LE FOUET & LA PLUME
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Griselidis par Charles Perrault

17/5/2017

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J'aime traquer dans la culture classique, les fondements du BDSM. Une fois de plus, c'est bien avant Sade qu'on trouve des pratiques à peine voilées et les origines du BDSM. Dans ces écrits si fins, je retrouve le cœur de nos instincts.

Griselidis est l'histoire d'un prince misogyne qui finit par s'éprendre d'une bergère au cœur pur. Après le bonheur vient le doute et il lui fera subir maintes corrections. L'épousée tiendra bon jusqu'au bout réussissant à convaincre son époux de son amour infaillible.

Charles Perrault, on le sait, n’a fait que transcrire en vers des histoires de veillées populaires. Mais il est avéré qu’il utilise le conte enfantin comme cheval de Troie pour détourner l’attention et faire passer d’autres idées. On s’accorde à dire par exemple que le chaperon rouge représente la perte de la virginité.

Griselidis est le premier conte publié de Perrault et un des moins connus. On le présente encore comme une ode à la patience. Quelle rigolade, passez moi l’expression.
Tout est flagrant, puis qu'on parle de sadomasochisme, d'attente, de dévouement. Et même de l'injustice que pourra ressentir la soumise puisque le courroux de son maître ne vient que du doute qui naît en lui.
On peut y voir les fondements de la relation D/S, Quelques dizaines d'années avant les libations de notre marquis national.

Pourtant la plupart des analyses habituelles de ce texte ne parle pas de domination, mais de la piétée chrétienne de Griselidis. Sa vertu n’a d’égal que l’injustice et les défauts de son mari. Effectivement, on détecte facilement toutes les facettes négatives du désir de domination. La jalousie en particulier mais aussi le doute, le manque de confiance.
Certains relèvent le syndrome de la femme battue qui était certainement usuel à l’époque. Ce n’est donc pas une dénonciation. Mon analyse propre est que l’on parle effectivement de correction physique et que le mari en retire du plaisir. Griselidis l’accepte sans vraiment comprendre. Attitude qui l’élève au niveau de sainte.
Je vois dans ce conte la description du lien profond qu’entretient une soumise avec son maître : obéissance, acceptation, abnégation. Et c’est dans cette absolue soumission elle lui donnera la possibilité de rédemption.


Extraits choisis :
Il faudrait me jurer que vous n'aurez jamais
D'autre volonté que la mienne.
- Je le jure, dit-elle, et je vous le promets;
Si j'avais épousé le moindre du Village,
J'obéirais, son joug me serait doux;
Hélas! Combien donc davantage,
Si je viens à trouver en vous
Et mon Seigneur et mon Epoux."
...
Les deux Epoux unissent leur destin;
Ensuite au Palais ils se rendent,
Où mille plaisirs les attendent,
….
"C'est trop, dit-il, me laisser endormir;
Si ses vertus sont véritables,
Les traitements les plus insupportables
Ne feront que les affermir."
Dans son Palais il la tient resserrée,
…
"Pour m'éprouver mon Epoux me tourmente,
Dit-elle, et je vois bien qu'il ne me fait souffrir
Qu'afin de réveiller ma vertu languissante,
Qu'un doux et long repos pourrait faire périr.
S'il n'a pas ce dessein, du moins suis-je assurée
Que telle est du Seigneur la conduite sur moi
Et que de tant de maux l'ennuyeuse durée
N'est que pour exercer ma constance et ma foi.
Pendant que tant de malheureuses
Errent au gré de leurs désirs
Par mille routes dangereuses,
Après de faux et vains plaisirs;
Pendant que le Seigneur dans sa lente justice
Les laisse aller aux bords du précipice
Sans prendre part à leur danger,
Par un pur mouvement de sa bonté suprême,
Il me choisit comme un enfant qu'il aime,
Et s'applique à me corriger.
Aimons donc sa rigueur utilement cruelle,
On n'est heureux qu'autant qu'on a souffert,
Aimons sa bonté paternelle
Et la main dont elle se sert."
Le Prince a beau la voir obéir sans contrainte
A tous ses ordres absolus:
"Je vois le fondement de cette vertu feinte,
Dit-il, et ce qui rend tous mes coups superflus,
C'est qu'ils n'ont porté leur atteinte
Qu'à des endroits où son amour n'est plus.
…
"Vous êtes mon Epoux, mon Seigneur, et mon Maître,
(Dit-elle en soupirant, prête à s'évanouir),
Et quelque affreux que soit ce que je viens d'ouïr,
Je saurai vous faire connaître
Que rien ne m'est si cher que de vous obéir."

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    Auteur

    Ethan, adepte du BDSM, dominant, explorant une philosophie humaniste au travers d'une pratique socialement en marge.
    Le sérieux côtoyant dérision et érotisme.

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