier Jean-Pierre Kernoa (Lemaire de son nom de naissance et certainement p&eacute;dophile de p&egrave;re dans fille), d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 2018. Parolier de nombreuses chansons de Maxime Le Forestier (pas les meilleures). Son int&eacute;r&ecirc;t pour l'enfance ne se d&eacute;mentira pas sur plus de la moiti&eacute; des textes qu'il &eacute;crira pour lui et d'autres. Ainsi, pour Juliette Gr&eacute;co "Lit de cristal" : on &ldquo;parle d'un m&acirc;le qui vient prendre la virginit&eacute; d'une fille de 16 ans&hellip; qui, partant vers d'autres proies, d'autres fleurs &agrave; violer". Et aussi quand il fait dire &agrave; Jean-Michel Caradec dans "Tendre Garance" : "Je veux ma chance, Tendre Garance, Toute en nuances, L'enfance rit&rdquo;&hellip;Toujours &agrave; la fronti&egrave;re floue de l&rsquo;aveu ou la r&eacute;v&eacute;lation d&rsquo;un &acirc;ge ou d&rsquo;un interdit. On retrouve plusieurs points communs dans la plupart de ses &eacute;crits : la jeunesse f&eacute;minine, l'innocence et son d&eacute;voiement, le voyeurisme, "l'&eacute;ducation" sentimentale et un go&ucirc;t pour le secret. Au final celui-ci a su rester sous les radars m&ecirc;me si la pochette de "Oh mes souvenirs" n'a alert&eacute; personne et encore moins la chanson "de David Hamilton". Et pourtant, cet oiseau-l&agrave;, a certainement autant souill&eacute; de ses mains que de son encre, le corps et l'&acirc;me de filles trop jeunes. J'esp&egrave;re que son s&eacute;jour en enfer se fait avec une mini-jupe et que des g&eacute;ants immondes le forcent de leurs mains sales.<br /><br />Revenons &agrave; <strong>Maxime Le Forestier</strong> qui, baignant peut-&ecirc;tre dans la fange de Kernoa, a os&eacute; signer "<strong>La poup&eacute;e" en 1975.</strong> Il y &eacute;voque une enfant de 15 ans : "Quand elle a pos&eacute;, son corps de poup&eacute;e, contre le mien, dans une chambre, elle ignorait tout&hellip; Quand j'ai fait l'amour, avec l'enfant devenue femme." Mais, mais Maxime&hellip; Qu'est-ce qui s'est pass&eacute; dans ta t&ecirc;te, dans ton slip kangourou ? Influence de tes copains qui disaient il est interdit d'interdire ? &Agrave; c&ocirc;t&eacute; de la plaque surtout si c'est autobiographique. Le fait que dans la chanson la relation semble durer sur plusieurs ann&eacute;es, n'excuse rien d'un acte r&eacute;pugnant. Au contraire, c'est faire perdurer cette emprise qui marquera toute une vie.<br /><br /><strong>Michel Sardou, &ldquo;Je veux l'&eacute;pouser pour un soir" (1974).</strong> Euh l&agrave;, vraiment on a vraiment envie de demander &agrave; Michel ce qui s'est pass&eacute; dans sa t&ecirc;te pour mettre la force de son interpr&eacute;tation dans une chanson qui r&eacute;ussit &agrave; &eacute;voquer en quelques phrases : la p&eacute;dophilie ("Je voudrais aimer une enfant, une fianc&eacute;e de hasard, que je croiserais en passant, dans un gala de quelque part"), l'inceste ("Je voudrais aimer une enfant, qui me ressemblerait un peu, qui saignerait du m&ecirc;me sang"). Le tout sur une conclusion assum&eacute;e de viol et de traumatisme ("Je veux l'&eacute;pouser pour un soir, mettre le feu &agrave; sa m&eacute;moire"). Des paroles sign&eacute;es sous la chaleur des Alpes-Maritimes autour de la piscine du chanteur et d'une bi&egrave;re fra&icirc;che par Michel lui-m&ecirc;me et Claude Lemesle. Sardou voulait &eacute;voquer les jeunes fans qui sont folles de lui. Acte manqu&eacute; s'il en est, puisqu'il semble plus &eacute;voquer des pulsions non contr&ocirc;l&eacute;es.<br /><br /><strong>Serge Gainsbourg, &ldquo;Ballade de Melody Nelson" (1971). </strong>Album concept qui musicalement vaut le d&eacute;tour. &Eacute;chec commercial qui le rend encore plus int&eacute;ressant &agrave; &eacute;couter, &agrave; diss&eacute;quer. On conna&icirc;t le talent de Serge Gainsbourg pour jouer avec les mots et choquer. On ne peut s'emp&ecirc;cher de penser aux petits seins de bak&eacute;lite de Sea Sex &amp; Sun. Et on sait &eacute;viter la fausse pol&eacute;mique de Lemon Incest. Malheureusement c&rsquo;est Melody Nelson qui p&ecirc;che par un d&eacute;tail : elle n'a que 15 ans. Limite toujours&hellip; Et certainement que l'histoire compl&egrave;te aurait &eacute;t&eacute; tout aussi int&eacute;ressante qu'elle ait eu 18, 21 ou 35 ans. D&eacute;sol&eacute; Serge, m&ecirc;me toi tu auras succomb&eacute; au mauvais non-conformisme. Malgr&eacute; ce qu&rsquo;on aimerait faire croire, la jeunesse n&rsquo;est pas le symbole de la libert&eacute;. La jeunesse c&rsquo;est l&rsquo;espoir. En le for&ccedil;ant, on le brise.<br /><br />Un autre<strong> Serge : Lama</strong> a donn&eacute; son obole p&eacute;dophile sur un texte d'Alice Dona, excusez-moi du peu. En <strong>1974, "Chez moi"</strong> raconte l'histoire d'un adulte qui attire une fille chez lui en affirmant que ce n'est plus l'&acirc;ge de jouer &agrave; la poup&eacute;e et qu'il vaut mieux que ce soit lui qui lui fasse sa f&ecirc;te plut&ocirc;t "qu'un jeune maladroit, te fasse mal sans le vouloir vraiment, oh oui, m&eacute;fie-toi des jeunes amants". Bah alors mon petit Serge, toi aussi, tu as particip&eacute; &agrave; cette ambiance l&eacute;g&egrave;rement y&eacute;y&eacute;e d&eacute;jant&eacute;e o&ugrave; l'on pr&eacute;f&egrave;re chanter la libert&eacute; de m&oelig;urs tant que les dogmes bourgeois et la religion sont bouscul&eacute;s.<br /><br /><strong>Hubert-F&eacute;lix Thi&eacute;faine, "Enferm&eacute; dans les cabinets (avec la fille mineure des 80 chasseurs)" (1979)</strong>. Chanson dr&ocirc;le qui ne mentionne pas un &acirc;ge qui aurait pu &ecirc;tre trop bas. Il n'y a gu&egrave;re que le titre qui fait mention d'une fille mineure mais rien d'ill&eacute;gal. Le rock &amp; roll de Thi&eacute;faine&hellip;<br /><br /><strong>En 1970, L&eacute;o Ferr&eacute; avec "Petite"</strong> commet l'irr&eacute;parable. Dans cette qu&ecirc;te &eacute;perdue de d&eacute;fier les dogmes, il se fourvoie et se perd dans les m&eacute;andres tortueux de l'attirance d'une petite fille qui joue au cerceau et qu'il regarde sortir de la cour d'&eacute;cole. Avec une conclusion de chanson qui pose question : "Quand sous ta robe il n'y aura plus le Code P&eacute;nal". Car m&ecirc;me s'il ne semble pas passer &agrave; l'acte, on sent bien que son &ecirc;tre bascule vers l'envie de d&eacute;vorer la candeur. Pourtant Ferr&eacute; lui-m&ecirc;me a &eacute;t&eacute; victime d'un pr&ecirc;tre p&eacute;dophile durant son enfance lorsqu'il &eacute;tait pensionnaire en Italie &agrave; l'&acirc;ge de 9 ans. Un manque de clairvoyance qui ajoute une couche d'incompr&eacute;hension pour cet opus. Le stupide L&eacute;o qui souhaitait "d&eacute;constitutionnaliser le foutre" et qui fait parti de cette foule d'intellectuels qui a vraiment jet&eacute; le b&eacute;b&eacute; avec l'eau du bain. Cette m&ecirc;me caste qui a glorifi&eacute; Matzneff. C'est fou ce qu'on peut faire comme conneries quand on pense avoir raison. Avec le temps va, tout ne s'en va pas. Il reste un peu de bile au fond de la gorge.<br /><br /><strong>Georges Moustaki, "Fugue en la mineure" (1979).</strong><br />D&eacute;j&agrave;, &agrave; la base, je n'appr&eacute;cie pas Moustaki. Ni sa voix lancinante, ni ses textes. Mais on peut respecter l'homme. Sauf l&agrave;. Et au final ce n'est presque pas une surprise quand dans sa pens&eacute;e libertaire il ose &eacute;voquer qu'accueillir et faire l'amour &agrave; une mineure de 15 ans est vu comme un d&eacute;lit et que la mar&eacute;chauss&eacute;e vient l'arr&ecirc;ter. Je suis tellement d&eacute;pit&eacute; que je ne m'&eacute;tends pas sur l'ensemble d'une carri&egrave;re &agrave; c&ocirc;t&eacute; de la plaque. Et je sais que je vais me mettre &agrave; dos pas mal d'aficionados de Brassens, Ferr&eacute;, Reggiani, Moustaki&hellip; Qui n'est pour moi qu'une g&eacute;n&eacute;ration has been et inutile.<br /><br />Chanteur suisse,<strong> Gaston Schaefer est explicite avec "Elle n'a peut-&ecirc;tre pas 15 ans" (1976)</strong> : "Elle n'a peut-&ecirc;tre pas 15 ans, allez savoir avec elle, elle trouve l'amour amusant, amusant." &Agrave; noter que la majorit&eacute; sexuelle en Suisse &eacute;tait d&eacute;j&agrave; de 16 ans &agrave; cette &eacute;poque. Il y a donc un large d&eacute;passement de la limite l&eacute;gale.<br /><br /><strong>Daniel Balavoine "Les p'tits lolos" (1984)</strong> s'est fourvoy&eacute; aussi en &eacute;voquant celles que "l'on peut trouver &agrave; cinq heures, devant les &eacute;coles, les lolitas... amantes aim&eacute;es, aimantent les boussoles, les lolitas". Palabrons si vous voulez de l'&acirc;ge estim&eacute; des lolitas. En 1984, il &eacute;tait d&eacute;j&agrave; bien trop tard au niveau des mentalit&eacute;s pour &eacute;voquer cela. Avoir une pens&eacute;e de gauche n'excuse pas, une fois encore, d'avoir des penchants sexuels pour de trop jeunes &acirc;mes m&ecirc;me quand c'est elles qui aguichent. Et l&agrave;, en plus, il &eacute;voque les sorties d'&eacute;cole. Pas la horde de fans hurlante de ses concerts. Bref, encore un qui aurait d&ucirc; s'abstenir de faire l'h&eacute;licopt&egrave;re avec sa bite. Cet artiste encore regrett&eacute; car vu comme un ardent d&eacute;fenseur des enfants, notamment avec "Tous les cris, les SOS" que certains pensent comme une d&eacute;nonciation de l'inceste. Troublant, non ?<br /><br />Puisqu'on &eacute;voque les fans, tournons-nous vers le roi, que dis-je l'empereur des petites filles ador&eacute;es : Claude Fran&ccedil;ois. On le sait d&eacute;sormais, derri&egrave;re son exigence professionnelle il aimait beaucoup la chair fra&icirc;che. Il a m&ecirc;me dit en 1973 : "Moi je sais que je corresponds &agrave; une cat&eacute;gorie de filles d'un certain &acirc;ge. &Ccedil;a repr&eacute;sente cette esp&egrave;ce de fougue, de folie qu'il y a entre 14 et 18 ans. Et puis je suis obs&eacute;d&eacute; par la cat&eacute;gorie de filles qui vient me voir. Je les aime jusqu'&agrave; 17-18 ans, apr&egrave;s je commence &agrave; me m&eacute;fier. Dieu seul sait si j'ai des aventures au-del&agrave; de 18 ans bien s&ucirc;r&hellip; Heureusement. Mais apr&egrave;s 18 ans, je me m&eacute;fie parce que les filles commencent &agrave; r&eacute;fl&eacute;chir, elles ne sont plus naturelles." Et ses erreurs sont connues. D'une relation avec France Gall quand elle avait 17 ans (lui 25 ans). Il a eu une fille cach&eacute;e (Julie Bocquet, n&eacute;e 1977) dont la m&egrave;re avait 15 ans au moment de l'accouchement.<br />De plus, sous le pseudonyme de Fran&ccedil;ois Dumoulin il se prenait pour David Hamilton en photographiant des mineures pour son magazine Absolu et n'h&eacute;sitait pas &agrave; les consommer une par une ou deux par deux. Mais ce qui nous int&eacute;resse dans ce billet ne sont pas ses actes r&eacute;pr&eacute;hensibles mais ses chansons. Or il aura eu l'intelligence de ne pas &eacute;voquer ses frasques avec des mineures. Et c'est une des le&ccedil;ons de cette exploration : ce ne sont pas n&eacute;cessairement ceux qui en parlent qui agissent m&ecirc;me s'ils sont devenus le porte-voix de pens&eacute;es abjectes. Alors, non, on ne trouve rien dans "17 ans", "Belinda", ni "Pauvre petite fille riche" ou "Bye Bye petite Julie". Ne cherchez pas, faites-moi confiance, comme d'habitude. Le sale bonhomme a su rester discret.<br /><br />Par contre, &eacute;voquons<strong> France Gall en duo Maurice Biraud "la petite" (1967)</strong><br />Il n'y a gu&egrave;re d'ambigu&iuml;t&eacute; sur les paroles qui montrent bien que "la petite a bien grandi" et que "l'ami de papa" n'est pas indiff&eacute;rent aux charmes de la petite. Cette derni&egrave;re d'ailleurs semble tout &agrave; fait ouverte &agrave; apprendre de nouvelles choses. Les paroles en elles-m&ecirc;mes sont pro-p&eacute;dophiles car l'utilisation du mot "la petite" sous-entend qu'elle puisse &ecirc;tre tr&egrave;s jeune. Dans une interview r&eacute;alis&eacute;e par Claude Fran&ccedil;ois dans sa propre &eacute;mission, le 27 mai 1967, &ccedil;a devient encore pire. Maurice Biraud explique que cette chanson concerne "Francette" et lui, qu'ils se connaissent depuis longtemps, et que ce sont "les personnes qui ont l'esprit mal tourn&eacute;" qui jugent mal la chanson. Pourtant un gros clin d'&oelig;il de Maurice Biraud dit tout le contraire. France Gall avait alors 20 ans et &eacute;tait encore mineure rappelons-le et s&eacute;par&eacute;e de Claude Fran&ccedil;ois depuis deux ans. On a donc une chanson p&eacute;dophile &agrave; la limite de l'inceste et la complicit&eacute; d'un autre adorateur des jeunes filles pour justifier son existence tout en faisant un gros pied de nez &agrave; la morale. Les mots manquent mais vous pouvez vous faire votre id&eacute;e en visionnant cet extrait : https://www.youtube.com/watch?v=tGY2QhMaMtA<br /><br />Belle ann&eacute;e que <strong>1967, Michel Fugain </strong>ne rate pas le coche avec <strong>&ldquo;Fleurs de Mandarine&rdquo;</strong> . Ces derni&egrave;res ont entre quatorze et seize ans, d&eacute;j&agrave; femmes au fond de leurs yeux&hellip;". Le truc g&ecirc;nant c'est que la m&eacute;lodie est l&eacute;g&egrave;re et entra&icirc;nante. Beaucoup d'auditeurs commentent cette chanson avec nostalgie et les souvenirs heureux d'une enfance ensoleill&eacute;e. Si.<br /><br />Vous en voulez encore ? Vos tripes ne sont pas vid&eacute;es ? &Eacute;coutez donc <strong>C. J&eacute;r&ocirc;me "Femme enfant femme enfin" (1991) </strong>qui &eacute;voque la perte de la virginit&eacute; d'une jeune fille et d'un homme qui h&eacute;site &agrave; la prendre mais, comme d'habitude, c'est l'enfant qui prend la responsabilit&eacute; de l'acte en le rassurant. "Quelque chose l'appelle, vers des jeux moins innocents, elle laisse derri&egrave;re elle, toutes ses craintes d'enfant". Bien &eacute;videmment on ne parle pas d'&acirc;ge pour &eacute;viter un jugement ou une censure mais le terme "enfant" est bien suffisant pour savoir de quoi on parle. C'est une tendance malicieuse, ce go&ucirc;t pour une chair fra&icirc;che. Une fois de plus c'est la jeunesse qui attire et attise. Les adultes ne sont pas responsables. Paroles de Jean Roucas (oui celui du b&eacute;b&ecirc;te Show).<br /><br /><strong>Gilbert B&eacute;caud &eacute;crit et interpr&egrave;te : &ldquo;Une petite fille entre neuf et dix ans&rdquo; (1976).</strong> Il fait un aveu sans passer le pas : "Elle me regardait de ses yeux tr&egrave;s noirs, tr&egrave;s grands, qui ne m'ont pas quitt&eacute; pendant de longues secondes, elle me fascinait, elle me fascinait comme une femme".<br /><br /><strong>Jean-Luc Lahaye, &ldquo;Gamine&rdquo; (1989), </strong>&eacute;crit par Jean-Luc Lahaye himself. On ne devrait pas &ecirc;tre &eacute;tonn&eacute; qu'il figure dans cette cavalcade de mauvais go&ucirc;t : "D&egrave;s que je te touche, que tu m'offres ta bouche c&acirc;line, oh oh j'ai peur, gamine, gamine, peur de faire un r&ecirc;ve, que soudain il s'ach&egrave;ve, se termine, en femme mineure&hellip;" Lahaye d'horreur.<br /><br /><strong>Bernard Minet &ndash; Hey jolie petite fille (1990)</strong>, &eacute;crit par Jean-Luc Azoulay, "hey jolie petite fille est-ce que tu voudrais bien sortir avec moi ?", c'est quoi l'histoire ? Diffus&eacute; sur le club Doroth&eacute;e devant un parterre de jeunes de 11 ans&hellip; Mauvaise musique, mauvaises paroles, mauvais endroit, avec Jacky qui se dandine sur le clip. Minet qui sourit aux minettes&hellip;<br /><br />Et que s'est-il pass&eacute; en 1996 ? Bien apr&egrave;s les frasques de la r&eacute;volution sexuelle ? Bien apr&egrave;s les ringards des ann&eacute;es 60/70. On a l&agrave; une g&eacute;n&eacute;ration 80 qui d&eacute;rape.<br />Bien que cela ne soit pas &eacute;tonnant on a d'abord <strong>Doc Gyn&eacute;co "Viens voir le docteur" en 1996</strong> : "Tu viens d'avoir 15 ans, mmh int&eacute;ressant, ne dis rien &agrave; tes copines, je ne dirai rien &agrave; tes parents, mais si tu acceptes ces conditions, on jouera &agrave; des jeux polissons". La limite des 15 ans permet donc &agrave; n'importe qui de faire passer &agrave; l'acte des jeunettes. Alors pourquoi ce besoin de secret puisque ce serait autoris&eacute; ?<br /><br /><strong>&Eacute;tienne Daho, "Quand tu m'appelles &Eacute;den" (1996)</strong>, &eacute;crit par &Eacute;tienne Daho. C'est tellement &agrave; c&ocirc;t&eacute; de la plaque que l&rsquo;on pourrait penser &agrave; un deep fake : "je suis ton sugar daddy, tu viens d'un pays o&ugrave; les petits rois et les petites reines ont un petit bl&egrave;me avec la morale chr&eacute;tienne ant&eacute;diluvienne&hellip;avec leurs zones &eacute;rog&egrave;nes, mon hallucinog&egrave;ne, ph&eacute;nom&egrave;ne, oh vraiment j'aime beaucoup, quand tu m'appelles Eden". Comment une chanson aussi bien produite, d'un album extraordinaire peut-elle ainsi &eacute;voquer le tourisme sexuel de mani&egrave;re quasi explicite sans garde-fou, sans une rime qui &eacute;voque une d&eacute;nonciation ? Mon esprit implose face &agrave; une telle absurdit&eacute;. Difficile de parler de minorit&eacute; si ce n'est "petit roi et petite reine" et "sugar daddy" cependant. On peut essayer de se d&eacute;p&ecirc;trer de cette situation en pr&eacute;textant autre pays, autre culture, autres m&oelig;urs. Mais cela semble peu suffisant, surtout en 1996. On a eu &Eacute;tienne Daho, on conna&icirc;t &Eacute;den Denbas d&eacute;sormais. On semble perdre le sens des r&eacute;alit&eacute;s dans l'artistique. Ce n'est plus quelques titres qui peuvent faire d&eacute;bat mais une fa&ccedil;on syst&eacute;mique o&ugrave; tout est acceptable car "c'est de l'art" sans le sens des responsabilit&eacute;s. Selon &Eacute;tienne Daho lui-m&ecirc;me c'&eacute;tait son album r&ecirc;v&eacute; et ce titre en particulier qui a donn&eacute; l'impulsion de tout l'album. Je le croyais timide et &eacute;vanescent, il s'av&egrave;re qu'&Eacute;tienne est tomb&eacute; pour le rance.<br /><br />Un ovni de par ses paroles mais surtout de par sa date de sortie. Mais qu'est-il arriv&eacute; &agrave; <strong>Garou pour qu'il chante "Criminel" en 2000 </strong>? "Mais m&eacute;fiez-vous de la femme-enfant, m&eacute;fiez-vous de ses quatorze ans, &agrave; cause d'elle, on m'appelle criminel". Je vous laisse quelques secondes pour lire, comprendre et vous estomaquer. Garou s'est d&eacute;fendu concernant cette chanson : "Les intentions de Luc Plamondon (le parolier), pas plus que les miennes, n'&eacute;taient n&eacute;gatives. Cette chanson est un avertissement aux tr&egrave;s jeunes filles : je joue le r&ocirc;le d'un homme aux mauvaises intentions pour mieux les mettre en garde." Bah voyons. Personne ne se dit que cela peut aussi &ecirc;tre tr&egrave;s bien lu au premier degr&eacute; et que, surtout, il n'y a aucune parole dans le texte qui pourrait &ecirc;tre comprise comme la morale de l'histoire. Pire : la mise en garde, une fois encore, est envers les jeunes filles qui aguichent. Les paroles auraient pu &ecirc;tre "Femme, enfant, m&eacute;fie-toi, &agrave; quatorze ans, tu attires les criminels". Mais c'est moins sulfureux, n'est-ce pas ?<br /><br />Et parsem&eacute; de-ci de-l&agrave; quelques allusions salaces qui posent questions.<br />Par exemple <strong>Christophe "Petite fille du soleil".</strong> Ne parle-t-on pas l&agrave; d'un adulte qui quitte une enfant au petit jour dans des d&eacute;lires d'allusions sexuelles ?<br /><strong>Sardou "10 ans plus t&ocirc;t" </strong>g&ecirc;nante car elle sous-entend encore que c'est la petite nana excit&eacute;e qui vient troubler le pauvre adulte.<br />De quoi parle <strong>Brassens dans "Concurrence d&eacute;loyale" (1966)</strong> "Y a ces gamines de malheur, ces gosses qui, tout en su&ccedil;ant leur pouce de fillette, se livrent au d&eacute;tournement de majeur et, v&eacute;nalement, troussent leur layette."<br />Dalida "Il venait d'avoir 18 ans" avec son "beau comme un enfant, fort comme un homme" qui est troublant car je me demande ce que l'on peut trouver d'attirant sexuellement chez un enfant.<br />Certains traduisent les paroles de Carlos : le papayoul&eacute;l&eacute; serait son sexe qu'il pr&eacute;sente &agrave; sa ma&icirc;tresse. Cette derni&egrave;re dit : ne le montre pas, garde-le pour moi. Entre la p&eacute;dophilie et le grivois il n'y a qu'un pas. De m&ecirc;me pour le tirlipimpon qui ne se cache pas beaucoup son sens.<br /><br />Bien s&ucirc;r on a en t&ecirc;te : les sucettes &agrave; l'anis chant&eacute; par France Gall sur une chanson sign&eacute;e Serge Gainsbourg. Pas vraiment promotion de la p&eacute;dophilie mais en tout cas jouant sur l'innocence, ou les jeunes filles qui aguichent.<br />Dans le m&ecirc;me registre une parenth&egrave;se bizarre est celle de &ldquo;Lolita&rdquo; interpr&eacute;t&eacute;e par Alyz&eacute;e en 2000. Soit disant inspir&eacute; du roman Lolita de Vladimir Nabokov qui &eacute;voque p&eacute;dophilie et inceste entre une homme de 37 ans et une fille de 12 ans. Chez Pivot, Nabokov prend bien position &ldquo;Lolita n'est pas une jeune fille perverse, c'est une pauvre enfant que l'on d&eacute;bauche, dont les sens ne s'&eacute;veillent jamais sous les caresses de l'immonde monsieur Humbert&rdquo;. Un roman publi&eacute; en 1955, qui a connu le succ&egrave;s, qui explicite tr&egrave;s bien l&rsquo;emprise, la manipulation et surtout l&rsquo;obsession d&rsquo;un adulte pr&eacute;dateur (plusieurs m&ecirc;me). J&rsquo;appr&eacute;cie Boutonnat et Farmer, &eacute;norm&eacute;ment, c&rsquo;est toute ma jeunesse. Mais il y a une erreur entre son propre v&eacute;cu de &ldquo;libertine&rdquo; et le plaquer sur une tierce personne , en l&rsquo;occurence Alyz&eacute;e. Et surtout faire irradier L&rsquo;interpr&egrave;te d&rsquo;une aura hypersexuelle en pr&eacute;textant, l&agrave; encore, qu&rsquo;on parle d&rsquo;innocence et de libert&eacute;. A l&rsquo;inverse de la d&eacute;monstration de Nabokov. Mais si je berce dans la litt&eacute;rature, je vais me perdre&hellip;<br /><br />Tout le monde n'est pas n&eacute;cessairement sensible aux &eacute;ph&egrave;bes. Par extension, on donne quand m&ecirc;me une l&eacute;gitimit&eacute; aux pulsions que pouvaient ressentir les adultes avec les mineurs. Et, surtout on attribue la responsabilit&eacute; &agrave; ces enfants trop attirants,&nbsp; d&rsquo;attiser les plus grands. On le dit que c'est leur regard, leur corps et leur pulsion qui se tournaient vers l'adulte.<br />Bref, il faut que j'arrive &agrave; mon &acirc;ge presque canonique pour m'apercevoir qu'il y a de quoi vomir avec toute une frange artistique qui s'est fourvoy&eacute;e dans la p&eacute;dophilie.<br />On peut l&rsquo;&eacute;voquer dans d'autres domaines : la peinture, le cin&eacute;ma et la litt&eacute;rature. Ce sera suffisant pour aujourd'hui pour que je me batte contre des nuages noirs qui hantent mon esprit.<br /><br /><strong>Reste une question lancinante qui fait battre mes tempes : pourquoi personne ne fait de mea culpa ?</strong> Pourquoi ne dit-on pas "oui c'&eacute;tait une grosse connerie de signer une chanson pareille ?". On se contente comme Bernard Pivot pour Matzneff de dire "c'&eacute;tait dans l'air du temps" pour se d&eacute;douaner. Personne n'est donc responsable ? Je peux pardonner une erreur surtout celle qui est incit&eacute;e par une &eacute;poque ou une tendance enti&egrave;re. Parce qu'on n'a pas toujours les rep&egrave;res, la maturit&eacute; et la r&eacute;flexion &agrave; un moment donn&eacute;. Parce qu'on croit que l'on va offrir un message qui correspond &agrave; une p&eacute;riode, &agrave; un moment. Et pourtant. Cela vous arracherait la bouche de dire "j'ai eu tort" ? L'espace d'un instant. Accepter que l'on se soit perdu sans se rendre compte ? Et je ne parle pas seulement des artistes sus-nomm&eacute;s mais aussi et surtout cette frange intellectualiste qui a ouvert le champ des possibles pour que s'engouffre une horde de violeurs aux id&eacute;es courtes.<br /><br />Ne nous &eacute;tonnons pas, plus tard, que ces enfants balancent leurs porcs, les vieux d&eacute;gueulasses avec l'eau de la Sc&egrave;ne. En manquant de discernement. Mais qui a commenc&eacute; ?<br />Et enfin, soyons modestes nous aussi dans ce moment pr&eacute;sent. On parle consentement &eacute;clair&eacute;, responsabilit&eacute;, blablabla&hellip; restons ouverts, non dogmatiques. De la m&ecirc;me fa&ccedil;on, les jeunes de la nouvelle sc&egrave;ne qui pensent faire un nettoyage d'un vieux SM mais qui ne sont que des consommateurs de kinks en croyant l&agrave; aussi avoir trouv&eacute; la cl&eacute;, la solution, la v&eacute;rit&eacute; des pratiques BDSM.<br /><br />Il y a des voyages qui salissent, qui ne font pas grandir. Des qui tirent en arri&egrave;re, vous font perdre foi en l'humanit&eacute;. Pris par surprise par cette exploration musicale, c'est un nuage sombre qui plane sur moi. Comment vais-je arriver &agrave; me nettoyer de cette boue pseudo-culturelle et ces paroles gluantes qui sont entr&eacute;es dans mes oreilles et qui parasitent mon esprit et mon c&oelig;ur ?<br /><br />De la deep electro peut-&ecirc;tre&hellip; Sans paroles.<br /><br />R&eacute;f&eacute;rences :<br /><a href="https://www.youtube.com/watch?v=-Xq4Bzw6Lww,%20et%20https://www.femmeactuelle.fr/actu/news-actu/claude-francois-son-gout-irraisonne-pour-les-mineures-de-13-ans-2121226%0A" target="_blank">Claude Fran&ccedil;ois et les jeunes filles</a><br />&#8203;<br />Je ne saurais trop vous conseiller de <a href="https://plateformejonas.fr/articles/%20" target="_blank">visiter le site Jonas</a> qui, sans &ecirc;tre exhaustif, est une excellente base d'information sur la p&eacute;dophilie.<br />&#8203;<br /><a href="https://jefka.over-blog.com/article-31487912.html" target="_blank">L&eacute;o Ferr&eacute; expliqu&eacute;</a>&nbsp;sur "Petite"<br /><br /><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lolita](https://fr.wikipedia.org/wiki/Lolita" target="_blank">Lolita de Vladimir Nabokov</a><br /><br />PS : malgr&eacute; ce que l'on pourrait croire certaines chansons ne sont PAS des glorifications de la p&eacute;dophilie. Bien au contraire. Claude Nougaro, C&eacute;cile, ma fille. Christian Delagrange, Petite fille. Fran&ccedil;ois Feldman : Joy. De m&ecirc;me que Lemon Incest a &eacute;t&eacute; totalement con&ccedil;u pour choquer en jouant avec les limites de la d&eacute;cence par un Gainsbourg en mal de reconnaissance.</div> <hr style="width:100%;clear:both;visibility:hidden;"></hr>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Les mots écartelés : la violence]]></title><link><![CDATA[https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/les-mots-ecarteles-la-violence]]></link><comments><![CDATA[https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/les-mots-ecarteles-la-violence#comments]]></comments><pubDate>Wed, 15 Oct 2025 16:39:34 GMT</pubDate><category><![CDATA[Uncategorized]]></category><guid isPermaLink="false">https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/les-mots-ecarteles-la-violence</guid><description><![CDATA[Orange Mécanique, Stanley Kubrick, 1971 Ma soumise et moi avons une fiche sur un site de rencontre libertin. Parce que nous sommes des &ecirc;tres pervers qui avons un f&eacute;tichisme particulier : on aime le sexe sous beaucoup de formes tant que c'est dans un contexte D/s. Oui, nous sommes des fous. Et donc nous avons une passerelle qui nous permet de rencontrer des couples idem : ceux qui m&eacute;langent all&egrave;grement libertinage et BDSM. Je dis cela de mani&egrave;re presque honteuse [...] ]]></description><content:encoded><![CDATA[<span class='imgPusher' style='float:left;height:0px'></span><span style='display: table;width:auto;position:relative;float:left;max-width:100%;;clear:left;margin-top:0px;*margin-top:0px'><a><img src="https://www.le-fouet-et-la-plume.com/uploads/1/0/0/8/100855846/published/orange-me-canique-stanley-kubrick-1971.webp?1760547733" style="margin-top: 5px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 10px; border-width:1px;padding:3px; max-width:100%" alt="Image" class="galleryImageBorder wsite-image" /></a><span style="display: table-caption; caption-side: bottom; font-size: 90%; margin-top: -10px; margin-bottom: 10px; text-align: center;" class="wsite-caption">Orange M&eacute;canique, Stanley Kubrick, 1971</span></span> <div class="paragraph" style="display:block;">Ma soumise et moi avons une fiche sur un site de rencontre libertin. Parce que nous sommes des &ecirc;tres pervers qui avons un f&eacute;tichisme particulier : on aime le sexe sous beaucoup de formes tant que c'est dans un contexte D/s. Oui, nous sommes des fous. Et donc nous avons une passerelle qui nous permet de rencontrer des couples idem : ceux qui m&eacute;langent all&egrave;grement libertinage et BDSM. Je dis cela de mani&egrave;re presque honteuse car on rencontre de plus en plus de duos (en munch et autres) qui pratiquent beaucoup de choses sans "g&eacute;nitalit&eacute;&rdquo;. Un mot que je d&eacute;teste alors que j'adore "nonobstant" (qui n'a rien &agrave; voir). Bref, chez nous, plaisir et discipline se m&ecirc;lent intimement.<br /><br />Ainsi, il n'est pas rare de voir dans les annonces ou les &eacute;changes avec des couples (outre qu'ils ne veulent rien de "crade") que beaucoup rejettent toute forme de "violence". Et je dois avouer que c'est tr&egrave;s vexant d'&ecirc;tre catalogu&eacute; a priori dans une cat&eacute;gorie qui fait souffrir brutalement de pauvres soumises.</div> <hr style="width:100%;clear:both;visibility:hidden;"></hr>  <div>  <!--BLOG_SUMMARY_END--></div>  <div class="paragraph">Alors que c'est franchement le contraire. Quand on liste les fondamentaux de nos pratiques (consentement, responsabilit&eacute; du dominant, observation constante de l'&eacute;tat psychologique et physique, safeword), les conditions sont r&eacute;unies pour que la brutalit&eacute; soit inexistante. (Oui, je me doute que certains d'entre vous souhaitent faire le b&eacute;mol que ces crit&egrave;res DEVRAIENT &ecirc;tre l'apanage de toute pratique et que nombre de dominant(e)s ne sont pas tous &agrave; leur hauteur. B&eacute;mol fait.)<br /><br />Paradoxe r&eacute;v&eacute;lateur : une libertine accepte sans trop de probl&egrave;me une bonne levrette claqu&eacute;e par surprise mais rejette le principe la "violence" BDSM pourtant n&eacute;goci&eacute;e en amont. Ce paradoxe illustre l'inad&eacute;quation de notre vocabulaire. Ce qui est spontan&eacute; et non pr&eacute;par&eacute; serait acceptable, tandis que ce qui est discut&eacute;, consenti et encadr&eacute; serait violent ? Tout cela parce qu&rsquo;on se trompe sur l&rsquo;impression de l&rsquo;intensit&eacute;.<br /><br />Pourtant on pourrait dire que le BDSM est violent. Mais pas comme on le pense a priori.&nbsp;<br /><br />Violence vient du latin violentia compos&eacute; de "vis" : la force (force brute, puissance physique mais aussi vertu, valeur morale chez les Romains) avec le suffixe "lentia" qui marque l'intensit&eacute;. Donc violentia d&eacute;signe l'intensit&eacute; d'une force, sans connotation n&eacute;cessairement n&eacute;gative. Au fil du temps violence n'a gard&eacute; que des connotations d'agression, de contrainte et d'exercice du pouvoir SANS consentement.<br /><br />Quelques vestiges de ce sens originel se retrouvent dans des expressions comme "se faire violence". Les sportifs "se font violence" pour se d&eacute;passer, pour repousser leurs limites physiques et mentales. Personne n'y voit de la brutalit&eacute;. Dans le BDSM, c'est exactement la m&ecirc;me logique : un d&eacute;passement volontaire et consenti des seuils habituels de sensation. Pourtant, dans un cas on parle d'exploit, dans l'autre on crie &agrave; la sauvagerie.<br /><br />Mais la violence se rapproche le plus souvent dans le sens de violer les lois ou le droit, faire mal physiquement ou psychologiquement.&nbsp;<br /><br />Comme &agrave; mon habitude, je donne l'impression d'enfoncer des portes ouvertes. Bien s&ucirc;r que tout le monde pense comprendre ce que le mot violence veut dire et ce qu'il repr&eacute;sente.&nbsp;<br /><br />Regardons les choses en face et simplement : vu de l'ext&eacute;rieur, par les yeux non avertis des b&eacute;otiens, le BDSM peut sembler violent. Des corps marqu&eacute;s, des cris de douleurs autant que de plaisirs et souvent un m&eacute;lange des deux, des instruments qui claquent sur la peau. Les non-initi&eacute;s y voient de la brutalit&eacute;, de la sauvagerie, voire une forme de pathologie. La perception de la brutalit&eacute; fait peur et m&ecirc;me ceux et celles qui la subissent ont aussi sur le coup (c'est le cas de le dire) une sensation de douleur qui les fait regretter l'offrande de leur corps. C'est la perception imm&eacute;diate. La r&eacute;alit&eacute; est que la douleur est une immense vague qui emporte l'esprit, transcende le corps, amplifie les sensations et donne des bouff&eacute;es de chaleur qui transportent vers le n&eacute;ant ou l&rsquo;espace selon l'interpr&eacute;tation qu'on veut lui donner.<br /><br />Ainsi la violence est recherch&eacute;e, d&eacute;sir&eacute;e et n&eacute;goci&eacute;e.<br /><br />Au second degr&eacute;, et donc de mani&egrave;re semi consciente, il faut comprendre que le BDSM n'est pas la "violentia" au sens contemporain du terme, mais plut&ocirc;t dans ce que les Latins appelaient "intensitas" : l'&eacute;tat de ce qui est &eacute;nergique, spontan&eacute; et intense.<br /><br />Les dominants, fouetteurs, cravacheurs, fesseurs, martineurs et autres impacteurs (n&eacute;ologismes) ne sont donc pas des tortionnaires sans &acirc;me ni discernement. C'est m&ecirc;me totalement le contraire. Quand on pense consentement, quand on cultive le sens des responsabilit&eacute;s, quand on observe et v&eacute;rifie constamment aupr&egrave;s de sa soumise son &eacute;tat &agrave; la fois psychologique et moral, toutes les conditions sont r&eacute;unies pour que la brutalit&eacute; n'existe pas.&nbsp;<br /><br />La force est pr&eacute;sente certes, le son impressionne et les marques sont visibles. Les corps se dandinnent et les g&eacute;missements s'entendent. Mais c'est un ballet &eacute;rotique. Un art de l'intensit&eacute; o&ugrave; chaque r&eacute;action est observ&eacute;e. La violence per&ccedil;ue n'est que l'apparence. La r&eacute;alit&eacute; est celle d'une chor&eacute;graphie intime o&ugrave; la confiance remplace la crainte, o&ugrave; l'abandon se substitue &agrave; la contrainte.<br /><br />Michel Foucault le pense ainsi dans une interview &eacute;dit&eacute;e en en 1984&nbsp; : "L'id&eacute;e que le S/M est li&eacute; &agrave; une violence profonde, que sa pratique est un moyen de lib&eacute;rer cette violence, de donner libre cours &agrave; l'agression est une id&eacute;e stupide.Nous savons tr&egrave;s bien que ce que ces gens font n'est pas agressif ; qu'ils inventent de nouvelles possibilit&eacute;s de plaisir en utilisant certaines parties bizarres de leur corps - en &eacute;rotisant ce corps."<br /><br />Car, dans l&rsquo;absolu, ce n&rsquo;est peut-&ecirc;tre pas tant la violence qui impressionne que la peur qu&rsquo;elle soit r&eacute;v&eacute;latrice d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; malsain enfouis que l&rsquo;on ferait surgir sans contr&ocirc;le. Hors, la d&eacute;finition contemporaine du S/M devenu BDSm est que c&rsquo;est plus un d&eacute;veloppement personnel au travers de l&rsquo;&eacute;rotisation de pratiques en autour de la sexualit&eacute;. Un sorte de performance qui allie des pratiques diverses autour du corps et de l&rsquo;esprit. En tout cas, dans un &eacute;tat d&rsquo;esprit bienveillant, fusionnel avec l&rsquo;autre et surtout maitris&eacute;.<br />Digression rapide : Et vous comprenez pourquoi, l&agrave; encore, je suis en d&eacute;saccord avec ceux qui se revendiquent &ldquo;primaux&rdquo; ou &ldquo;primales&rdquo; et autre vocabulaire associ&eacute; (voire mon article sur alpha, primal). Il faut &eacute;viter de donner du grain &agrave; moudre &agrave; ceux qui peuvent penser qu&rsquo;il y a quelques chose de n&eacute;gatif en nous que l&rsquo;on sort de mani&egrave;re incontr&ocirc;l&eacute;e et sauvage.<br /><br /><strong><font size="5">Violence psychologique : Verba acutiora gladiis (les mots sont plus tranchants que les &eacute;p&eacute;es)</font></strong><br /><br />Moins &eacute;vidente, la violence dans le BDSM peut &ecirc;tre aussi psychologique comme dans la vie de tous les jours. Elle est plus subtile et pourtant elle doit &ecirc;tre mani&eacute;e avec encore plus de discernement. Par exemple la forniphilie qui transforme l'&ecirc;tre aim&eacute; en simple meuble, l'attente qui &eacute;tire le temps jusqu'&agrave; l'insupportable, les mots crus qui cassent l'ego, l'humiliation qui touche l'esprit autant que le corps. Ces pratiques sont tout autant dures pour l&rsquo;esprit et donc le forge aussi. Et, comme beaucoup ont pu y assister dans des donjons, des spectacles ou des films, ces pratiques peuvent para&icirc;tre cruelles. Pourtant, l&agrave; encore, quand on sait pourquoi on les pratique et avec quelles finalit&eacute;s, l'aspect ext&eacute;rieur ne r&eacute;v&egrave;le en rien les vraies sensations de la soumise (ou du soumis). La sensation de d&eacute;nuement, des ordres qui humilient mais qui excitent en m&ecirc;me temps, l'impression forte d'appartenir sont autant de facettes de plaisirs profonds.<br /><br />La d&eacute;monstration de cette analyse est que ce qui ressemble le plus &agrave; de la violence devient, sous l'&eacute;gide du consentement &eacute;clair&eacute;, un acte sinon d'amour au moins bienveillant, pour encourager &agrave; se d&eacute;passer.&nbsp;<br /><br />Dans le BDSM pratiqu&eacute; avec responsabilit&eacute;, on avise en amont les d&eacute;sirs et les limites, et chaque session est ponctu&eacute;e de points de contr&ocirc;le et finalis&eacute;e d'un debriefing et d'un aftercare attentionn&eacute;. On le r&eacute;p&egrave;te &agrave; chaque texte : si on enl&egrave;ve une part d'humanit&eacute; &agrave; sa soumise on doit la lui rendre. Si on ab&icirc;me un tant soit peu l'&eacute;piderme, on doit le r&eacute;parer, r&eacute;chauffer et enfin faire rayonner la personnalit&eacute;. Le dominant doit v&eacute;rifier constamment l'&eacute;tat physique et moral de son ou sa partenaire et doit moduler l'intensit&eacute; selon les r&eacute;actions observ&eacute;es. Nous sommes dans l'accompagnement de l'exploration des sensations extr&ecirc;mes comme un guide exp&eacute;riment&eacute; supervise l'ascension d'un sommet p&eacute;rilleux. Et, &agrave; ce moment, la violence n'est qu'un th&eacute;&acirc;tre de l'intimit&eacute;. Et certaines y verront m&ecirc;me une exhibition qui intensifie le plaisir. Pas tant par la violence subie que par celle qui est per&ccedil;ue.<br /><br />Alors pourquoi cette persistance regrettable du terme "violence" dans le jugement sur le BDSM ? Premi&egrave;rement parce que ceux qui observent de loin utilisent un vocabulaire inad&eacute;quat qui prolonge une image sulfureuse, quelquefois pour s'en moquer, mais le plus souvent pour le critiquer. Ensuite, les m&eacute;dias et les r&eacute;seaux privil&eacute;gient le sensationnalisme : "violence sexuelle" g&eacute;n&egrave;re plus de clics que "intensit&eacute; consensuelle". Il demeure plus ais&eacute; d'attirer par le sulfureux que de nuancer.<br /><br />Ensuite, nous en sommes aussi les fautifs et les b&eacute;n&eacute;ficiaires. Avouons-le : on aime &agrave; penser que nos pratiques sont en marge, un peu limites et donc que nous surfons sur la violence &agrave; l'instar d'une grande partie de notre vocabulaire qui fait appel &agrave; des images fortes : ordres, impact, contrainte, force, etc.<br /><br />Nous gagnerions &agrave; combattre le terme violence pour lui en pr&eacute;f&eacute;rer d'autres : intensit&eacute; ou sensation extr&ecirc;me. Car la violence dans son sens moderne, celle qui meurtrit l'&acirc;me autant que le corps, ne doit pas &ecirc;tre la description de ce que l'on vit.&nbsp;<br /><br /><font size="5">Conclusion : Ultra limites, se ipsum (Au-del&agrave; des limites, soi-m&ecirc;me)</font><br /><br />Le BDSM explore les territoires les plus intenses de la sensation et de l'&acirc;me humaine. Certes, il peut laisser des traces temporaires sur les corps et des souvenirs tout aussi marquants. Le D/s m&egrave;ne l&agrave; o&ugrave; d'autres n'osent s'aventurer. Mais l'intensit&eacute; n'est pas la violence, pas plus que la chirurgie n'est une mutilation ou la varappe un suicide.&nbsp;<br /><br />La seule violence v&eacute;ritable demeure celle qui bafoue le consentement et m&eacute;prise la s&eacute;curit&eacute;. Tout le reste n'est qu'intensit&eacute; partag&eacute;e, art de porter les sensations &agrave; leur paroxysme.<br /><br />Ethan<br /><br />Ref : Michel Foucault,<a href="http://1libertaire.free.fr/MFoucault213.html" target="_blank"> une interview : sexe, pouvoir et la politique de l'identit&eacute;</a> &raquo; dans Dits et &eacute;crits, tome IV (1980-1988), Paris, Gallimard, &laquo; Biblioth&egrave;que des sciences humaines &raquo;, 1994, Texte n&deg; 358&nbsp;</div>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Et si on éradiquait la punition  (partie 3)]]></title><link><![CDATA[https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/et-si-on-eradiquait-la-punition-partie-3]]></link><comments><![CDATA[https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/et-si-on-eradiquait-la-punition-partie-3#comments]]></comments><pubDate>Wed, 25 Jun 2025 14:03:04 GMT</pubDate><category><![CDATA[Uncategorized]]></category><guid isPermaLink="false">https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/et-si-on-eradiquait-la-punition-partie-3</guid><description><![CDATA[ Apr&egrave;s avoir publi&eacute; les deux premiers textes sur la punition, certains commentaires am&egrave;nent &agrave; penser que la punition reste mal comprise. Surtout que je l'ai surtout trait&eacute;e comme faisant partie int&eacute;grante du BDSM. Un postulat peut &ecirc;tre faux. Peut-on imaginer un BDSM SANS punition ? Aussi bizarre que cette question apparaisse (genre sujet du BAC de 1968 qui m&egrave;ne les jeunes sur les barricades) j'ai envie de dire un grand "oui mais&hellip;". Mo [...] ]]></description><content:encoded><![CDATA[<span class='imgPusher' style='float:left;height:0px'></span><span style='display: table;width:298px;position:relative;float:left;max-width:100%;;clear:left;margin-top:0px;*margin-top:0px'><a><img src="https://www.le-fouet-et-la-plume.com/uploads/1/0/0/8/100855846/published/judge-dredd-1.jpg?1750860595" style="margin-top: 5px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 10px; border-width:1px;padding:3px; max-width:100%" alt="Image" class="galleryImageBorder wsite-image" /></a><span style="display: table-caption; caption-side: bottom; font-size: 90%; margin-top: -10px; margin-bottom: 10px; text-align: center;" class="wsite-caption"></span></span> <div class="paragraph" style="display:block;">Apr&egrave;s avoir publi&eacute; les deux premiers textes sur la punition, certains commentaires am&egrave;nent &agrave; penser que la punition reste mal comprise. Surtout que je l'ai surtout trait&eacute;e comme faisant partie int&eacute;grante du BDSM. Un postulat peut &ecirc;tre faux. Peut-on imaginer un BDSM SANS punition ? Aussi bizarre que cette question apparaisse (genre sujet du BAC de 1968 qui m&egrave;ne les jeunes sur les barricades) j'ai envie de dire un grand "oui mais&hellip;". Moi-m&ecirc;me je l'utilise peu et de mani&egrave;re douce. Il ne faut pas se tromper : si on consid&egrave;re une punition comme une sanction, faire la le&ccedil;on avec une grande bouche comme la mienne qui ass&egrave;ne, des minutes durant, des arguments de vieux con qui sait tout, c'est aussi violent qu'une punition physique.&nbsp;</div> <hr style="width:100%;clear:both;visibility:hidden;"></hr>  <div>  <!--BLOG_SUMMARY_END--></div>  <div class="paragraph">Alors, supprimons la punition. Allez hop. D&eacute;j&agrave; que la fess&eacute;e pour les enfants est mal vue et que les mettre au coin c'est de la maltraitance, pourquoi faire perdurer cette habitude patriarcale ? On a bien &eacute;radiqu&eacute; le droit de cuissage (qui n'a jamais exist&eacute;) et enlev&eacute; la promotion canap&eacute; pour la changer en chantage sexuel. Bref, pendant qu'on y est, supprimons la punition dans le BDSM.&nbsp;<br /><br />Parce que la question elle est vite r&eacute;pondue et je vais vous &eacute;pargner tout le reste du texte : il n'y a pas obligation d'utiliser la punition dans la relation BDSM. Absolument pas. Point. Au m&ecirc;me titre que certains ne pratiquent pas l'ABDL, la scatophilie, les aiguilles ou le branding. De la m&ecirc;me fa&ccedil;on que d'autres ne s'exhibent pas ou n'ont pas de relation sexuelle. Aussi bizarre que cela puisse para&icirc;tre certaines soumises ne sont absolument pas masochistes et ne supportent pas l'impact mais adorent le protocole et servir.&nbsp;<br /><br />On le dit, on le r&eacute;p&egrave;te, il n'y a pas de dogme, pas d'&eacute;cole du BDSM et dans cette s&eacute;rie de textes sur les Mots &Eacute;cartel&eacute;s je m'acharne &agrave; d&eacute;montrer qu'on utilise des termes dont l'histoire est souvent d&eacute;tourn&eacute;e voire &eacute;tymologiquement infond&eacute;e.<br /><br />Donc, la punition n'est PAS une obligation ni un incontournable.<br />Circulez.<br /><br />Et l&agrave;, au fond du lit portant un d&eacute;bardeur et une petite culotte en coton &eacute;cru en lisant son t&eacute;l&eacute;phone, ou sur sa petite chaise de bureau pendant sa pause sur l'ordinateur du bureau, je vois une soumise b&eacute;otienne dont le c&oelig;ur bat la chamade. R&ecirc;vant qu'un apollon en costume sombre lui fasse signe de se mettre sur ses genoux et lui dise "tu n'as pas &eacute;t&eacute; sage, je vais &ecirc;tre oblig&eacute; de te donner une fess&eacute;e". Et l&agrave;, elle lit "la punition n'est pas une obligation". Mais, mais&hellip;Tout part &agrave; vau-l'eau&hellip;<br /><br />Alors j'utilise une belle expression comme "partir &agrave; vau-l'eau" parce ce que si j'&eacute;cris "tout part en couille", je risque d'&ecirc;tre d&eacute;tect&eacute; par les IA de google qui vont censurer ce texte. Mais l'id&eacute;e est quand m&ecirc;me l&agrave; : tout part en vau-couille, vous l'avez compris.<br />Le pire c'est qu'&eacute;crire "partir en vau-couille" est correct puisque que vau est de la m&ecirc;me origine qu'aval : vers la vall&eacute;e, contraire d'amont, vers la montagne. Donc partir en vau-couille, partir dans le sens des couilles, est vraiment doublement correct (pour aval).<br />(J'esp&egrave;re que google s'est &eacute;trangl&eacute; avec mes couilles.)<br /><br />Bref, apr&egrave;s cette digression &eacute;tymologique, je reviens &agrave; cette imp&eacute;trante soumise qui r&ecirc;ve d'&ecirc;tre fess&eacute;e sur les genoux du dominant parfait et qui apprend par l'entremise de ce texte que, bah non, la punition n'est pas une obligation.&nbsp;<br /><br />Restez mouill&eacute;e mademoiselle. Continuez de serrer les cuisses en vous cambrant pour accentuer la pression p&eacute;rin&eacute;enne qui vous offre les pr&eacute;mices de plaisirs profonds. Car, oui, la punition LUDIQUE reste un incontournable. Toutes les fa&ccedil;ons possibles de vous faire ployer, vous sentir utilis&eacute;e et humili&eacute;e et surtout de sentir la force et la chaleur d'une main ferme ou d'une cravache cinglante, sont possibles sous l'&eacute;gide de phrases comme : "tu as d&eacute;sob&eacute;i, tu vas &ecirc;tre punie", ou "tu es une souillon, punition " et m&ecirc;me "tu es une chienne, tu vas sentir ta peine".<br />Oui &ccedil;a rime. Tant que c'est du jeu, on peut.<br /><br />Donc, parlons de la punition. La vraie, la violente. La punition dite &eacute;ducative face &agrave; sa version ludique.<br />Est-ce que la punition, outil s&eacute;culaire d'asservissement des masses, est indispensable dans le BDSM, instrument de lib&eacute;ration personnelle ? Il y a dans la continuit&eacute; ou l'arr&ecirc;t de cette pratique une mutation anthropologique qui questionne notre rapport &agrave; l'autorit&eacute; et &agrave; la conscience de soi.<br /><br /><strong><font size="5">Fausse punition et vraie endorphine</font></strong><br /><br />Contrairement aux punitions &eacute;tatiques qui visent &agrave; briser l'individu, la punition BDSM active des m&eacute;canismes neurochimiques sp&eacute;cifiques &agrave; l'instar des sessions d'impact. Lorsque la douleur est anticip&eacute;e et int&eacute;gr&eacute;e dans un cadre &eacute;rotique, le cerveau d&eacute;clenche une cascade d'endorphines qui transforme la souffrance en extase. Cette alchimie explique pourquoi certaines soumises d&eacute;veloppent une addiction &agrave; la punition. L'id&eacute;e de la faute commise et de l'humiliation vient s'ajouter &agrave; la punition physique et renforce un effet &eacute;rotico-chimique.<br /><br />Il est &eacute;vident que le trio punition/humiliation/plaisir est alors mal utilis&eacute; car il ne peut qu'encourager la r&eacute;cidive. Il faut cat&eacute;goriser cette fausse punition comme un jeu &eacute;rotique sans objectif disciplinaire puisqu'il a un effet contraire.<br /><br />Reste qu'on oublie que ce n'est pas tant la punition qui discipline mais le soulagement procur&eacute; par le pardon. On tourne la page, il y a lib&eacute;ration physique et morale. Alors comme disait un de mes interlocuteurs : puisque c'est le pardon qui est important, pourquoi ne pas pardonner sans avoir &agrave; punir avant ? Il y a quand m&ecirc;me un syst&egrave;me d'apprentissage qui se met en place quelquefois par la force. Tout ne s'apprend pas de mani&egrave;re explicative. Parce qu'il y a des blocages, de mauvaises habitudes qui se sont form&eacute;es lorsqu'on grandit ou de par nos exp&eacute;riences de vie, quelquefois il faut tapoter pour que le bouchon sorte. La punition, aussi coercitive qu'elle paraisse permet quelquefois d'avancer par &agrave;-coups. Je le conc&egrave;de peut-&ecirc;tre pas syst&eacute;matiquement. Le dialogue et l'explication sont les mamelles de la discipline et de l'&eacute;ducation.<br /><br />Dans une relation BDSM &eacute;quilibr&eacute;e, la punition consensuelle est l&rsquo;inverse de la punition autoritaire. Si la soumise admet une faute, elle peut aussi avoir envie d'une punition pour se faire pardonner. Elle peut d&eacute;cider que c'est ce moyen qui transforme la faute. Certainement par r&eacute;flexe d'une culture jud&eacute;o-chr&eacute;tienne certes.&nbsp;<br /><br />Si on veut se d&eacute;marquer de la soci&eacute;t&eacute;, on &eacute;tablit que si la soumise a compris sa faute, le pardon se suffit &agrave; lui-m&ecirc;me. Sur le principe c'est juste. Un petit b&eacute;mol cependant : le principe d'&eacute;change de pouvoir pourrait sembler &ecirc;tre mis &agrave; mal car trop mou. La magnanimit&eacute; ne doit pas passer pour une faiblesse. Et c'est dans l'&eacute;quilibre entre le dominant et la soumise que l'on trouve la bonne alchimie. Certaines soumises d&eacute;sirent &ecirc;tre plus tenues alors que d'autres aspirent &agrave; &ecirc;tre encourag&eacute;es. Et l&agrave; encore c'est au dominant de d&eacute;cider de la m&eacute;thode qui convient.<br /><br />Nous avons un pouvoir, et j'ai envie de dire un devoir, de transformation.<br />En tant que pratiquants BDSM, nous nous r&eacute;approprions les codes de la violence sociale pour notre bien-&ecirc;tre. Nous en devenons donc subversifs car comment contr&ocirc;ler quelqu'un qui utilise la punition comme outil de plaisir ? En s'appropriant les codes de la violence dans un cadre consensuel, nous nous affranchissons de la peur que ces m&ecirc;mes codes imposent socialement sous principes d'&eacute;galit&eacute;.<br /><br />Nos pratiques vident la punition &eacute;tatique de sa substance terrifiante en la transformant en jeu &eacute;rotique. Si nous l'abandonnons, nous la laissons &agrave; l'&Eacute;tat. Dans ce cas, il nous faut quand m&ecirc;me une justification, un message virtuel &agrave; adresser &agrave; cet &Eacute;tat : nous abandonnons la punition justement parce qu'elle est &eacute;tatique et sans effet. Le principe de libert&eacute; ultime serait-il de faire le contraire en tout point de la soci&eacute;t&eacute; ? N'est-ce pas ce que nous faisons d&eacute;j&agrave; sur de nombreux points ?&nbsp;<br /><br /><strong><font size="5">Quand la punition redevient oppression</font></strong><br /><br />De fa&ccedil;on plus r&eacute;aliste, on doit aussi voir la punition comme une porte d'entr&eacute;e &agrave; certains pr&eacute;dateurs qui reproduisent les sch&eacute;mas toxiques sous couvert de BDSM. La manipulation des b&eacute;otiennes et l'amalgame entre punition et discipline douloureuse causent quotidiennement des traumatismes. Si nous &eacute;radiquions la punition du BDSM, nous offririons aux d&eacute;butantes un levier suppl&eacute;mentaire pour juger un dominant et faire le tri.<br /><br />Sauf que c'est un mirage. Les pr&eacute;dateurs continueront d'utiliser la culpabilit&eacute; sans le mot "punition". Pire, on enl&egrave;ve au dominant une possibilit&eacute; de variation en accord avec sa soumise.<br /><br />Sur le principe la punition met beaucoup de pression morale. Le dominant n'a de comptes &agrave; rendre qu'&agrave; sa conscience et &agrave; sa soumise. Cette responsabilit&eacute; exige une maturit&eacute; consid&eacute;rable : &ecirc;tre psychologue, m&eacute;decin, amant et protecteur. On est le Juge Dredd de la BD : policier, juge et bourreau. Un peu trop de pouvoir pour une seule personne.<br /><br />Il y a une partie secr&egrave;te de la punition que peu reconnaissent. D&eacute;j&agrave; concernant la domination, en assumant nos pulsions dans un cadre contr&ocirc;l&eacute;, nous cessons de les projeter destructivement sur autrui. Le dominant qui fouette sa soumise consentante ne ressentira pas le besoin d'humilier ses coll&egrave;gues. Nos pratiques canalisent et subliment nos instincts au lieu de les refouler. La punition r&eacute;pond-t-elle &agrave; une part sombre de la domination ? Est-elle seulement n&eacute;gative ou d&eacute;tient-elle une partie lumineuse qui peut nous soulager ? C'est ce que vend la religion : on se punit pour devenir meilleur. Si on utilise la punition en cercle restreint, peut-on se pardonner ? La punition serait-elle la pratique ultime du pardon et de l'&eacute;volution morale ?<br /><br />Remettons l'&eacute;glise au milieu du village : la punition BDSM doit ob&eacute;ir &agrave; des r&egrave;gles strictes (proportionnalit&eacute;, justification, r&eacute;habilitation). Entre deux protagonistes qui se font confiance, une forme de justice peut &ecirc;tre rendue sans corruption. La punition retrouve sa fonction premi&egrave;re : corriger sans d&eacute;truire. Le pouvoir est sans doute salvateur quand il est bien utilis&eacute;.&nbsp;<br /><br /><strong><font size="5">De la bonne et de la mauvaise punition</font></strong><br /><br />Enfin, on a le droit de s'attaquer au mythe de la punition obligatoire. D'o&ugrave; vient cette obsession punitive ? De notre h&eacute;ritage jud&eacute;o-chr&eacute;tien o&ugrave; toute faute appelle ch&acirc;timent ? De nos fantasmes d'enfants terribles qui associent transgression et excitation ? Les behavioristes distinguent deux m&eacute;thodes : punition ou renforcement positif. Imaginons une soumise qui re&ccedil;oit caresses, privil&egrave;ges et marques d'affection chaque fois qu'elle excelle. N'y a-t-il pas l&agrave; un dressage plus subtil que le traditionnel "coup de cravache pour l'erreur" ?<br /><br />Deux &eacute;coles s'opposent. D'un c&ocirc;t&eacute;, le dominant-gendarme, h&eacute;ritier des traditions punitives, qui &eacute;duque avec la menace de sanction possible. De l'autre, le dominant-jardinier, qui cultive la soumission comme une plante rare : par l'attention, la patience et la r&eacute;compense.<br /><br />Le premier produit une soumission disciplinaire qui enl&egrave;ve la capacit&eacute; de r&eacute;flexion et donc offre une place plus large au l&acirc;cher-prise. Le second fa&ccedil;onne une d&eacute;votion &eacute;panouie et cr&eacute;ative. Et justement lui laisse une forme de pression personnelle et d'&eacute;volution anarchique. On veut une jolie orchid&eacute;e qui tr&ocirc;ne dans le salon ou du lierre qui s'attache &agrave; nous ?<br /><br />Comme &eacute;voqu&eacute; dans mon premier texte, la punition s&eacute;v&egrave;re peut modifier un comportement mais laisse l'esprit intact, voire hostile. L'automobiliste qui respecte les limitations apr&egrave;s un PV ne respecte pas davantage l'autorit&eacute;. Il la craint et nourrit de la rancune. Dans nos alc&ocirc;ves, une soumise "corrig&eacute;e" brutalement peut ob&eacute;ir en surface tout en d&eacute;veloppant une r&eacute;sistance souterraine, voire inconsciente. Est-ce l&agrave; l'objectif ? Une soumission par peur plut&ocirc;t que par abandon ?<br /><br />Je pousse la r&eacute;flexion un peu plus loin. Pour moi il y a un aspect sous-jacent : quand une soumise commet une faute intentionnelle, il y a un message &agrave; entendre. Souvent c'est le dominant qui fait mal son travail. La punition trop forte, trop syst&eacute;matique est de toute &eacute;vidence une erreur et surtout une preuve que le duo ne fonctionne pas. Je dirais m&ecirc;me que c'est souvent le dominant qui ne g&egrave;re pas bien la situation.<br /><br />On peut aspirer &agrave; ce que la dynamique BDSM prosp&egrave;re sans jamais recourir &agrave; la punition. Elles se fondent sur le respect mutuel, le consentement, le volontarisme et la compl&eacute;mentarit&eacute;. La soumise sert par amour, non par peur. Le dominant guide par sagesse, non par intimidation.<br /><br />Ces relations, souvent plus durables que leurs cousines punitives, reposent sur un principe simple : pourquoi punir l'&eacute;chec quand on peut c&eacute;l&eacute;brer la r&eacute;ussite ? La violence reste pr&eacute;sente dans les pratiques sans qu'il y ait une connotation punitive. Le BDSM utilise tout autant le fouet que la carotte pour le plaisir. Et la carotte, on ne la mange pas...<br /><br />La vraie domination ne devrait-elle pas consister &agrave; rendre la soumission si d&eacute;licieuse que l'id&eacute;e m&ecirc;me de d&eacute;sob&eacute;ir ne vienne jamais &agrave; l'esprit ? &Agrave; cr&eacute;er un cadre si stimulant que la soumise n'ait d'autre envie que de s'y &eacute;panouir ?<br /><br /><strong><font size="6">Les racines de la punition</font></strong><br /><br />Si l'on doit &eacute;radiquer la punition, il faut aussi le faire de mani&egrave;re volontaire et pour les bonnes raisons. Pas parce qu'on perd le combat de la domination. Le BDSM 2.0 s'est impos&eacute; et pas de la fa&ccedil;on qu'on aurait imagin&eacute;e. La multiplication des appellations des dominants est symptomatique. Avant il y avait le SM, un ma&icirc;tre et une soumise. Point. Maintenant il y a le BDSM, des soft dom, des pleasure dom, daddy, primaux, etc... Et au lieu d'expliquer ce qui nous d&eacute;finit, cela ne fait que morceler. Et de plus, il faut faire &eacute;tat de son CD, Curriculum Domini, pour prouver sa cr&eacute;dibilit&eacute;. Le dominant doit justifier de ses capacit&eacute;s et la surench&egrave;re n'est pas loin. La punition consid&eacute;r&eacute;e comme archa&iuml;que peut se retrouver &agrave; sa portion congrue et rel&eacute;gu&eacute;e &agrave; quelques dominants qui vont se d&eacute;finir comme punisseurs et ils vont mourir seuls dans leur cave. Non pas parce que nous aurons d&eacute;cid&eacute; d'&ecirc;tre modernes, en avance et que nous aurons d&eacute;cid&eacute; dans notre intellect que c'est la bonne fa&ccedil;on d'&eacute;voluer, mais parce qu'on perd le combat contre le wokisme grignotant, le morcellement par l'&eacute;gotisme et l'individualisation du BDSM.<br /><br />Alors &ccedil;a y est, le dominant n'est plus qu'un acteur de la sc&egrave;ne comme un autre ? Il ne doit pas faire peur, ni impressionner ? Il n'est plus qu'un pourvoyeur de service ? Cette petite phrase presque ridicule "je suis dur, mais juste" devient "je suis juste"... Mais n'est-ce pas un peu trop juste ? En supprimant la punition, arme ultime, est-ce qu'on n&rsquo;&eacute;gratigne pas un peu le charisme et de force &agrave; l'image du dominant ?<br /><br />### Dobby or not Dobby<br /><br />Il y a cependant de vrais arguments scientifiques qui pr&ocirc;nent pour&nbsp; la l&eacute;gitimit&eacute; de la punition. Pour r&eacute;sumer : certaines personnes ont recours &agrave; l'auto-punition pour combler leur culpabilit&eacute;.&nbsp;<br /><br />La recherche scientifique a d&eacute;montr&eacute; que certaines personnalit&eacute;s trouvent leur &eacute;quilibre dans la dialectique faute/ch&acirc;timent. L'&eacute;quipe de Nelissen et Zeelenberg a formalis&eacute; ce qu'ils nomment "l'Effet Dobby" : lorsque les opportunit&eacute;s de compensation directe sont absentes, la culpabilit&eacute; &eacute;voque spontan&eacute;ment des comportements d'auto-punition, manifest&eacute;s par le d&eacute;ni de plaisirs ou l'imposition de p&eacute;nalit&eacute;s personnelles. Cette d&eacute;couverte fait &eacute;cho aux travaux de Carveth sur le "besoin inconscient de punition" comme m&eacute;canisme d'&eacute;vitement du sentiment de culpabilit&eacute;, o&ugrave; les individus cherchent activement &agrave; se punir pour soulager leur tension psychique.&nbsp;<br /><br />Des m&eacute;canismes d&eacute;j&agrave; conceptualis&eacute;s par Freud sous le terme de masochisme moral. Faisant partie moi-m&ecirc;me de cette esp&egrave;ce des masochistes sociaux qui aiment ne pas faire signer de devis aux clients &agrave; la moralit&eacute; variable et qui vont tenter de ne pas payer en d&eacute;finitive. Eh bien, il faut effectivement se faire violence pour arr&ecirc;ter cette mauvaise attitude. En &ecirc;tre conscient n'est pas suffisant et peut prolonger une mauvaise habitude. Ainsi la le&ccedil;on de quelqu'un de l'ext&eacute;rieur qui nous fait du mal en r&eacute;ponse &agrave; notre bonne volont&eacute; n'est pas suffisante. Mais si quelqu'un en qui on a confiance vient me taper la t&ecirc;te en me disant "t'arr&ecirc;tes tes b&ecirc;tises", l&agrave; oui, je vais changer d'attitude parce que je sais que c'est pour mon bien.&nbsp;<br /><br />La recherche inconsciente de d&eacute;plaisir motiv&eacute;e par des sentiments de culpabilit&eacute; c'est quand la souffrance elle-m&ecirc;me devient l'objectif. Les neurosciences &eacute;clairent ces ph&eacute;nom&egrave;nes en r&eacute;v&eacute;lant l'intrication des syst&egrave;mes de douleur et de plaisir. Vera B&eacute;k&eacute;s, psychologue clinicienne et chercheuse, avec ses collaborateurs ont identifi&eacute; six sous-types de masochisme psychologique, dont le type "Plaisir Sexuel vs. Sentiment de Culpabilit&eacute;" qui t&eacute;moigne d'une origine traumatique sp&eacute;cifique. Ces recherches convergent pour d&eacute;montrer que l'auto-punition induite par la culpabilit&eacute; constitue un signal social de remords aux fonctions adaptatives document&eacute;es, validant l'existence de ces &acirc;mes qui ne trouvent leur apaisement que dans l'expiation volontaire.&nbsp;<br /><br />Oh je vous entends : vous pensez de suite &agrave; une pathologie qu'il conviendrait de gu&eacute;rir et que, donc, par d&eacute;finition, infliger des punitions ne ferait que faire perdurer la mauvaise habitude. Tout d'abord tout le monde n'a pas une capacit&eacute; de r&eacute;silience et la relation D/s peut &ecirc;tre aussi une forme symbiotique pour se sentir mieux &agrave; deux plut&ocirc;t que seul. Ensuite, selon Vera B&eacute;k&eacute;s, les profils masochistes moraux ne sont pas automatiquement pathologiques. Elle distingue des formes adaptatives (comme le sous-type "Overall Gratification Inhibition" qu'elle qualifie de plus "sain") des formes pathologiques (comme le "Global Conflict" associ&eacute; aux troubles de personnalit&eacute;). Pour elle : le masochisme peut &ecirc;tre un m&eacute;canisme de r&eacute;gulation &eacute;motionnelle normal pour "&eacute;viter la souffrance incontr&ocirc;lable en entreprenant volontairement d'autres souffrances plus contr&ocirc;lables".&nbsp;<br /><br />En r&eacute;sum&eacute; : certains besoins de punition rel&egrave;vent de strat&eacute;gies d'adaptation saines, d'autres signalent une pathologie. B&eacute;k&eacute;s nuance la vision freudienne en reconnaissant que ce n'est pas syst&eacute;matiquement un sympt&ocirc;me &agrave; traiter.<br /><br />Pour &ecirc;tre concret, certaines personnes peuvent &ecirc;tre soulag&eacute;es par une forme de masochisme et/ou de punition pour &eacute;viter des moments d&rsquo;angoisse qui poussent &agrave; la scarification. Mais les souffrances peuvent aussi mentales et m&ecirc;me inconscientes. On peut estimer que dans une dynamique de relation D/s, le dominant soit celui qui prenne la responsabilit&eacute; d'infliger la punition afin de soulager sa soumise et &eacute;ventuellement la faire sortir de punitions auto-inflig&eacute;es. Devenir un ma&icirc;tre qui punit potentiellement enl&egrave;ve ainsi une grosse part d'anxi&eacute;t&eacute; &agrave; la soumise.<br /><br />Et enfin, je me pose la question sur la naturalit&eacute; philosophique de la punition. La Nature, voire la vie sauvage, est de nature punitive. Le feu br&ucirc;le. Approchez votre main et la sanction est imm&eacute;diate : vous n'y reviendrez pas. Essayez de piquer un nonos &agrave; un tigre, il y a peu de chance d'en r&eacute;chapper. On l'oublie mais l'humain essaie de d&eacute;passer les r&egrave;gles certes mais il sait aussi qu'il y a des incontournables : on ne vole pas sans parachute ou wingsuit. Une seule erreur et on s'&eacute;crase au sol. La Vie suit un ensemble de r&egrave;gles qui peuvent nous sanctionner &agrave; chaque instant.<br /><br />Georges Bataille dans son Roman l&rsquo;Erotisme a dit "L'homme se nie lui-m&ecirc;me, il s'&eacute;duque, il refuse de donner &agrave; la satisfaction de ses besoins animaux ce cours libre, auquel l'animal n'apportait pas de r&eacute;serve". En substance, il y a une diff&eacute;rence entre le primal et l'humain. On aime &agrave; dire qu'on pervertit notre c&ocirc;t&eacute; sauvage et primaire pour jouir sans objectif de reproduction. Mais peut-on dire que c'est l&eacute;g&egrave;rement plus compliqu&eacute; que cela ? Que l'Homme est vraiment diff&eacute;rent du reste du monde animal. Il a quand m&ecirc;me gard&eacute; et sophistiqu&eacute; la punition comme outil d'organisation et de coercition. La question reste pos&eacute;e : les pratiquants BDSM conscients et exp&eacute;riment&eacute;s pourraient-ils se passer de la punition ? Faut-il suivre un ordre naturel et se r&eacute;approprier un syst&egrave;me pour notre convenance, ou au contraire, abandonner une habitude primitive, un syst&egrave;me qui nous oppresse au quotidien ? Montrer une autre voie de d&eacute;veloppement personnel certes avec des pratiques extr&ecirc;mes mais dans un but bienveillant sans coercition ?<br /><br />Peut-&ecirc;tre que l'avenir du BDSM r&eacute;side dans la synth&egrave;se : garder la punition pour celles et ceux qui en ont v&eacute;ritablement besoin, tout en d&eacute;veloppant des mod&egrave;les alternatifs bas&eacute;s sur le renforcement positif, la cr&eacute;ativit&eacute; relationnelle et l'&eacute;panouissement mutuel.<br /><br />Car apr&egrave;s tout, si le but est de cr&eacute;er des soumises &eacute;panouies et des dominants accomplis, peu importe le chemin emprunt&eacute; pourvu qu'il m&egrave;ne au bonheur partag&eacute;.<br /><br />Personnellement je vais continuer &agrave; faire le grand &eacute;cart. J'ai du mal &agrave; m'imaginer sans la possibilit&eacute; de punition BDSM car elle repr&eacute;sente un symbole pour moi : un outil d'oppression que je transforme en outil sinc&egrave;re d'&eacute;panouissement. &Agrave; l'instar du fouet, toujours utilis&eacute; comme instrument punitif officiel dans certains pays, nous l'utilisons pour offrir des sensations et des &eacute;motions extr&ecirc;mes au r&eacute;sultat positif. On peut donc garder la punition en l'adaptant &agrave; notre mani&egrave;re en conscience. Je n'&eacute;carte pas le c&ocirc;t&eacute; th&eacute;rapeutique que peut rev&ecirc;tir la punition pour certaines personnes. La punition r&eacute;v&egrave;le aussi une notion de pouvoir. Pas n&eacute;cessairement une force brutale qui &eacute;crase, mais une technique &agrave; la force variable qui transforme.<br /><br />Nous ne sommes plus dans l'univers de La Bo&eacute;tie et de sa "servitude volontaire", mais dans celui d'une libert&eacute; assum&eacute;e qui passe paradoxalement par l'acceptation ponctuelle de contraintes choisies. La soumise qui accepte le concept de punition n'abdique pas sa libert&eacute; : elle l'exerce de la mani&egrave;re la plus radicale qui soit. Une soumise viendrait-elle encore plus vers un dominant qui affirmerait qu'il ne pratique pas la punition ? Ou serait-ce le contraire ? Une soumise a-t-elle besoin de sentir la force et la puissance ? Le c&ocirc;t&eacute; inconscient doit &ecirc;tre respect&eacute; et quelquefois on s'approche du feu pour ressentir la chaleur mais aussi se br&ucirc;ler l&eacute;g&egrave;rement pour se rappeler du chemin qu'il faut continuer de suivre.<br /><br />C'est souvent dans l'extr&ecirc;me contrainte que na&icirc;t la plus pure des libert&eacute;s. Non pas malgr&eacute; la punition, mais gr&acirc;ce &agrave; elle, transform&eacute;e et sublim&eacute;e par l'amour et le consentement mutuel.<br /><br />Alors, pour vous, punition ou pas punition ?<br /><br />Ethan<br /><br />R&eacute;f&eacute;rence<br /><br /><a href="https://www.researchgate.net/publication/23971063_When_Guilt_Evokes_Self-Punishment_Evidence_for_the_Existence_of_a_Dobby_Effect" target="_blank">Nelissen, R. M. A., &amp; Zeelenberg, M. (2009). When Guilt Evokes Self-Punishment: Evidence for the Existence of a Dobby Effect. Journal of Experimental Social Psychology, 45(6), 1385-1388</a>.<br /><br /><a href="https://www.researchgate.net/publication/233123769_The_Unconscious_Need_for_Punishment_Expression_or_evasion_of_the_sense_of_guilt" target="_blank">Carveth, D. L. (2001). The Unconscious Need for Punishment: Expression or evasion of the sense of guilt? Psychoanalytic Studies, 3(1), 9-21</a>.<br /><br /><a href="https://www.verywellmind.com/what-is-a-masochist-7104805" target="_blank">B&eacute;k&eacute;s, V., Perry, J. C., &amp; Robertson, B. M. (2016). Psychological masochism: A systematic review of the literature on conflicts, defenses, and motives. Psychotherapy Research, 28(3), 470-483.</a><br /><br /></div>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Les mots écartelés : Les Maitres maux]]></title><link><![CDATA[https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/les-mots-ecarteles-les-maitres-maux]]></link><comments><![CDATA[https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/les-mots-ecarteles-les-maitres-maux#comments]]></comments><pubDate>Sat, 14 Jun 2025 12:35:01 GMT</pubDate><category><![CDATA[etymologie]]></category><category><![CDATA[Histoire]]></category><category><![CDATA[R&eacute;flexion]]></category><guid isPermaLink="false">https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/les-mots-ecarteles-les-maitres-maux</guid><description><![CDATA[ Le liquide noir fumant coule en diffusant le parfum d&rsquo;un r&eacute;veil tranquille. Le matin paisible resplendit de petits cris d'oiseaux et de l'odeur de l'herbe coup&eacute;e qui s'exhale par le truchement de la ros&eacute;e matinale qui s'&eacute;vapore.Mouais.Il y a toujours un moment o&ugrave; l'on bouscule sa tasse de caf&eacute; et qu'une grosse goutte vient s'&eacute;taler par terre. Il faut se pencher, essuyer. Et au moment o&ugrave; l'on se rel&egrave;ve, on se cogne la t&ecirc;t [...] ]]></description><content:encoded><![CDATA[<span class='imgPusher' style='float:left;height:0px'></span><span style='display: table;width:334px;position:relative;float:left;max-width:100%;;clear:left;margin-top:0px;*margin-top:0px'><a><img src="https://www.le-fouet-et-la-plume.com/uploads/1/0/0/8/100855846/published/ernst-stavro-blofeld-e641a270-925f-49e0-8dc9-acd9ca7a32d-resize-750.webp?1749905350" style="margin-top: 5px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 10px; border-width:1px;padding:3px; max-width:100%" alt="Image" class="galleryImageBorder wsite-image" /></a><span style="display: table-caption; caption-side: bottom; font-size: 90%; margin-top: -10px; margin-bottom: 10px; text-align: center;" class="wsite-caption"></span></span> <div class="paragraph" style="display:block;">Le liquide noir fumant coule en diffusant le parfum d&rsquo;un r&eacute;veil tranquille. Le matin paisible resplendit de petits cris d'oiseaux et de l'odeur de l'herbe coup&eacute;e qui s'exhale par le truchement de la ros&eacute;e matinale qui s'&eacute;vapore.<br /><br />Mouais.<br /><br />Il y a toujours un moment o&ugrave; l'on bouscule sa tasse de caf&eacute; et qu'une grosse goutte vient s'&eacute;taler par terre. Il faut se pencher, essuyer. Et au moment o&ugrave; l'on se rel&egrave;ve, on se cogne la t&ecirc;te contre la table.<br />Pas tr&egrave;s fort. Juste suffisamment pour s'&eacute;nerver.<br /><br />Et ce petit choc r&eacute;v&egrave;le une phrase dans mon esprit : Nisi sui, nullus dominus. Nul ma&icirc;tre, sinon de soi.</div> <hr style="width:100%;clear:both;visibility:hidden;"></hr>  <div>  <!--BLOG_SUMMARY_END--></div>  <div class="paragraph">Car, oui, il faut arr&ecirc;ter de s'auto-proclamer ma&icirc;tre surtout quand on est seul. En 2025, c'est juste d&eacute;pass&eacute;, has been, r&eacute;trograde, ringard, ridicule.<br />Et pas parce que tout le monde renverse son caf&eacute;.<br /><br />Tout d'abord, on le rappelle, il n'y a pas de grades officiels de quoi que ce soit dans le BDSM. M&ecirc;me le terme BDSM n'est pas une d&eacute;nomination officielle. C'est juste un amalgame de pratiques plus ou moins compatibles qui soit oublie les f&eacute;tichismes, soit en couvre trop. Bref, aucun dipl&ocirc;me ne permet de se targuer d'&ecirc;tre "ma&icirc;tre". Ma&icirc;tre, avec ou sans accent circonflexe, c'est surtout avec un accent pr&eacute;tentieux.<br /><br />Bon, reprenons depuis le d&eacute;but.<br /><br />&Eacute;tymologiquement, "ma&icirc;tre" vient du latin magister "celui qui sait plus" qui d&eacute;signe l'enseignant, la personne qui a le savoir. Dans les arts et m&eacute;tiers, le titre de "ma&icirc;tre" est attribu&eacute; par les pairs, apr&egrave;s qu'ils aient &eacute;valu&eacute; les comp&eacute;tences, valid&eacute; un travail. Cette reconnaissance est donc collective ou issue d'un processus. C'est ce qui garantit qu'un "ma&icirc;tre" n'est pas un charlatan. Mais pas de r&egrave;gles &eacute;tablis du BDSM, pas d&rsquo;&eacute;cole du BDSM. Pas&nbsp; d&rsquo;&eacute;cole, pas de dipl&ocirc;me.&nbsp; Pas de dipl&ocirc;me, pas de maitre. Pas de maitre&hellip;Pas de maitre.<br /><br />Dans le BDSM, ce n'est plus la logique du magister mais celle du latin dominus qui &eacute;voque le ma&icirc;tre de maison, celui qui commande chez lui. Et c'est surtout en prenant des responsabilit&eacute;s que l'on devient dominus. Et contrairement aux domaines traditionnels o&ugrave; les pairs valident la ma&icirc;trise, ici la seule personne habilit&eacute;e &agrave; octroyer ce statut, c'est celle qui choisit de se soumettre. Point barre. Et si on force ce titre, on n'est gu&egrave;re qu'un dom minus et surtout un dictateur, ce qui n'est donc pas un ma&icirc;tre.<br /><br />Mais qu'en est-il de ceux qui nous ont tant apport&eacute; ? Ceux, je devrais dire Zeus, qui nous ont apport&eacute; la d&eacute;mocratie, les jeux olympiques, les abdos des Spartiates et surtout la sodomie comme outil d'&eacute;ducation des jeunes apprentis ? Les Grecs, oui.<br />Chez eux, pas encore de magister pour se la jouer "ma&icirc;tre". Ils ont trois termes principaux : kyrios, despotes et epistates. Le kyrios, c'est le ma&icirc;tre de maison. Celui qui g&egrave;re femme, enfants et repr&eacute;sente tout ce petit monde l&eacute;galement. Une autorit&eacute; domestique et sociale, un petit cran au-dessous du dominus latin ceci dit. Le despotes, lui, c'est le degr&eacute; au-dessus : un pouvoir absolu mais que seul l'esclave peut attribuer &agrave; son propri&eacute;taire. Et enfin, l'epistates concerne les magistrats et superviseurs, le c&ocirc;t&eacute; administratif.<br />Contrairement aux Romains qui distinguent celui qui sait (magister) de celui qui poss&egrave;de (dominus), les Grecs n'ont pas d&eacute;velopp&eacute; de terme sp&eacute;cifique pour la ma&icirc;trise p&eacute;dagogique. La l&eacute;gitimit&eacute; vient toujours de la reconnaissance par la famille pour le kyrios, par l'esclave pour le despotes. M&ecirc;me les Grecs ont pig&eacute; qu'on ne se proclame pas ma&icirc;tre tout seul dans son coin et c'&eacute;tait il y a 2500 ans.<br /><br />Quand on fait le tour du monde de la ma&icirc;tritude, c'est la m&ecirc;me chose : aucun statut n'est auto-attribu&eacute;. M&ecirc;me le Christ Cosmique et Ra&euml;l ont re&ccedil;u leurs grades d'entit&eacute;s extraterrestres officielles, c'est pour dire. Du shifu chinois au sensei japonais en passant par le guru. Toutes ces personnes n'existent que gr&acirc;ce et au travers de celui qui apprend, qui ob&eacute;it aux instructions. C&rsquo;est universel. Il n'y a que dans la famille BDSM qu'on voit des profanes s'auto-proclamer ma&icirc;tre, meister, magister, maestro, master etc.<br />Le "ma&icirc;tre" ou la "ma&icirc;tresse" BDSM n'existe que par et pour la reconnaissance de sa soumise ou de son soumis. C'est elle, ou lui, ou iel, qui, en acceptant d'ob&eacute;ir, cr&eacute;e cette relation de pouvoir. Sans cette d&eacute;signation libre et &eacute;clair&eacute;e, le terme est juste une posture narcissique, voire une imposture &eacute;gocentrique.<br /><br />Alors, oui, petit b&eacute;mol. Ma soumise me susurre avec d&eacute;votion mais aussi une forme de sagesse que certaines personnes utilisent le mot "ma&icirc;tre" en ayant le sens d'enseignant bienveillant et sans &ecirc;tre pour autant &eacute;gocentrique. Certes. Mais cela n'emp&ecirc;che pas que son utilisation est fausse quand on n'a pas de soumis ou de soumise parce qu'il nous faut au moins un &eacute;l&egrave;ve pour &ecirc;tre un ma&icirc;tre.<br /><br />Donc, on ne devrait pas s'auto-proclamer ma&icirc;tre dans le BDSM. M&ecirc;me pour vendre ses services.<br /><br />Ma&icirc;tre de soi ce serait d&eacute;j&agrave; pas mal. Ma&icirc;tre de quelqu'un c'est un privil&egrave;ge et une responsabilit&eacute;.<br /><br />En substance et en conclusion, j'envoie un message &agrave; tous les b&eacute;otiens et b&eacute;otiennes : quand vous croisez une fiche, un message et, encore pire, un pseudo avec le mot ma&icirc;tre ou ma&icirc;tresse ou assimil&eacute; mais surtout auto-attribu&eacute;, il vaut mieux s'en d&eacute;tourner. &Eacute;ventuellement les pointer du doigt et remonter le col de sa chemise d'un geste s&ucirc;r et d&eacute;contract&eacute; en reprenant la phrase de James Bond quand il tue Kananga dans Vivre et Laisser Mourir : "Il a toujours fait preuve d'une insupportable enflure du Moi."<br /><br />Les r&eacute;seaux regorgent de d&eacute;nominations. La plupart sont &agrave; mon sens ridicules car elles confinent &agrave; d&eacute;couper en petits morceaux chaque parcelle du BDSM sans l'enrichir vraiment, juste pour se sentir et se pr&eacute;senter comme unique. Tout cela n'est que de l'ego.<br /><br />On devrait avant tout rester sur 3 cat&eacute;gories. Dom, soum, switch. Et encore&hellip; switch est un &eacute;tat transitoire mais reste acceptable. Et, on y reviendra plus tard : on peut se dire soumise. Cela ne veut pas dire que l'on est soumise &agrave; n'importe qui.<br /><br />Le reste des &eacute;tiquettes ne sont qu'&eacute;talages de pratiques. Par exemple : j'aime me d&eacute;finir comme "pleasure dom". Ce n'est pas un statut, c'est une explication en deux mots du style de dom que je suis. Mais je suis avant tout un dom.<br />Pareil pour tous les autres mots qui semblent d&eacute;finir un dom : de primal &agrave; sadique en passant par shibariste ou fesseur. C'est ce que vous faites, pas ce que vous &ecirc;tes.<br /><br />Donc : pas de ma&icirc;tre ou de ma&icirc;tresse. Juste dom, soum, switch.<br /><br />Et je vais me refaire un caf&eacute;.<br /><br />On ne vide sa tasse que deux fois.<br />Mouahahahahah.<br /><br />Ethan</div>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[L'emprise du danger]]></title><link><![CDATA[https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/lemprise-du-danger]]></link><comments><![CDATA[https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/lemprise-du-danger#comments]]></comments><pubDate>Sat, 17 May 2025 09:20:44 GMT</pubDate><category><![CDATA[Uncategorized]]></category><guid isPermaLink="false">https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/lemprise-du-danger</guid><description><![CDATA[Misery, Rob Reiner, 1990 Il convient d'attirer l'attention sur un danger auquel toute personne peut &ecirc;tre confront&eacute;e : celui de retomber dans une autre relation toxique apr&egrave;s avoir r&eacute;ussit &agrave; se s&eacute;parer d&rsquo;une premi&egrave;re emprise. Ce ph&eacute;nom&egrave;ne, souvent n&eacute;glig&eacute; dans les discussions sur la gu&eacute;rison post-traumatique, m&eacute;rite une attention particuli&egrave;re.Avant tout, je souhaite faire une mise au point. Ce t [...] ]]></description><content:encoded><![CDATA[<span class='imgPusher' style='float:left;height:0px'></span><span style='display: table;width:442px;position:relative;float:left;max-width:100%;;clear:left;margin-top:0px;*margin-top:0px'><a><img src="https://www.le-fouet-et-la-plume.com/uploads/1/0/0/8/100855846/editor/misery-2-768x413.jpg?1747475349" style="margin-top: 5px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 10px; border-width:1px;padding:3px; max-width:100%" alt="Image" class="galleryImageBorder wsite-image" /></a><span style="display: table-caption; caption-side: bottom; font-size: 90%; margin-top: -10px; margin-bottom: 10px; text-align: center;" class="wsite-caption">Misery, Rob Reiner, 1990</span></span> <div class="paragraph" style="display:block;"><span style="font-weight:700">Il convient d'attirer l'attention sur un danger auquel toute personne peut &ecirc;tre confront&eacute;e : celui de retomber dans une autre relation toxique apr&egrave;s avoir r&eacute;ussit &agrave; se s&eacute;parer d&rsquo;une premi&egrave;re emprise. Ce ph&eacute;nom&egrave;ne, souvent n&eacute;glig&eacute; dans les discussions sur la gu&eacute;rison post-traumatique, m&eacute;rite une attention particuli&egrave;re.</span><br /><br />Avant tout, je souhaite faire une mise au point. Ce texte concerne toute personne ayant &eacute;t&eacute; victime d'une relation toxique, voire sous emprise d'un pervers narcissique. Mais cela peut concerner aussi toute personne sortant d'une relation avec une personne d&eacute;stabilisante.&nbsp; Nous sommes tous, plus ou moins, &agrave; la recherche de quelque chose. Que ce soit de l'amour ou de l'&eacute;coute. Mais surtout une forme de compr&eacute;hension. Surtout dans la recherche de soi, dans l'acceptation de nos fantasmes, nos envies. L'intimit&eacute; que l'on offre &agrave; l'autre est &agrave; double tranchant. Le BDSM relie les &ecirc;tres par de multiples liens que j'aime &agrave; d&eacute;finir comme plus puissants que la relation vanille. Quand la relation se termine, les d&eacute;gats sont souvent d&eacute;vastateurs. Il faut se remettre. Et donc le sujet traite ci de "l'apr&egrave;s".</div> <hr style="width:100%;clear:both;visibility:hidden;"></hr>  <div>  <!--BLOG_SUMMARY_END--></div>  <div class="paragraph"><span style="font-weight:700">L'&eacute;change de pouvoir implique une forme d'emprise. Si elle est &eacute;tablie par une personne toxique, voire un pervers narcissique, les traumas sont &eacute;normes et il faut du temps pour se remettre.<br />Juste apr&egrave;s avoir r&eacute;ussit &agrave; sortir de l'emprise, il reste un vide, une faiblesse. Et malgr&eacute; la prise de conscience de cette emprise et la certitude o&ugrave; l'on se r&eacute;p&egrave;te "qu'on ne s'y fera plus prendre", c'est tout &agrave; fait le contraire qui se produit. Un vide &eacute;motionnel persiste et de mani&egrave;re inconsciente, la victime laisse souvent n'importe qui prendre cette place. Fr&eacute;quemment, un second pervers narcissique (PN) s'installe.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Il n'est pas rare de constater des exp&eacute;riences de vie o&ugrave;, avant de se lib&eacute;rer compl&egrave;tement, les victimes font l'erreur de succomber &agrave; nouveau dans une relation toxique. Ces sch&eacute;mas relationnels r&eacute;p&eacute;titifs ne sont pas dus au hasard.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">On explique g&eacute;n&eacute;ralement ce ph&eacute;nom&egrave;ne par les r&eacute;flexes d'emprise auxquelles les victimes se sont habitu&eacute;es. Une autre explication peut &ecirc;tre propos&eacute;e : tout comme les personnes &eacute;taient semi-conscientes de leur situation, elles avaient fait des choix comme de se taire, courber l'&eacute;chine, renoncer au bonheur au profit de la protection des enfants. Dans ce trou laiss&eacute; par l'absence du pervers narcissique, existe un grand besoin d'amour, de compr&eacute;hension et de soutien. La victime va donc chercher quelqu'un qui donne l'impression de combler ce vide. C'est pr&eacute;cis&eacute;ment cette vuln&eacute;rabilit&eacute; qui expose &agrave; d'autres manipulateurs.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Souvent, c'est un autre narcissique qui vient achever de d&eacute;truire la personne fragilis&eacute;e. La plupart du temps, ce second PN ne fait pas long feu, mais il a le temps de souligner encore la faiblesse et d'alimenter la culpabilit&eacute; de sa victime.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Les victimes ont souffert, ont coul&eacute; profond&eacute;ment, souvent durant des ann&eacute;es. Et par miracle, apr&egrave;s avoir ramp&eacute;, l'&acirc;me &eacute;corch&eacute;e, elles r&eacute;ussissent &agrave; fuir. Puis durant des mois, il leur faut continuer &agrave; fuir, se battre, b&acirc;tir un mur et se reconstruire. C'est durant ce laps de temps que la prise de conscience de l'&eacute;tendue des d&eacute;g&acirc;ts se fait. Avec ce temps justement, les victimes commencent &agrave; parler. Assistants sociaux, psychologues, gendarmerie, police, amis et famille avec qui les liens sont renou&eacute;s. La plupart du temps, cela ne soulage pas vraiment. L'histoire est r&eacute;p&eacute;t&eacute;e et l'&eacute;nergie d&eacute;pens&eacute;e est immense, s'ajoutant &agrave; la culpabilit&eacute;.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Ainsi, dans cette p&eacute;riode de reconstruction, les personnes se laissent s&eacute;duire par n'importe quelle parole mielleuse, proposition d'&eacute;coute "gratuite" ou discours amical.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">La m&eacute;fiance est de mise.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Aussi paradoxal que cela puisse para&icirc;tre, ce sont les personnes qui para&icirc;tront dures ou distantes, ou simplement objectives qui seront les meilleurs alli&eacute;s des victimes. Mais tous ceux qui seront trop gentils ne les aideront pas, parfois sans m&ecirc;me le faire expr&egrave;s. Il ne faut pas nourrir les faiblesses, ni se sentir &eacute;cout&eacute; et compris par n'importe qui. Cette perspective, rarement abord&eacute;e dans les conseils de gu&eacute;rison post-traumatique, est pourtant essentielle : l'objectivit&eacute; est souvent plus b&eacute;n&eacute;fique que la sympathie excessive.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Un exemple concret illustre ce propos. R&eacute;cemment, dans un groupe de soutien d&eacute;di&eacute; aux victimes de pervers narcissique, une personne a partag&eacute; son t&eacute;moignage. Parmi les commentaires, s'est impos&eacute; un homme avec un discours sirupeux et tr&egrave;s long rempli de poncifs, tutoyant les membres sans les conna&icirc;tre. Apr&egrave;s v&eacute;rification de son profil, il s'est av&eacute;r&eacute; qu'il venait &agrave; peine de cr&eacute;er un compte en se faisant passer pour un psychoth&eacute;rapeute "sp&eacute;cialiste des relations toxiques" - une sp&eacute;cialit&eacute; qui n'existe pas officiellement. Cet homme poss&eacute;dait un autre profil, o&ugrave; il se pr&eacute;sentait comme infirmier et hypnoth&eacute;rapeute &eacute;ricksonien, "sp&eacute;cialiste" (encore) de l'addiction. Sa page &eacute;tait remplie de phrases l&eacute;g&egrave;res sur la philosophie de vie, toutes aussi d&eacute;risoires les unes que les autres. Il avait manifestement cr&eacute;&eacute; un nouveau profil pour attirer une nouvelle client&egrave;le. Son comportement de cam&eacute;l&eacute;on a &eacute;veill&eacute; des soup&ccedil;ons quant &agrave; ses v&eacute;ritables intentions.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Lorsque confront&eacute; au fait qu'il se pr&eacute;sentait comme un sp&eacute;cialiste sans avoir conscience des responsabilit&eacute;s qui lui incombaient, sa r&eacute;ponse fut simplement de bloquer son interlocuteur. Le vrai probl&egrave;me fut que la personne (victime) &agrave; l'origine de la publication prit sa d&eacute;fense en affirmant que son discours lui avait fait du bien.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Il est donc crucial de faire attention aux personnes &agrave; qui l'on se confie. Il faut &ecirc;tre vigilant envers ceux qui semblent vouloir du bien. Il peut s'agir d'un autre narcissique en recherche de proie. Mais tout intervenant qui feint la bienveillance peut aussi ralentir ou faire souffrir davantage. La v&eacute;ritable voie vers le mieux-&ecirc;tre passe par le fait de se d&eacute;barrasser de la culpabilit&eacute; (m&ecirc;me si c'est rarement total) mais surtout par le d&eacute;veloppement d'une certaine force int&eacute;rieure et la reprise de confiance en soi. Du temps sera n&eacute;cessaire avant de retrouver la capacit&eacute; d'analyse permettant de distinguer ceux qui veulent vraiment aider de ceux qui cherchent &agrave; exploiter.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Les motivations des exploiteurs varient : pour certains, ce sera l'argent, pour d'autres le sexe, pour d'autres encore simplement prendre le contr&ocirc;le de tout ou partie des actions ou pens&eacute;es de leur victime.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Il est recommand&eacute; d'agir avec m&eacute;thode et de mettre des barri&egrave;res intellectuelles en place. Apprendre &agrave; dire non est essentiel. La seule solution v&eacute;ritable consiste &agrave; se reconstruire soi-m&ecirc;me au milieu d'un champ de ruines.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Ce processus est difficile. Apr&egrave;s avoir souffert et avoir eu un sursaut de survie, le chemin de la r&eacute;paration est long. De plus, durant tout ce processus, il faut continuer &agrave; rester vigilant et m&eacute;fiant.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">N'importe quelle personne qui donne l'impression d'envoyer une bou&eacute;e de sauvetage peut en r&eacute;alit&eacute; tirer vers l'arri&egrave;re.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">La prudence reste donc de mise en toute circonstance. Le temps est un alli&eacute; indispensable. Des &eacute;tapes nombreuses et parfois difficiles peuvent jalonner la reconstruction.<br /><br />Ethan<br /><br />&nbsp;P.S. : inutile de r&eacute;p&eacute;ter que le terme "pervers narcissique" est galvaud&eacute;. Nous sommes sens&eacute;s parler de "troubles de la personnalit&eacute; narcissique". Mais pour les victimes c'est une appellation qui permet de personnaliser un individu qui a mal agit et pas simplement une patholgie.</span></div>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Samois : Histoire et influence du premier collectif BDSM féministe lesbien]]></title><link><![CDATA[https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/samois-histoire-et-influence-du-premier-collectif-bdsm-feministe-lesbien]]></link><comments><![CDATA[https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/samois-histoire-et-influence-du-premier-collectif-bdsm-feministe-lesbien#comments]]></comments><pubDate>Sat, 05 Apr 2025 14:37:54 GMT</pubDate><category><![CDATA[Uncategorized]]></category><guid isPermaLink="false">https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/samois-histoire-et-influence-du-premier-collectif-bdsm-feministe-lesbien</guid><description><![CDATA[ Warning : malgr&eacute; toute l&rsquo;attention que j&rsquo;ai donn&eacute; sur ce sujet il est possible que l&rsquo;angle puisse ne pas plaire et que certains r&eacute;sum&eacute;s puissent paraitre contradictoires selon les avis de chacun et chacune. Je tente ici de traiter l&rsquo;histoire d&rsquo;une seule communaut&eacute; et non pas le combat, ni l&rsquo;histoire du f&eacute;minisme et/ou de l&rsquo;homosexualit&eacute; en g&eacute;n&eacute;ral. J&rsquo;ai &eacute;crit sans aucune id&eacu [...] ]]></description><content:encoded><![CDATA[<span class='imgPusher' style='float:left;height:0px'></span><span style='display: table;width:auto;position:relative;float:left;max-width:100%;;clear:left;margin-top:0px;*margin-top:0px'><a><img src="https://www.le-fouet-et-la-plume.com/uploads/1/0/0/8/100855846/published/1803717318-34cec81f29.jpg?1743866302" style="margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 10px; border-width:0; max-width:100%" alt="Image" class="galleryImageBorder wsite-image" /></a><span style="display: table-caption; caption-side: bottom; font-size: 90%; margin-top: -10px; margin-bottom: 10px; text-align: center;" class="wsite-caption"></span></span> <div class="paragraph" style="display:block;"><font size="4">Warning : malgr&eacute; toute l&rsquo;attention que j&rsquo;ai donn&eacute; sur ce sujet il est possible que l&rsquo;angle puisse ne pas plaire et que certains r&eacute;sum&eacute;s puissent paraitre contradictoires selon les avis de chacun et chacune. Je tente ici de traiter l&rsquo;histoire d&rsquo;une seule communaut&eacute; et non pas le combat, ni l&rsquo;histoire du f&eacute;minisme et/ou de l&rsquo;homosexualit&eacute; en g&eacute;n&eacute;ral. J&rsquo;ai &eacute;crit sans aucune id&eacute;e pr&eacute;con&ccedil;ue. Au contraire. C&rsquo;est dans la recherche de l&rsquo;origine du vocabulaire des pratiques que j&rsquo;ai (re) d&eacute;couvert ce mouvement et il m&rsquo;a apparut int&eacute;ressant de leur rendre hommage.</font><br /><br /><br /></div> <hr style="width:100%;clear:both;visibility:hidden;"></hr>  <div>  <!--BLOG_SUMMARY_END--></div>  <span class='imgPusher' style='float:left;height:0px'></span><span style='display: table;width:auto;position:relative;float:left;max-width:100%;;clear:left;margin-top:0px;*margin-top:0px'><a><img src="https://www.le-fouet-et-la-plume.com/uploads/1/0/0/8/100855846/378736_orig.jpg" style="margin-top: 5px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 10px; border-width:1px;padding:3px; max-width:100%" alt="Image" class="galleryImageBorder wsite-image" /></a><span style="display: table-caption; caption-side: bottom; font-size: 90%; margin-top: -10px; margin-bottom: 10px; text-align: center;" class="wsite-caption"></span></span> <div class="paragraph" style="text-align:justify;display:block;"><font size="5">Samois&nbsp; : Origine et Formation</font><br /><br />Fond&eacute; &agrave; San Francisco en 1978, Samois est consid&eacute;r&eacute; comme le premier groupe organis&eacute; de lesbiennes pratiquant le BDSM dans un cadre f&eacute;ministe. Le nom "Samois" a &eacute;t&eacute; d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment choisi en r&eacute;f&eacute;rence au village de Samois-sur-Seine d'Histoire d'O de Pauline R&eacute;age (pseudo d&rsquo;Anne Desclos) en 1954 o&ugrave; l'h&eacute;ro&iuml;ne est emmen&eacute;e pour son dressage et marquage final par une femme. Ce choix refl&eacute;tait la volont&eacute; du groupe de se r&eacute;approprier des &eacute;l&eacute;ments controvers&eacute;s de la litt&eacute;rature &eacute;rotique avec une touche de culture. Car la litt&eacute;rature lesbienne de gare &eacute;tait nombreuse depuis la seconde guerre mondiale mais ne volait pas tr&egrave;s&nbsp; haut.&nbsp;<br /><br />Le collectif a &eacute;merg&eacute; dans le contexte du San Francisco des ann&eacute;es 1970, une ville devenue un centre important tant pour le mouvement f&eacute;ministe que pour la communaut&eacute; gay et lesbienne. Parmi les fondatrices et membres notables figuraient :<br />- Pat Califia (devenu Patrick Califia), auteur(trice) prolifique sur les sexualit&eacute;s alternatives et figure majeure du mouvement.<br />- Gayle Rubin, anthropologue et th&eacute;oricienne f&eacute;ministe qui a publi&eacute; des analyses importantes sur la politique sexuelle.<br />- Dorothy Allison, &eacute;crivaine dont l'&oelig;uvre explore les intersections de classe, sexualit&eacute; et identit&eacute;.<br /><br />Ainsi le mouvement Samois est autant politique, sociologique au sens large que pratique dans le d&eacute;veloppement du SM entre femmes. Il est apparu &agrave; un moment cl&eacute;s de l'histoire du f&eacute;minisme am&eacute;ricain. Le mouvement f&eacute;ministe &eacute;tait divis&eacute; sur les questions de sexualit&eacute;, en particulier autour de la pornographie et des pratiques sexuelles consid&eacute;r&eacute;es comme d&eacute;viantes et/ou oppressives. Pour r&eacute;sumer : deux courants s'opposaient. D'un c&ocirc;t&eacute; combattre l'oppression sexuelle patriarcale par le refus de la pornographie et de pratiques impos&eacute;es en terme de r&eacute;gularit&eacute; mais aussi de soumission morale et sociologique. Et de l'autre, l'appropriation de sa propre sexualit&eacute; au travers de la libert&eacute; de pratiquer sans jugement.<br /><br /><strong><font size="5">Restons pratiques</font></strong><br /><br />L'&eacute;mergence de Samois est comparable &agrave; la cr&eacute;ation de la communaut&eacute; leathermen gay, qui s'est form&eacute;e dans les ann&eacute;es 1950-1960. Ces deux mouvements partageaient plusieurs caract&eacute;ristiques importantes dont la plus ancienne &agrave; nourrit l&rsquo;autre :&nbsp;<br />- Codification des pratiques :&nbsp; Les Samois ont adapt&eacute; le <em>hanky code</em> dans le guide <em>What Color is Your Handkerchief</em> (de quelle couleur est ton mouchoir ?). Une annexe plus d&eacute;taill&eacute;e est en fin d'article.&nbsp;<br />- Port des cl&eacute;s : Si dans la communaut&eacute; gay masculine, les cl&eacute;s port&eacute;es &agrave; gauche ou &agrave; droite indiquaient les pr&eacute;f&eacute;rences top/bottom, les Samois ont d&eacute;velopp&eacute; un syst&egrave;me plus nuanc&eacute;. Les cl&eacute;s pouvaient &ecirc;tre port&eacute;es &agrave; diff&eacute;rentes hauteurs sur la ceinture ou avec diff&eacute;rents porte-cl&eacute;s pour indiquer des pr&eacute;f&eacute;rences sp&eacute;cifiques de jeu.<br />- Bracelets de cuir : Un syst&egrave;me sp&eacute;cifique o&ugrave; les bracelets port&eacute;s &agrave; diff&eacute;rents poignets et dans diff&eacute;rentes configurations indiquaient les r&ocirc;les et pr&eacute;f&eacute;rences.<br /><br />Ces codes &eacute;taient utilis&eacute;s souvent en soci&eacute;t&eacute; comme signe de reconnaissance. A l&rsquo;int&eacute;rieur des cercles d&rsquo;autres adaptations ont &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;es :<br />- Le vocabulaire a &eacute;t&eacute; adapt&eacute; pour correspondre plus &agrave; l'identit&eacute; lesbienne. Le classique "Stone butch"/"Soft femme" par exemple. Si Butch signifie &ldquo;costaud&rdquo; dont on fait la traduction p&eacute;jorative de &ldquo;look camionneuse", la notion de &ldquo;stone butch&rdquo; est plus sophistiqu&eacute;e. Elle d&eacute;signe une personne de type masculin qui pr&eacute;f&egrave;re donner du plaisir sexuel &agrave; sa partenaire sans &ecirc;tre touch&eacute;e ou p&eacute;n&eacute;tr&eacute;e en retour pour des raisons diverses.&nbsp;<br />- On attribue &agrave; cette communaut&eacute; la pr&eacute;f&eacute;rence de l'utilisation du terme "power exchange" (&eacute;change de pouvoir) qui refl&egrave;te mieux la r&eacute;ciprocit&eacute; et la conscience f&eacute;ministe, au lieu de domination/soumission consid&eacute;r&eacute; comme patriarcale.&nbsp;<br />- La notion de CNC est plut&ocirc;t lesbienne aussi. Une subtilit&eacute; que la communaut&eacute; gay n'utilisait gu&egrave;re. Faire &eacute;merger ce concept permettait de s'affranchir l&agrave; aussi d'une domination h&eacute;t&eacute;rosexuelle. La notion de choix impos&eacute; est pr&eacute;sent&eacute;e pour d&eacute;crire des sc&eacute;narios o&ugrave; les limites sont n&eacute;goci&eacute;es &agrave; l'avance mais o&ugrave; l'illusion de non-consentement fait partie du jeu.<br /><br />Sur une note personnelle, j'aime beaucoup l'id&eacute;e que l'on puisse s&rsquo;approprier un f&eacute;tichisme ou une envie, comprendre son fondement puis le d&eacute;poussi&eacute;rer en le restructurant. Ainsi j'utilise souvent le concept d'&eacute;change de pouvoir pour exprimer une d&eacute;marche volontaire de l&acirc;cher-prise ou de prise de pouvoir. Cela exprime mieux pour moi le corollaire de la responsabilit&eacute;. Idem pour le CNC qui est souvent v&eacute;cu par petites ou grandes touches par les soumises.<br /><br /><strong><font size="5">Tout n&rsquo;est pas rose au pays des lesbiennes</font></strong><br /><br />On peut &eacute;voquer quelques d&eacute;fauts de la cuirasse : &agrave; l'image de nombreux mouvements f&eacute;ministes de l'&eacute;poque, Samois &eacute;tait constitu&eacute; pour la plupart de femmes blanches. Amber Hollibaugh explique, dans une critique r&eacute;trospective, en 1999 : *"Les discussions sur la race et le BDSM &eacute;taient largement absentes et les quelques femmes de couleur pr&eacute;sentes se sentaient souvent marginalis&eacute;es dans un mouvement qui pr&eacute;tendait parler de lib&eacute;ration mais reproduisait des dynamiques d'exclusion."*<br />Sans compter que les ann&eacute;es 70 sont encore marqu&eacute;es par la binarit&eacute;. La place des personnes non-binaires ou trans (&agrave; l'exception notable de Patrick Califia plus tard) n'&eacute;tait pas prise en compte du tout. Elles se battaient d&eacute;j&agrave; pour une acceptation de femmes qui appr&eacute;cient les femmes en mode D/s, il est compliqu&eacute; d'y int&eacute;grer d'autres concepts.<br /><br />Une touche f&eacute;minine a ainsi vu le jour dans le SM avec des rituels sp&eacute;cifiques comme des c&eacute;r&eacute;monies de collier adapt&eacute;es comprenant des &eacute;l&eacute;ments de dur&eacute;e et de choix.&nbsp;&nbsp;<br /><br />Ces adaptations refl&eacute;taient une volont&eacute; consciente de cr&eacute;er un langage et des symboles qui respectaient &agrave; la fois les pratiques BDSM et les principes f&eacute;ministes, reconnaissant l'importance d'une communication claire tout en &eacute;vitant de reproduire les codes masculins pr&eacute;existants. Et surtout les deux communaut&eacute;s homosexuelles ont mis l'accent sur l'apprentissage, le mentorat et la transmission des pratiques s&eacute;curitaires.<br /><br />Chuck Renslow, figure importante de la communaut&eacute; leathermen de Chicago a rapport&eacute;, dans une interview de 1998 : *"Quand j'ai rencontr&eacute; des femmes de Samois lors d'une convention en 1981, j'ai &eacute;t&eacute; frapp&eacute; par les similitudes dans nos parcours. Nous avions d&ucirc;, chacun &agrave; notre mani&egrave;re, cr&eacute;er nos propres espaces, nos propres r&egrave;gles, face &agrave; l'incompr&eacute;hension g&eacute;n&eacute;rale. Mais leurs analyses f&eacute;ministes apportaient une dimension politique que nous n'avions pas forc&eacute;ment."*<br />Effectivement, Samois se distingue d&egrave;s le d&eacute;but par son approche explicitement f&eacute;ministe et la presque obligation d&rsquo;un militantisme politique. Elles ont d&ucirc; lutter contre une double marginalisation : d'une part au sein du mouvement f&eacute;ministe qui rejetait souvent les pratiques BDSM, et d'autre part au sein des communaut&eacute;s BDSM majoritairement masculines.<br /><br /><strong><font size="5">Le combat&nbsp;</font><br />Le collectif Samois a pris position dans ce qui allait devenir les "Feminist Sex Wars" (Guerres du sexe f&eacute;ministes) des ann&eacute;es 1980, en d&eacute;fendant une vision du f&eacute;minisme compatible avec des pratiques SM consenties. Cette position les a mises en opposition directe avec d'autres f&eacute;ministes, notamment celles repr&eacute;sent&eacute;es par des groupes comme Women Against Violence in Pornography and Media (WAVPM) et des th&eacute;oriciennes comme Catharine MacKinnon et Andrea Dworkin, qui consid&eacute;raient le BDSM comme une reproduction des structures patriarcales d'oppression. Malgr&eacute; toutes les avanc&eacute;es pour se d&eacute;tacher de l'image masculiniste, les Samois ont pris de plein fouet la d&eacute;sapprobation au sein m&ecirc;me de la communaut&eacute; f&eacute;ministe ne s'ouvrant d&eacute;j&agrave; que partiellement aux lesbiennes... Alors pensez au SM lesbien...</strong><br />Dans "The Leather Menace", Gayle Rubin relate : *"Nous &eacute;tions confront&eacute;es &agrave; une double marginalisation : exclues des espaces f&eacute;ministes pour nos pratiques sexuelles et souvent invisibles ou sous-repr&eacute;sent&eacute;es dans les communaut&eacute;s BDSM domin&eacute;es par les hommes. Samois est n&eacute; de la n&eacute;cessit&eacute; de cr&eacute;er notre propre espace."* En 1992, elle explique encore : *"La publication de 'Coming to Power' nous a plac&eacute;es sous les projecteurs d'une mani&egrave;re que nous n'avions pas anticip&eacute;e. Les attaques sont devenues plus personnelles et plus intenses."*<br />Plus tard une membre fondatrice anonyme explique : *"Nous &eacute;tions consid&eacute;r&eacute;es comme des tra&icirc;tres au f&eacute;minisme par certaines, et comme des curiosit&eacute;s par les hommes de la sc&egrave;ne cuir. Nous avons d&ucirc; litt&eacute;ralement cr&eacute;er notre th&eacute;orie et notre pratique &agrave; partir de rien, en inventant un f&eacute;minisme qui pouvait embrasser plut&ocirc;t que rejeter nos d&eacute;sirs."*<br /><br />La publication de "Coming To Power" a eut une double cons&eacute;quence : faire conna&icirc;tre et formaliser le SM lesbien d'un c&ocirc;t&eacute; et finir de causer sa perte &agrave; cause de sa notori&eacute;t&eacute;. Le mouvement Samois prit ainsi fin en 1983.<br /><br />Je retiens l'introduction de "Coming to Power", dans laquelle le collectif Samois affirme : *"Nous revendiquons notre droit &agrave; notre sexualit&eacute; sous toutes ses formes... Le SM est pour nous une exploration consensuelle, un &eacute;change de pouvoir qui peut &ecirc;tre gu&eacute;risseur, lib&eacute;rateur et fortement &eacute;rotique. Notre f&eacute;minisme n'est pas en contradiction avec ces pratiques, il en est le fondement m&ecirc;me."*<br /><br />Apr&egrave;s Samois, d'autres organisations ont &eacute;merg&eacute;, notamment:<br />- <em>The Outcasts</em> &agrave; San Francisco (fond&eacute; en 1984)<br />- <em>Briar Rose</em> &agrave; Boston<br />- <em>The Lesbian Sex Mafia </em>&agrave; New York<br /><br />Ces groupes ont poursuivi et d&eacute;velopp&eacute; le travail commenc&eacute; par Samois, contribuant &agrave; normaliser la discussion sur les sexualit&eacute;s alternatives dans les espaces f&eacute;ministes.<br /><br />Ces nuances suppl&eacute;mentaires nous rappellent que l'histoire de Samois, comme toute histoire de mouvement social, doit &ecirc;tre comprise dans toute sa complexit&eacute;, avec certes des contributions significatives mais aussi ses contradictions et ses angles morts qui refl&egrave;tent les limites d'une &eacute;poque.<br />J'ai en t&ecirc;te le cas de Pat Califia qui se nomme d&eacute;sormais Patrick Califia. Il a commenc&eacute; &agrave; changer de genre d&egrave;s 1992. Ce n'est pas son orientation qui est un probl&egrave;me mais son militantisme contre l'&acirc;ge l&eacute;gal de consentement pour la relation sexuelle avec des enfants. Oui, vous avez bien lu &ldquo;contre&rdquo;. Il est rest&eacute; pro-p&eacute;dophile tr&egrave;s longtemps jusqu'&agrave; qu'il devienne lui-m&ecirc;me parent. Il a alors chang&eacute; d'avis en avouant avoir un doute sur "les possibilit&eacute;s d'une relation enfant/adulte &eacute;galitaire". Patrick Califia : une femme qui devient homme et qui plus tard d&eacute;fend la p&eacute;dophilie n'est franchement pas la meilleure promotion que l'on puisse faire au mouvement lesbien BDSM. Et pourtant, dans les ann&eacute;es 70 sa contribution fut importante. Il est paradoxal qu&rsquo;une personne puise participer de mani&egrave;re positive &agrave; un mouvement pionnier sur le SSC puis devenir totalement d&eacute;viant dans ses r&eacute;flexions et ses actions (p&eacute;dophiles) plus tard. Et c'est d'ailleurs la le&ccedil;on qui rejoint l'actualit&eacute; de 2025. Nous avons encore et toujours des moutons noirs qui entachent l&rsquo;image du BDSM. Certaines personnes qui ont pignon sur rue, reconnues pour leurs pratiques diverses et souvent leur charisme, et qui se mettent &agrave; vriller &agrave; tel point qu&rsquo;on se demande si le vers n&rsquo;&eacute;tait pas dans le fruit depuis le d&eacute;but. Il est grand temps que nous mettions en place des gardes fous.<br /><br /><strong><font size="5">Conclusion</font></strong><br /><br />L'histoire de Samois est un chapitre complexe mais important dans l'&eacute;volution des mouvements f&eacute;ministes et des communaut&eacute;s BDSM. Elles ont fait &eacute;merger la possibilit&eacute; de pratiques sexuelles alternatives consenties et ont ouvert un nouvel angle de r&eacute;flexion sur le pouvoir, le consentement et le plaisir.<br />Ce que je retiens de ce mouvement, &agrave; l'instar des leathermen, c'est leur conscience d'&ecirc;tre dans quelque chose de nouveau pour cette &eacute;poque et qu'il &eacute;tait n&eacute;cessaire de s'organiser, faire avancer la pens&eacute;e et les pratiques. Ainsi, h&eacute;ritiers que nous sommes du SSC, RACK, 4C et autres acronymes, nous pourrions croire que tout est &eacute;tabli. Pourtant je pense que le BDSM 2.0 reste &agrave; inventer au troisi&egrave;me mill&eacute;naire.<br /><br />Ce n'est pas tant la liste des actions &agrave; r&eacute;aliser dans une s&eacute;ance mais la r&eacute;flexion profonde sur le jeu de pouvoir et ses responsabilit&eacute;s, voire le d&eacute;montage du patriarcat qui entache encore notre image. Renforcer le travail sur le dominant : combattre l'Ego, s'interdire le domspace, r&eacute;fl&eacute;chir au consentement en int&eacute;grant des axiomes plus avanc&eacute;es sur le consentement enthousiaste, la capacit&eacute; &agrave; consentir et les dynamiques de pouvoir &agrave; la fois dans la pratique mais aussi en dehors dans notre soci&eacute;t&eacute; qui reste coercitive.<br />Et aussi, c'est mon cheval de bataille, un combat &agrave; mener envers les dominants de pacotille, les personnes toxiques voire narcissiques.<br /><br />Il me reste des questions que je souhaite poser &agrave; mes paires qui n&rsquo;en n&rsquo;ont pas (de paires de gonnades en port externe) : comment se situer en tant que domina, domme lesbienne (&eacute;ventuellement bi) dans la Sc&egrave;ne actuelle ? Pareillement pour les soumises et switch bi ou lesbiennes. De mon point de vue, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que le BDSM lesbien ( pour le r&eacute;sumer ainsi) est &agrave; nouveau tr&egrave;s discret, cach&eacute; derri&egrave;re les dominas h&eacute;t&eacute;rosexuelles. On aime &agrave; penser qu&rsquo;une forme de f&eacute;minisme un peu vengeur s&rsquo;exprime &agrave; leur niveau&nbsp; : les hommes domin&eacute;s par les femmes. Alors qu&rsquo;en fait la D/s s&rsquo;expriment au del&agrave; du sexe et du genre. On dirait qu&rsquo;apr&egrave;s avoir tant contribu&eacute; &agrave; la r&eacute;flexion et l&rsquo;avanc&eacute;e d&rsquo;un BDSM moderne les lesbiennes se sont &agrave; nouveau invisibilis&eacute;es par d&rsquo;autres mouvements. Reparties dans une pratique certes accept&eacute;e mais dont la contribution est trop peu reconnue.<br />Peut-&ecirc;tre que c&rsquo;est une derni&egrave;re le&ccedil;on que ce mouvement peut nous donner : pour vivre heureuses, vivons attach&eacute;es certes mais cach&eacute;es. Les f&eacute;minismes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ne sont peut-&ecirc;tre toutes &agrave; l&rsquo;avantage de femmes qui pratiquent le BDSM. Surtout les soumises (encore une fois).<br /><br />Et ma conclusion : le BDSM n&rsquo;est pas qu&rsquo;une question de pratiques et de recettes adapt&eacute;s &agrave; un genre ou une communaut&eacute; mais c&rsquo;est, encore et toujours, une communication profonde entre deux &ecirc;tres. Une communication qui s&rsquo;ouvre &agrave; la bienveillance, l&rsquo;&eacute;volution de soi, voire &agrave; la r&eacute;paration potentielle au travers de la compr&eacute;hension et du plaisir. Et c&rsquo;est bel et bien ce que les communaut&eacute;s gays et lesbiennes ont apport&eacute;es il y a plus de 50 ans d&eacute;j&agrave;.<br /><br />Ethan Dom<br /><br />&#8203;<br /><strong><font size="5">R&eacute;f&eacute;rences</font></strong><br /><span style="font-weight:700">Deux anthologies ont eu une influence consid&eacute;rable :</span><br /><br /><span style="font-weight:700">-&nbsp;</span><em>What Color is Your Handkerchief : A Lesbian S/M Sexuality Reader&nbsp;</em><span style="font-weight:700">(1979), leur premi&egrave;re publication collaborative qui abordait les codes et pratiques du BDSM lesbien.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">-&nbsp;</span><em>Coming to Power: Writings and Graphics on Lesbian S/M</em><span style="font-weight:700">&nbsp;(1981), une anthologie plus compl&egrave;te comprenant essais, t&eacute;moignages personnels, fictions &eacute;rotiques et guides pratiques. Cette &oelig;uvre est consid&eacute;r&eacute;e comme r&eacute;volutionnaire pour avoir articul&eacute; une &eacute;thique f&eacute;ministe du BDSM et reste une r&eacute;f&eacute;rence fondamentale. Ce livre a assur&eacute; que l'h&eacute;ritage intellectuel et politique de Samois perdure bien au-del&agrave; de l'existence du groupe lui-m&ecirc;me, influen&ccedil;ant des g&eacute;n&eacute;rations de penseurs et de militants BDSM et f&eacute;ministes.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Ces publications ont &eacute;galement fourni un cadre th&eacute;orique et pratique pour comprendre le BDSM comme une pratique potentiellement lib&eacute;ratrice plut&ocirc;t que simplement reproductrice des dynamiques d'oppression sociale.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Les membres de Samois ont &eacute;galement produit de nombreux &eacute;crits individuels qui t&eacute;moignent de leur exp&eacute;rience et d&eacute;veloppent leur analyse :</span><br /><br /><span style="font-weight:700">- Patrick Califia (connu comme Pat Califia avant sa transition de genre au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990) a &eacute;t&eacute; particuli&egrave;rement prolifique mais tendancieux.</span><br /><span style="font-weight:700">- Gayle Rubin a publi&eacute; des analyses acad&eacute;miques majeures, notamment :</span><br /><span style="font-weight:700">&nbsp; &nbsp; -&nbsp;<em>The Leather Menace (</em>1981), t&eacute;moignage sur la discrimination contre les lesbiennes BDSM</span><br /><span style="font-weight:700">&nbsp; -&nbsp;<em>Thinking Sex : Notes for a Radical Theory of the Politics of Sexuality</em>&nbsp;(1984), qui cite son exp&eacute;rience avec Samois.</span><br /><span style="font-weight:700">- Dorothy Allison a int&eacute;gr&eacute; ses exp&eacute;riences dans son &oelig;uvre litt&eacute;raire :&nbsp;</span><em>Trash: Stories</em><span style="font-weight:700">&nbsp;(1988), recueil de nouvelles, et surtout&nbsp;</span><em>Skin: Talking About Sex, Class, and Literature</em><span style="font-weight:700">&nbsp;(1994), essais autobiographiques o&ugrave; elle discute de son implication dans la communaut&eacute; Samois. Dans&nbsp;</span><em>Skin</em><span style="font-weight:700">, Allison &eacute;crit : *"Ce qui faisait de Samois une exp&eacute;rience si puissante, c'&eacute;tait la fa&ccedil;on dont nous nous battions pour trouver un langage qui honorait &agrave; la fois nos d&eacute;sirs &eacute;rotiques et nos principes f&eacute;ministes. Nous refusions de renoncer &agrave; l'un pour l'autre."</span><br /><br /><strong><font size="5">Ressources documentaires et archives</font></strong><br /><br /><span style="font-weight:700">Pour les chercheurs int&eacute;ress&eacute;s par l'histoire de Samois, plusieurs ressources sont disponibles :</span><br /><br /><span style="font-weight:700">- Les archives lesbiennes June L. Mazer &agrave; Los Angeles contiennent des documents relatifs &agrave; Samois</span><br /><span style="font-weight:700">- La&nbsp;</span><a href="https://leatherarchives.org/about-the-lam/" target="_blank">Leather Archives &amp; Museum</a><span style="font-weight:700">&nbsp;&agrave; Chicago conserve des archives importantes sur l'histoire du BDSM, y compris des documents li&eacute;s &agrave; Samois</span><br /><span style="font-weight:700">- La&nbsp;</span><a href="https://www.amazon.com/Queer-Legacies-Stories-Chicagos-Archives/dp/022672753X" target="_blank">Collection d'histoire gay et lesbienne de la Biblioth&egrave;que publique de San Francisco</a><span style="font-weight:700">&nbsp;poss&egrave;de des documents sur les mouvements BDSM de la r&eacute;gion</span><br /><span style="font-weight:700">-&nbsp;</span><a href="https://archive.org/details/comingtopowerwri00samo/page/n291/mode/2up?view=theater" target="_blank">Coming to Power</a><br /><span style="font-weight:700">-&nbsp;</span><a href="http://www.dorothyallison.net/" target="_blank">Dorothy Allison</a></div> <hr style="width:100%;clear:both;visibility:hidden;"></hr>  <span class='imgPusher' style='float:left;height:0px'></span><span style='display: table;width:436px;position:relative;float:left;max-width:100%;;clear:left;margin-top:0px;*margin-top:0px'><a><img src="https://www.le-fouet-et-la-plume.com/uploads/1/0/0/8/100855846/published/code-mouchoir-lesbien.jpeg?1743866165" style="margin-top: 5px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 10px; border-width:1px;padding:3px; max-width:100%" alt="Image" class="galleryImageBorder wsite-image" /></a><span style="display: table-caption; caption-side: bottom; font-size: 90%; margin-top: -10px; margin-bottom: 10px; text-align: center;" class="wsite-caption"></span></span> <div class="paragraph" style="display:block;"><strong><font size="5">Annexe :</font></strong><br /><br /><em><font size="5">De quelle couleur est ton mouchoir : Guide du code des mouchoirs pour les lesbiennes BDSM (extrait et r&eacute;sum&eacute;)</font></em><br /><br /><span style="font-weight:700">La traduction litt&eacute;rale de&nbsp;</span><em>What Color is Your Handkerchief</em><span style="font-weight:700">&nbsp;fait r&eacute;f&eacute;rence au syst&egrave;me de code des mouchoirs (&nbsp;</span><em>hanky code&nbsp;</em><span style="font-weight:700">) adapt&eacute; par Samois pour la communaut&eacute; lesbienne BDSM.</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Ce guide, publi&eacute; par Samois en 1979 comme leur premi&egrave;re publication collective, &eacute;tait un manuel pratique qui expliquait comment utiliser et interpr&eacute;ter les codes de couleurs des mouchoirs dans un contexte lesbien.&nbsp;</span><br /><span style="font-weight:700">Principes fondamentaux :</span><br /><span style="font-weight:700">- Explication du placement (gauche/droite) pour indiquer les r&ocirc;les dominants/soumis</span><br /><span style="font-weight:700">- Adaptations sp&eacute;cifiques pour les femmes par rapport au code utilis&eacute; dans la communaut&eacute; gay masculine</span><br /><span style="font-weight:700">- Instructions sur la visibilit&eacute; et le placement appropri&eacute; des mouchoirs</span><br /><span style="font-weight:700">- Comment plier et porter les mouchoirs correctement</span><br /><span style="font-weight:700">- Comment combiner plusieurs couleurs pour indiquer des int&eacute;r&ecirc;ts multiples</span><br /><span style="font-weight:700">- Discussions sur le consentement et la n&eacute;gociation associ&eacute;s &agrave; ces codes</span><br /><br /><strong><span style="font-weight:700">Codes de couleurs</span></strong><br /><span style="font-weight:700">Le guide pr&eacute;sentait un dictionnaire des couleurs avec leurs significations sp&eacute;cifiques :</span><br /><br /><span style="font-weight:700">- Rouge : fisting</span><br /><span style="font-weight:700">- Bleu marine : sexe anal</span><br /><span style="font-weight:700">- Bleu clair : oral</span><br /><span style="font-weight:700">- Noir : fouet/discipline</span><br /><span style="font-weight:700">- Violet : piercing</span><br /><span style="font-weight:700">- Jaune : golden shower</span><br /><span style="font-weight:700">- Vert : jeux de r&ocirc;le</span><br /><span style="font-weight:700">- Gris : bondage</span><br /><span style="font-weight:700">- Orange : "anything goes" (ouvert &agrave; tout)</span><br /><br /><span style="font-weight:700">Ce guide &eacute;tait important car il permettait aux femmes de la communaut&eacute; BDSM de communiquer leurs pr&eacute;f&eacute;rences et int&eacute;r&ecirc;ts de mani&egrave;re discr&egrave;te mais claire dans les espaces publics, &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; l'expression ouverte de sexualit&eacute;s alternatives pouvait &ecirc;tre risqu&eacute;e. Il repr&eacute;sentait &eacute;galement une adaptation f&eacute;ministe d'un syst&egrave;me de communication initialement d&eacute;velopp&eacute; dans des contextes masculins.</span></div> <hr style="width:100%;clear:both;visibility:hidden;"></hr>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Un roman...]]></title><link><![CDATA[https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/un-roman]]></link><comments><![CDATA[https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/un-roman#comments]]></comments><pubDate>Wed, 26 Mar 2025 19:41:28 GMT</pubDate><category><![CDATA[Uncategorized]]></category><guid isPermaLink="false">https://www.le-fouet-et-la-plume.com/blog/un-roman</guid><description><![CDATA[ 	 		 			 				 					 						          					 								 					 						  Des bonnes nouvelles. Si je donne l'impression de ne plus &eacute;crire d'article c'est que j'utilise toute mon &eacute;nergie &agrave; l'&eacute;criture de mon premier roman.Il est &eacute;crit dans sa presque enti&egrave;ret&eacute;. Je le corrige en ce moment avc le m&ecirc;me soin que mes autres textes. A savoir autant de temps, voire plus, pour le paufiner que pour le produit brut.La promotion est en cours de r&eacute;flexion [...] ]]></description><content:encoded><![CDATA[<div><div class="wsite-multicol"><div class="wsite-multicol-table-wrap" style="margin:0 -15px;"> 	<table class="wsite-multicol-table"> 		<tbody class="wsite-multicol-tbody"> 			<tr class="wsite-multicol-tr"> 				<td class="wsite-multicol-col" style="width:50%; padding:0 15px;"> 					 						  <div><div class="wsite-image wsite-image-border-none " style="padding-top:10px;padding-bottom:10px;margin-left:0;margin-right:0;text-align:center"> <a> <img src="https://www.le-fouet-et-la-plume.com/uploads/1/0/0/8/100855846/capture-d-e-cran-2025-03-26-a-20-31-59_orig.png" alt="Image" style="width:auto;max-width:100%" /> </a> <div style="display:block;font-size:90%"></div> </div></div>   					 				</td>				<td class="wsite-multicol-col" style="width:50%; padding:0 15px;"> 					 						  <div class="paragraph">Des bonnes nouvelles. Si je donne l'impression de ne plus &eacute;crire d'article c'est que j'utilise toute mon &eacute;nergie &agrave; l'&eacute;criture de mon premier roman.<br />Il est &eacute;crit dans sa presque enti&egrave;ret&eacute;. Je le corrige en ce moment avc le m&ecirc;me soin que mes autres textes. A savoir autant de temps, voire plus, pour le paufiner que pour le produit brut.<br />La promotion est en cours de r&eacute;flexion avec des surprises.<br /><br />Je cherche &eacute;ventuellement des betas testeurs pour tout ou partie du livre. Pas beaucoup donc pas d'affolement.<br />&#8203;<br /><br /><br /><br /></div>   					 				</td>			</tr> 		</tbody> 	</table> </div></div></div>]]></content:encoded></item></channel></rss>